Finances News Hebdo 1242

25

FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 16 JUILLET 2026

n’existe pas assez de génériques. Trois médicaments essentiels sortent du lot et leur rupture se fait sentir au niveau des hôpitaux. «La Clozapine, qui est réser- vée aux schizophrénies résistantes, est en rupture depuis 4-5 ans. Un médicament très efficace que les familles sont obligées d’aller chercher à l’étranger», déclare Ouquezza. Le deuxième médicament est connu commercialement sous le nom de Modekat, soit un neuroleptique à action prolongée «pour les malades agressifs». Il est désormais introuvable dans les hôpi- taux du secteur public et dans le libéral. Et enfin, selon le psychiatre, les antidé- presseurs de l’ancienne génération, tout aussi efficaces, comme l’Anafranil, sont introuvables. Douleur incurable En oncologie, la pénurie des médica- ments essentiels peut impacter la prise en charge thérapeutique, notamment quand il s’agit d’un médicament principal, «soit pour le traitement, soit pour réduire les effets indésirables comme les facteurs de croissance post-chimiothérapie ou la corticothérapie injectable, le sodium et d’autres médicaments», révèle l’onco- logue, président de la Fédération des centres d'oncologie privés et fondateur du Centre d'oncologie Al Azhar, Dr Habib Faouzi. Pour sa part, Dr Lalla Kawtar El Hassani, oncologue et présidente de l’Associa- tion marocaine des oncologues médi- caux du secteur libéral (OMM), mentionne la rupture répétée de certains morphi- niques ainsi que le patch transdermique de Fentanyl, des médicaments indis- pensables pour soulager la douleur des patients cancéreux, notamment en phase terminale. La prise en charge thérapeutique peut être déstabilisée en raison du non-respect des intercures pour la chimiothérapie et de l'obligation d’utiliser des traitements alternatifs moins efficaces, ce qui aug- mente la toxicité et réduit la qualité de vie, avec risque de rechute thérapeutique ou de développer une résistance au médi- cament. De plus, l’oncologue explique que les équipes sont contraintes d’être en adaptation permanente, de «rationner les doses, modifier les schémas de traitement ou rechercher en urgence des sources d'approvisionnement alternatives». Même son de cloche du côté du Dr Lalla Kawtar El Hassani, qui considère que les pénuries de médicaments essentiels «affectent directement et gravement les

1 ou 2, mais ils ne soulagent pas ce type de douleur. Priver un patient en phase terminale de morphine, c'est le laisser souffrir sans recours. C'est une situation médicalement et humainement inaccep- table », confie-t-elle. D’ailleurs, l’oncologue est sollicitée sans cesse par les patients et leurs familles qui sont dans la détresse et l’incompréhension. « La semaine dernière, j'ai moi-même été agressée verbalement par la famille d'un patient à cause de

Quand les patients savent que le médicament va être en rupture ou qu'ils auront du mal à le trouver, ils vont le surstocker chez eux.

patients». La présidente de l’OMM rap- pelle qu’il n’existe aucune alternative équi- valente à la morphine pour certaines dou- leurs cancéreuses sévères. «Nous pou- vons proposer des antalgiques de palier

www.fnh.ma

Made with FlippingBook flipbook maker