BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO LUNDI 31 AOÛT 2026
Par ailleurs, le budget comportera plusieurs niveaux de flexibilité. Le premier niveau est pratiquement irréversible. Il concerne les pro- jets faisant l’objet d’orientations royales, les engagements constitutionnels et sociaux, les conventions internationales, les emprunts, les marchés déjà signés, le service de la dette ainsi que les investissements ayant atteint un stade avancé de réalisation. Le deuxième niveau peut faire l’objet d’une reprogrammation. Il comprend notamment le rythme de certains travaux, la répartition des crédits entre les différentes années, la hiérar- chisation des nouveaux projets et certains programmes sectoriels. Le troisième niveau, plus politique et plus flexible, concerne les nouvelles mesures fis- cales, la conception de certains dispositifs de soutien, les priorités en matière d’emploi, la répartition des investissements additionnels ainsi que les mécanismes de gouvernance et d’évaluation. Cette continuité peut également constituer un atout. Elle offre l’occasion de consacrer une nouvelle conception : celle d’un «budget de l’État» plutôt que d’un simple «budget du gouvernement». Les routes, les chemins de fer, les aéroports, les barrages, les unités de dessalement ainsi que les politiques de santé et d’éducation ne devraient pas être remis en cause à chaque changement de coalition. La programmation budgétaire est par ailleurs devenue pluriannuelle, ce qui réduit les fluc- tuations annuelles et renforce la visibilité sur la période 2027-2029. L’enjeu central sera donc de trouver un équilibre entre la conti- nuité de l’État et le droit légitime du nou- veau gouvernement à réorganiser les priorités conformément à son programme politique. F. N. H. : Les hypothèses de la note sont-elles réalistes et réalisables ? S. A. : L’hypothèse centrale du gouverne- ment repose sur une croissance économique d’environ 4,1% en 2027, accompagnée d’une réduction du déficit budgétaire à 3% du PIB et d’une maîtrise de la dette autour de 65%. Ces hypothèses sont réalistes et se situent à l’intérieur de la fourchette des scénarios possibles. Elles restent néanmoins très sen- sibles à l’évolution de l’agriculture, des prix de l’énergie, de la demande européenne et de l’investissement. Le haut-commissariat au Plan prévoit une croissance proche de 3% en 2027, sur la base d’une campagne céréalière moyenne après le rebond agricole exceptionnel de 2026. La Banque mondiale prévoit, pour sa part, une croissance proche de 4%, tandis que le Fonds monétaire international table sur environ 4,5%, en supposant un retour de la production agricole à un niveau nor-
mal, la poursuite des investissements dans les infrastructures et une participation plus importante du secteur privé. L’écart entre 3% et 4,5% atteint ainsi 1,5 point de pourcentage, ce qui représente une fourchette particuliè- rement large. Cela signifie que la plausibi- lité statistique ne constitue pas une certitude opérationnelle. Cinq facteurs peuvent rendre l’objectif de 4,1% réalisable. Le premier est la poursuite du cycle d’inves- tissement dans les chemins de fer, les aéro- ports, les ports, l’eau, l’énergie et les infras- tructures urbaines. Le deuxième est la performance industrielle, notamment dans l’automobile, l’aéronautique, les industries agroalimentaires, pharmaceu- tiques, électriques et électroniques. Le troisième est le maintien de la dynamique touristique, qui constitue à la fois une source de devises, de demande intérieure et d’acti- vité pour les services. Le quatrième est l’amélioration de l’investis- sement privé, national et étranger, à condition de dépasser les contraintes liées au foncier, au financement, aux autorisations administra- tives et à la concurrence. Le cinquième est l’augmentation des reve- nus, des salaires et des transferts sociaux, susceptible de soutenir la consommation intérieure. Plusieurs défis doivent cependant être pris en considération. Le premier concerne l’agriculture. Une forte croissance enregistrée au cours d’une bonne année agricole peut être suivie d’un ralentis- sement mécanique l’année suivante, même en l’absence de sécheresse sévère. Cet effet de base explique en partie la prudence du haut-commissariat au Plan. Le deuxième défi est lié à la demande euro- péenne. L’Europe demeure le principal débouché des exportations industrielles marocaines, ainsi qu’un marché essentiel pour le tourisme, les transferts des Marocains résidant à l’étranger et les investissements étrangers. Le troisième défi concerne l’énergie. Une hausse des prix du pétrole, du gaz et du transport maritime exercerait simultanément une pression sur la balance commerciale, l’in- flation, le coût des subventions et les marges des entreprises. Le quatrième défi est le contenu importé de l’investissement. L’acquisition à l’étranger de trains, d’avions, d’équipements, de machines et de technologies augmente l’investissement et le PIB, mais elle accroît également les importations et réduit, à court terme, le multi- plicateur économique local. Le cinquième défi réside dans la capacité d’exécution. Les crédits peuvent être pro- grammés sans se transformer rapidement
en réalisations concrètes, en raison de pro- blèmes fonciers, d’études inachevées, de lenteurs dans la passation des marchés, d’un déficit de coordination ou d’un manque de ressources humaines qualifiées. Le sixième défi est celui de l’emploi. Une crois- sance insuffisamment créatrice d’emplois affaiblirait la consommation des ménages et limiterait le passage d’un modèle de crois- sance porté par l’État à un modèle davantage alimenté par la demande intérieure et l’entre- prise privée. F. N. H. : La stratégie d’investissement en préparation du Mondial 2030 est- elle claire ? S. A. : Oui, cette stratégie est clairement iden- tifiable sur les plans matériel et stratégique. Elle devra toutefois être rendue plus lisible dans un cadre comptable et financier conso- lidé lors de la présentation définitive de la Loi de Finances 2027. Le Mondial est visible à travers les grands chantiers, mais il ne l’est pas encore suffi- samment dans un tableau intégré regroupant l’ensemble des coûts et des engagements financiers. La dimension matérielle est mani- feste. La note comprend plusieurs projets directement ou indirectement liés à la pré- paration du Maroc à l’échéance de 2030, notamment : 1. Le prolongement de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech sur environ 430 kilomètres. 2. Le développement des réseaux ferroviaires régionaux à Casablanca, Rabat-Salé-Kénitra
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