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FINANCES NEWS HEBDO
JEUDI 16 JUILLET 2026
FOCUS
du médicament. Dr Hafsa Abouelfaraj dit que les pharmaciens informent parfois, mais qu’il n’existe pas de système auto- matique pour prévenir. De son côté, Dr. Khalid Ouquezza déplore la communi- cation inexistante des pharmaciens et des délégués médicaux qui représentent l’industrie pharmaceutique. Comment faire face à la crise ? En psychiatrie, le directeur de l’hôpital Arrazi souhaite que le ministère de la Santé fasse un effort pour au moins évi- ter les ruptures des produits d'urgence, comme les neuroleptiques, les antipsy- chotiques et les antidépresseurs pour les dépressions résistantes. En oncologie, pour faire face à cette crise, le président de la Fédération des centres d'oncologie privés, Dr Habib Faouzi, pré- conise de sécuriser le stock stratégique à long terme et de renforcer la souverai- neté sanitaire en favorisant la production locale. Quant à la présidente de l’OMM, Lalla Kawtar El Hassani, elle préconise de réé- quilibrer l'accès aux morphiniques entre le circuit hospitalier et le circuit officinal, pour ne pas pénaliser les patients sui- vis en ambulatoire ou dans le secteur privé, sécuriser un stock stratégique de morphiniques pour les patients en soins palliatifs et oncologiques, faciliter l'accès à ces molécules pour le secteur privé, qui prend en charge une part majoritaire des patients marocains et mettre en place une cellule de suivi dédiée aux pénuries de médicaments essentiels, en lien avec les sociétés savantes. Sans oublier de mieux communiquer aux professionnels de santé les dispositifs existants de signalement des ruptures. Changer de politique vis-à-vis de la ges- tion du stock, c’est la mesure recom- mandée par le pharmacien Abderrahim Derraji. Le fondateur de médicament.ma considère que la notion de stock de sécu- rité «est totalement dépassée, car tous les médicaments sont traités de la même manière». D’ailleurs, il estime qu’il ne faut pas être «aussi exigeant vis-à-vis d’un médicament qui a 15 génériques qu’un médicament pas du tout générique» et moins exigeant « sur les médicaments qui n'ont pas d'al- ternative thérapeutique». Le plus impor- tant, d’après lui, est de mettre en place « un système d’information» qui informe en temps réel patients, pharmaciens et médecins sur la disponibilité d’un médi- cament. ◆
Une rupture de traitement peut être
très dangereuse pour un patient en psychiatrie.
cette pénurie de morphine», mentionne la médecin. Par ailleurs, la spécialiste note un désé- quilibre dans l’approvisionnement, car certains circuits hospitaliers sont «mieux approvisionnés que les officines de ville». Chose qu’elle déplore : «un patient en fin de vie suivi à domicile ou en cabinet privé a exactement les mêmes besoins d'antalgie qu'un patient hospitalisé» . Dr Lalla Kawtar El Hassani note dans ce sens qu’ «il me semble essentiel que l'approvi- sionnement soit rééquilibré entre les cir- cuits hospitalier et officinal, pour garantir un accès équitable à la prise en charge de la douleur, quel que soit le lieu de soin du patient». Médicaments à petits prix Du côté des pharmaciens, l’explication est tout autre. Abderrahim Derraji explique que les médicaments - les produits oné- reux en l’occurrence - tombent rarement en rupture. «Toutefois, les médicaments à petits prix, c’est-à-dire ceux dont les prix n'ont pas été ajustés après la mise en place du décret de fixation du médi- cament, sont en train de disparaître pro- gressivement du marché» , précise le phar- macien. Ce sont des médicaments qui ne sont plus rentables si leur prix n’est pas ajusté. «Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les laboratoires vendent les produits à perte» , analyse-t-il. Le pharmacien cite l’exemple d’un anti- coagulant essentiel et accessible qui coû- tait à peine une vingtaine de dirhams, il y a une dizaine d’années. «L’administration n’a pas ajusté son prix, le produit avait fail- li disparaître. Heureusement, les autorités se sont rattrapées et ont augmenté le prix
de deux ou trois dirhams, ce qui a permis de maintenir ce produit essentiel sur le marché» , rappelle Abderrahim Derraji. Selon lui, les industriels pharmaceutiques vont produire de petites quantités et ten- ter de les répartir sur toutes les grossiste- ries. Ces dernières tentent ensuite de les répartir de manière équitable à tous leurs clients. «Il ne faut pas dire que le pharma- cien est de mauvaise foi ou qu’il ne stocke pas les médicaments, mais simplement que le médicament n’est pas équitable- ment réparti sur toutes les pharmacies », précise le fondateur des sites pharmacie. ma et médicament.ma. Les malades eux-mêmes peuvent entrete- nir la pénurie. « Quand les patients savent que le médicament va être en rupture ou qu'ils auront du mal à le trouver, ils vont le surstocker chez eux», explique Abderrahim Derraji. L’une des problématiques principales reste le manque de visibilité. Parfois, la rupture d’un médicament est mention- née sur le bon de commande du gros- siste, mais souvent, les pharmaciens se retrouvent sans aucune information. «J'espère qu'avec la volonté du nouveau directeur de l'Agence du médicament et du ministre de la Santé, nous aurons de plus en plus d'informations. En tout cas, nous sommes optimistes» , espère le phar- macien. Du côté des médecins, c’est souvent le patient qui informe de la non-disponibilité
En oncologie, la pénurie des médicaments essentiels peut impacter la prise en charge thérapeutique, notamment quand il s’agit d’un médicament principal.
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