Finances News Hebdo 1242

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FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 16 JUILLET 2026

FOCUS

maciens, médecins, ingénieurs et autres cadres qui ont rejoint les anciens cadres de l’ancienne DMP. Les ressources humaines de l’AMMPS ont alors connu un rajeunissement bénéfique. L’état d’esprit est caractérisé par l’enthousiasme et la motivation qui ont compensé l’expérience des anciens cadres perdus par l’agence. Les premiers effets sont déjà visibles, mais la matu- rité en termes d’expérience de ressources humaines ne serait atteinte que d’ici 3 à 5 ans. D’ailleurs, le mode de fonction- nement de l’Agence basé sur des procédures transparentes laisse peu de place au libre arbitre des nouveaux cadres et employés de l’Agence. Afin de garantir la qualité et la sécurité des médicaments et pro- duits de santé, la réglementation pharmaceutique a été renforcée dans l’objectif de garantir la mise en place d’outils pour contrô- ler les flux des médicaments à l’import ou à l’export avec sur- veillance des stocks de sécurité des médicaments ,et sans oublier l’approche de l’objectif du 3ème niveau de maturité (ML3) dans l’outil Global Benchmarking Tool (GBT) l’OMS. F. N. H. : Comment qua- lifiez-vous les premiers signes entourant le travail de l’Agence marocaine des médicaments et de produits de santé ? A. B. : Pour quelqu’un qui a été pendant près de deux décen- nies témoin des errances d’un département du ministère de la Santé (DMP), j’ai pu observer la corruption, l’abus de pouvoir et l’autocratie dans la gestion de la chose publique. Heureusement, la refonte a mis en place de nouvelles institutions de la gouvernance de la santé, telles que la Haute autorité de santé (HAS), l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé et celle du sang. Ces institutions indépendantes admi- nistrativement et financièrement ont créé une rupture avec les anciennes pratiques bureaucra- tiques. ◆

 La réforme actuelle de la loi 17-04 corrige les anomalies de l’ancien système en instaurant le suivi des flux des médicaments et des produits de santé.

quements de la part des établis- sements pharmaceutiques indus- triels. C’est la nouvelle Agence maro- caine des médicaments et des produits de santé (AMMPS) qui sera chargée de mettre en place un nouveau système et de gérer ses différents aspects. F. N. H. : Selon vous, quels sont les trois changements réglementaires ou écono- miques qui pourraient rapi- dement améliorer la dispo- nibilité des médicaments essentiels ? A. B. : La loi 17-04 concernant le code du médicament et de la pharmacie est justement en train d’être réformée. Nous trouvons certaines dispositions intéres- santes, comme le contrôle des flux commerciaux des médica- ments (importations et exporta- tions pharmaceutiques), le suivi statistique du marché et les contrôles des stocks stratégiques des médicaments, mais aussi des aspects liés à la qualité et la sécu- rité des médicaments. Il en est de même pour le suivi post-marke- ting des médicaments, à travers un dispositif renforcé des vigi- lances (pharmacovigilance, vac- cinovigilance, matériovigilance, hémovigilance et cosmétovigi- lance). L’objectif étant de détec- ter des effets indésirables médi- camenteux ou des intoxications médicamenteuses éventuelles. Le contrôle des flux des médi- caments vise à éviter les expor- tations de médicaments quand l’état de leurs stocks ne le per- met pas, mais aussi à limiter les

importations abusives de médica- ments qui peuvent être fabriqués localement. Or, la fabrication locale consti- tue l'un des principaux socles de la souveraineté pharmaceutique, qui elle-même est au cœur de la souveraineté sanitaire du pays. L’atteinte de l’objectif du niveau 3 de la maturité (ML3) de l’outil Global Benchmarking Tool (GBT) de l'OMS permettra au Maroc de s’aligner sur les standards internationaux et de développer davantage les exportations phar- maceutiques du Maroc. F. N. H. : Y a-t-il une volonté politique et économique de relocaliser la production de certaines molécules essen- tielles au Maroc ? A. B. : Oui. Il existe une véri- table volonté des responsables politiques et des opérateurs économiques d’implanter la production de certaines molé- cules essentielles au Maroc, et cette volonté ne date pas d’hier. Malheureusement, elle a été sou- vent contrariée à cause d’une réglementation structurellement inadaptée et inappropriée. Dans celle-ci, le souci de la souverai- neté pharmaceutique n’était pas toujours présent. F. N. H. : Existe-t-il un véri- table système d'alerte pré- coce qui permettrait à l'État de prévoir les ruptures et de reconstituer les stocks stratégiques ? A. B. : Oui, il existe des méca- nismes d’alerte, mais le Maroc ne dispose pas encore d’un véritable

système d’alerte précoce complet, automatisé et prédictif capable d’anticiper les ruptures plusieurs semaines ou mois à l’avance. Le pays a mis en place des outils de surveillance, mais pas encore un Early Warning System (EWS) au sens strict, comme ceux en cours de déploiement dans l’UE ou aux États-Unis. F. N. H. : La création de l'AMMPS s'est accompa- gnée d'un profond renou- vellement des ressources humaines. Au-delà de ce renouvellement des équipes, quels change- ments concrets observez- vous déjà dans son fonc- tionnement et ses perfor- mances ? A. B. : Le passage de la DMP à l’Agence marocaine des médica- ments et des produits de santé (AMMPS) s’est fait dans la dou- leur. Sauf quelques exceptions, les anciens fonctionnaires de la DMP avaient refusé de signer un contrat avec l’AMMPS et d’aban- donner leur statut de fonction- naire du ministère de la Santé. Cela a concerné près de 240 per- sonnes. Heureusement, des appels à candidature lancés par l’Agence ont permis de reconstituer les ressources humaines à travers le recrutement de jeunes phar-

Les baisses de prix ont malheureusement touché plus de médicaments à petits prix que de médicaments coûteux, d’où les pénuries transitoires ou définitives qui ont touché notre pays.

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