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FINANCES NEWS HEBDO
JEUDI 16 JUILLET 2026
Psychiatrie Les ruptures de médicaments mettent les hôpitaux sous tension
F. N. H. : En cas de rup- ture de médicaments, qui contactez-vous en premier : le ministère, l’AMMPS ou votre four- nisseur habituel ? Dr K. O. : En cas de rupture, nous contactons en premier lieu le ministère en charge du marché des médicaments. Nous avons déjà demandé à améliorer la disponibilité d’un psychotrope, par exemple, il y a quatre ans, lorsqu'un pro- duit injectable très important était en rupture. F. N. H. : Avez-vous le pouvoir de maintenir des stocks de sécurité au- delà des besoins immé- diats ? Dr K. O. : Nous essayons de stocker le maximum de médi- caments, mais la demande est trop importante. Ces der- nières années, nous avons dû faire face à beaucoup d’aléas, notamment avec les malades agités qui viennent aux urgences. Nous essayons de pallier ces ruptures en changeant les médicaments, ou en pres- crivant un générique. Dans 70% des cas, nous parve- nons à gérer la situation, mais dans le reste des cas, nous sommes contraints de modi- fier le traitement médicamen- teux des patients. Parfois, un problème de tolérance peut survenir, c’est-à-dire que le produit n’est pas efficace ou que le patient ne le tolère pas. Cela peut précipiter dans certains cas la rupture thé- rapeutique et mener à une rechute. ◆
Les ruptures de psychotropes ne sont pas sans conséquences. A l'hôpital psychiatrique Arrazi de Casablanca, les médecins doivent régulièrement adapter les traitements pour assurer la continuité des soins. Si cette stratégie fonctionne dans la majorité des situations, elle peut aussi entraîner des problèmes de tolérance et favoriser les rechutes. Entretien avec le Dr Khalid Ouquezza, directeur de l’hôpital.
Propos recueillis par Z . A.
Finances News Hebdo : En tant que directeur de l’hôpital psychiatrique Arrazi, avez-vous une visibilité sur les stocks de médicaments essen- tiels ? Dr Khalid Ouquezza : Nous avons une visibilité minime concernant les stocks de médicaments essentiels et disposons de quelques médi- caments essentiels, mais pas tous. Nous avons un manque de la forme injectable qui est nécessaire pour les urgences psychiatriques. F. N. H. : Combien de fois par an un psychotrope essentiel est-il en rupture à l’hôpital ? Dr K. O. : Nous enregistrons des ruptures depuis les trois à quatre dernières années d’une manière critique et peu
gérable. Pour y faire face, les directeurs des hôpitaux psy- chiatriques font des écrits de temps à autre, en joignant une demande de médicaments une fois par an, particulière- ment pour les médicaments d'urgence. Ces ruptures sont causées par l’industrie phar- maceutique qui ne suit pas forcément les recommanda- tions de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé. F. N. H. : Y a-t-il des cas où vous avez dû refuser un patient ou repousser une admission parce que vous n'aviez pas le médi- cament approprié ? Dr K. O. : Concernant la capa- cité litière, nous sommes en
sureffectif depuis 5 ans. Nous faisons face à une demande excessive, des malades agités, des hospitalisations de plus en plus importantes, l’augmenta- tion de l’usage de drogues et les rechutes résultant des rup- tures thérapeutiques. Même si nous avons dépassé notre capacité d’accueil, nous agis- sons de notre mieux pour hos- pitaliser les malades pour évi- ter qu’ils commettent un crime, se suicident ou qu’ils fassent du mal à leur entourage ou à eux-mêmes. Nous n’avons jamais refusé d’admettre un malade à cause d’un médicament. Parfois, même s’il n’y a pas de place, nous acceptons la surcharge plutôt que de laisser un malade agité à l’extérieur.
Nous essayons de stocker le maximum de médicaments, mais la demande est trop importante.
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