Finances News Hebdo 1242

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 16 JUILLET 2026

d’image. Lorsqu’une marque internationale reconnue choisit de s’implanter au Maroc, elle ren- force immédiatement la crédibilité de la destination. Ces groupes disposent d’une clientèle fidèle, d’importantes bases de données et d’un réseau mondial de distri- bution qui permettent d’accroître la visibilité du Royaume sur les marchés internationaux. Leur implantation constitue aussi un signal positif pour les inves- tisseurs. Elle témoigne de la confiance accordée au marché marocain et contribue à attirer de nouveaux opérateurs. Au final, l’arrivée des grandes chaînes ne permet pas seulement d’augmen- ter le nombre de chambres; elle participe à l’amélioration de la qualité de l’offre, au renforcement de la compétitivité du secteur et au rayonnement international de la destination Maroc. F. N. H. : Comment les attentes des voyageurs, notamment internatio- naux, ont-elles évolué ces dernières années et dans quelle mesure influencent- elles les stratégies des grands groupes hôteliers ? Z. B. : Les grands groupes hôte- liers disposent aujourd’hui d’ou- tils d’analyse très performants et de bases de données qui leur per- mettent de suivre en permanence l’évolution des attentes des voya- geurs. Celles-ci s’orientent de plus en plus vers la durabilité, l’enrichissement de l’expérience touristique et un tourisme plus responsable. Les visiteurs sont désormais attentifs à des aspects tels que la gestion de l’eau, la réduction des déchets, les cir- cuits courts ou encore la valorisa- tion du développement local. L’arrivée de ces enseignes consti- tue un véritable levier pour l’en- semble du secteur hôtelier maro- cain. Grâce à leur capacité d’ana- lyse et à leur connaissance des tendances internationales, elles introduisent de nouvelles pra- tiques qui deviennent progressi- vement des références pour les investisseurs locaux. Elles per- mettent ainsi d’élever les stan- dards du secteur et d’encourager

 Hilton prévoit d’ouvrir 15 nouveaux hôtels au Maroc, ce qui portera son portefeuille à 25 établis- sements.

l’adoption de politiques davan- tage orientées vers les attentes des clientèles internationales. Aujourd’hui, le touriste n’est plus un simple consommateur. À travers ses exigences et ses attentes, il participe indirectement à la conception du produit tou- ristique. Les opérateurs doivent donc adapter en permanence leur offre afin de proposer une expérience qui réponde à ces nouvelles aspirations. C’est pré- cisément cette capacité d’antici- pation et d’adaptation qui fait la force des grands groupes hôte- liers internationaux. F. N. H. : Quelles sont les destinations qui présentent aujourd’hui le plus fort potentiel de développement pour les enseignes interna- tionales ? Z. B. : Marrakech demeure incontestablement la locomo- tive du tourisme marocain. Avec Casablanca, ces deux destina- tions concentrent encore une part importante des arrivées et des nuitées touristiques. Mais d’autres villes connaissent aujourd’hui une dynamique très encourageante. C’est notamment le cas de Rabat, portée par les grands projets d’aménagement et son reposi- tionnement comme destination touristique, ou encore de Dakhla, dont le développement s’appuie sur les sports de glisse, la montée en puissance de la connectivité aérienne et une offre de plus en plus diversifiée. D’autres destinations présentent

également un fort potentiel, comme Fès, Tanger ou encore les régions sahariennes, notam- ment Merzouga, qui bénéficient de l’essor du tourisme désertique. Chaque territoire développe pro- gressivement ses propres atouts et enrichit l’offre touristique natio- nale. On observe également un effet d’entraînement autour des grandes destinations. À mesure que Marrakech, Casablanca ou Tanger se développent, les terri- toires voisins profitent eux aussi des flux touristiques. Des villes comme El Jadida, Mohammedia ou Chefchaouen bénéficient pro- gressivement de cette dynamique, ce qui favorise une meilleure répartition des visiteurs et génère des retombées économiques pour les populations locales. F. N. H. : À l’approche de la Coupe du monde 2030, quels sont les principaux défis que devra relever l’hôtellerie marocaine pour accompagner cette dyna- mique d’investissement et répondre aux standards internationaux ? Z. B. : Le premier défi est celui de la capacité d’hébergement. Le Maroc doit accélérer le déve- loppement de son parc hôte-

lier afin de répondre à la crois- sance attendue de la demande, notamment à l’horizon 2030. Mais cette montée en capa- cité doit impérativement s’ac- compagner d’une amélioration continue de la qualité de l’offre. Cette qualité repose avant tout sur le capital humain. Il est indispensable de renforcer la formation à tous les niveaux de la chaîne de valeur, qu’il s’agisse des managers, des réceptionnistes, du personnel de restauration, des équipes d’étage ou de l’ensemble des métiers de l’hôtellerie. L’arrivée des grandes chaînes interna- tionales impose des standards élevés auxquels le secteur marocain doit être en mesure de répondre. Il est également essentiel de mettre en place des méca- nismes de contrôle de la qualité afin de garantir une expérience conforme aux attentes des visi- teurs. Enfin, le secteur devra relever un autre défi majeur : attirer, fidéliser et valoriser les talents. La qualité du service dépend directement de la compétence et de l’engagement des femmes et des hommes qui font vivre les établissements hôteliers. C’est en conjuguant capacité d’accueil, excellence du ser- vice et montée en compétences que le Maroc pourra consolider durablement son positionne- ment parmi les grandes desti- nations touristiques internatio- nales. ◆

Les grandes chaînes internationales n’apportent pas seulement des investissements; elles apportent aussi leur expertise, leurs standards de gestion, leur savoir-faire et leurs réseaux commerciaux.

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