FNH N° 1244 V2 (2)

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO LUNDI 31 AOÛT 2026

directement liées à l’organisation : les stades, les moyens de transport, les aéroports, la sécurité, les télécommunications, l’héberge- ment et la gestion urbaine. Le deuxième cercle comprend les infrastructures et les services nécessaires aux villes hôtes : l’eau, l’électricité, la santé, le transport régional, l’assainissement et les espaces publics. Le troisième cercle correspond aux infrastruc- tures nationales de long terme : les chemins de fer, les ports, la flotte aérienne, la numéri- sation, la logistique et l’industrie touristique. La véritable valeur économique du Mondial ne résidera donc pas uniquement dans le premier cercle, mais dans la capacité des deuxième et troisième cercles à produire des effets économiques, sociaux et territoriaux durables après 2030. F. N. H. : La maîtrise des dépenses favorise-t-elle la rationalisation des choix budgétaires ? S. A. : Oui, mais à condition de distinguer la maîtrise des dépenses, leur rationalisation et leur réduction. Ces trois notions ne sont pas synonymes. Réduire les dépenses signifie dépenser moins. Rationaliser les dépenses consiste à orienter les ressources vers les usages pro- duisant la valeur publique la plus élevée. Un budget peut diminuer tout en devenant moins efficace; inversement, il peut augmenter tout en devenant plus productif. Dans cette perspective, la note appelle notamment à : 1. Limiter la création de postes budgétaires aux besoins strictement nécessaires. 2. Réduire les dépenses relatives aux véhi- cules, aux locaux administratifs, aux dépla- cements, à l’hébergement et aux réceptions. 3. Accorder la priorité aux projets en cours et à ceux ayant déjà fait l’objet d’engagements. 4. Régulariser la situation foncière avant d’inscrire tout nouveau projet. 5. Conditionner les subventions accordées aux établissements publics à leur niveau de trésorerie et à l’état d’avancement physique des projets. 6. Réduire les reports de crédits. 7. Regrouper les projets complémentaires et éviter leur fragmentation. 8. Améliorer la rentabilité des actifs et du portefeuille public. Ces orientations peuvent permettre de faire passer la gestion budgétaire d’une logique de «consommation des crédits» à une logique d’«obtention de résultats».

L’objectif n’est donc pas uniquement d’éco- nomiser des ressources financières, mais de maximiser la valeur publique créée par chaque Dirham dépensé. F. N. H. : Dans quelle mesure le projet de Loi de Finances peut-il garantir la relance économique ? S. A. : Il serait incorrect d’affirmer que la Loi de Finances peut garantir à elle seule la reprise économique. Elle peut en augmenter la probabilité et en orienter la nature, mais elle ne contrôle ni les précipitations, ni les prix de l’énergie, ni l’évolution des marchés euro- péens, ni les tensions géopolitiques, ni les décisions d’investissement du secteur privé. La véritable question n’est donc pas simple- ment de savoir comment relancer l’économie après une période de ralentissement. Elle consiste plutôt à déterminer comment trans- former un cycle de croissance porté par l’agri- culture et les grands investissements publics en une croissance structurelle fondée sur la productivité, l’entreprise privée et l’emploi. Le budget agit à travers une chaîne causale : l’investissement public crée une demande en faveur du bâtiment, des services et des équipements; il réduit ensuite les coûts du transport, de l’énergie et de la logistique; il améliore ainsi l’attractivité du territoire pour l’investissement privé; celui-ci crée des emplois et des revenus, ce qui augmente la consommation et les recettes fiscales; l’État dispose alors de ressources supplémentaires pour financer la protection sociale. Mais cette chaîne ne fonctionne pas auto- matiquement. En conclusion, la note de la Loi de Finances 2027 présente une capacité moyenne à forte de soutenir l’activité écono- mique, notamment dans le bâtiment, le trans- port, l’industrie, le tourisme et les services. Sa capacité à garantir une reprise intensive en emplois demeure toutefois moyenne, car la création d’emplois exige également des réformes relatives à la concurrence, au finan- cement, à la formation, au fonctionnement du marché du travail ainsi qu’à l’accompagne- ment des très petites, petites et moyennes entreprises. Sa capacité à produire une reprise territorialement équilibrée reste, elle aussi, incertaine. Elle dépendra du mode de répartition des programmes, de la qualité de l’ingénierie locale et de la capacité à relier les grands corridors économiques aux territoires intérieurs. Enfin, la durabilité de la croissance après 2030 dépendra de la capacité du Maroc à transformer les infrastructures en gains de productivité, à passer de la construction à l’utilisation effective des équipements, de la dépense publique à l’investissement privé et des emplois temporaires à des emplois for- mels et durables. ◆

 L'investissement public restera toujours un levier pour stimuler la croissance économique.

et Marrakech. 3. La connexion ferroviaire de l’aéroport Mohammed V. 4. Le relèvement de la capacité d’accueil des aéroports à 80 millions de passagers à l’horizon 2030. 5. L’extension des aéroports de Casablanca, Marrakech, Agadir, Rabat et Fès. 6. Le développement de la flotte de Royal Air Maroc et l’élargissement de son réseau de destinations. 7. La mise à niveau de l’offre touristique et hôtelière. 8. Le développement des routes, du transport urbain, de la numérisation, de la santé, de la sécurité et des services. 9. L’augmentation de la production d’eau dessalée et la sécurisation de l’approvision- nement énergétique. 10. L’amélioration de l’attractivité urbaine des villes hôtes. La Banque mondiale considère que l’aug- mentation actuelle de l’investissement public est partiellement liée aux préparatifs de la Coupe du monde 2030 et qu’elle constitue l’un des moteurs du cycle de croissance le plus dynamique que le Maroc ait connu depuis plus de dix ans. Elle souligne toutefois que la pérennité de cet effet dépendra des gains de productivité, de la numérisation, de l’implication du secteur privé et de la création d’emplois. Le Mondial ne constitue donc pas uniquement un événement sportif. Une lecture systémique permet de distinguer trois cercles d’investissement. Le premier cercle regroupe les infrastructures

La programmation budgétaire est devenue pluriannuelle, ce qui réduit les fluctuations annuelles et renforce la visibilité sur la période 2027-2029.

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