FNH N° 1244 V2 (2)

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO LUNDI 31 AOÛT 2026

Les hypothèses du PLF 2027 sont réalistes et se situent à l’intérieur de la fourchette des scénarios possibles.

3. Le soutien au gaz butane, au sucre et à la farine, pour environ 13,2 milliards de dirhams. 4. L’élargissement de la couverture médicale et la mise à niveau des établissements de soins et des centres hospitaliers universi- taires. 5. Les écoles pionnières, la généralisation du préscolaire et les programmes de lutte contre le décrochage scolaire. 6. La reconstruction et la réhabilitation des zones touchées par le séisme d’Al Haouz et les inondations. 7. Les contrats et projets pluriannuels liés au transport, à l’eau et à l’énergie à l’horizon 2030. Le prochain gouvernement ne disposera donc pas d’un budget très flexible, mais héritera d’un budget caractérisé par un taux élevé de rigidité. Une part importante des ressources sera déjà pré affectée aux salaires, aux trans- ferts sociaux, aux subventions, au service de la dette et aux contrats en cours d’exécution. Troisièmement, le volume de l’investissement est considérable, mais son impact doit être renforcé. L’investissement public programmé pour 2026 s’élève à environ 380 milliards de dirhams, dont 179,7 milliards portés par les établissements et entreprises publics, 132,8 milliards par le budget général, les comptes spéciaux du Trésor et les services de l’État gérés de manière autonome, 45 milliards par le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et 22,5 milliards par les collectivités terri- toriales. Cette structure montre qu’environ 47% de l’investissement public transite par les établissements et entreprises publics. L’efficacité de la Loi de Finances 2027 ne dépendra donc pas uniquement des minis- tères, mais également de la gouvernance des entreprises publiques, de leur capacité d’exé- cution, de leur endettement, de la qualité de leurs investissements et de leur articulation avec le secteur privé. Un investissement massif peut soutenir la croissance pendant la phase de construction, mais il ne se transforme pas automatique- ment en développement durable. Il existe une différence fondamentale entre un projet qui consomme du ciment et des équipements pendant trois ans et un projet qui réduit les coûts du transport et de l’énergie pendant vingt ans, attire de nouvelles unités indus- trielles, crée des emplois formels et augmente les exportations ainsi que la valeur ajoutée locale. Il ne faut donc pas uniquement mesu- rer le volume de l’investissement, mais éva- luer et renforcer son rendement systémique: son impact sur l’emploi, les entreprises, les exportations, la productivité, l’équilibre terri- torial, la sécurité hydrique et énergétique ainsi que les finances publiques. Quatrièmement, le développement territorial

engagements» si les projets ne sont pas hié- rarchisés en fonction de leur maturité et de leur impact, si les coûts futurs d’exploitation et de maintenance ne sont pas maîtrisés et si les secteurs et les institutions continuent à fonctionner en silos. F. N. H. : Le budget 2027 a été établi par le gouvernement actuel et sera exécuté par celui qui sera nommé. Quelles sont les conséquences ? S. A. : Cette situation ne constitue pas une crise, mais un véritable test de gouvernance budgétaire. La continuité juridique de l’État garantit en principe la poursuite des contrats, des institutions, des projets et des engage- ments. Il est vrai que le gouvernement actuel a pré- paré le cadre de référence, défini les orien- tations générales et demandé aux dépar- tements ministériels et aux institutions de transmettre leurs propositions ainsi que leurs plafonds budgétaires avant la fin du mois d’août 2026, soit avant les élections législa- tives prévues en septembre. Toutefois, le projet complet n’est pas encore définitivement arrêté. Selon la date de sa formation, le prochain gouvernement pourra modifier certains choix avant le dépôt du projet ou au cours de son examen parlemen- taire. Il pourra également réorienter certaines priorités pendant la phase d’exécution, voire recourir à une Loi de Finances rectificative si les circonstances l’exigent. Le gouvernement actuel construit donc «l’architecture initiale», tandis que le prochain gouvernement pourrait être chargé d’achever la conception définitive et d’en assurer l’exécution.

est ambitieux, mais il exige un financement renforcé et une amélioration de la capacité d’action locale. La note prévoit environ 210 milliards de dirhams sur huit ans pour la nou- velle génération de programmes de dévelop- pement territorial intégré, soit une moyenne annuelle de 26,25 milliards de dirhams. Elle prévoit également de porter les transferts aux régions à au moins 12 milliards de dirhams par an à partir de 2027. La réussite de ces programmes nécessite tou- tefois une ingénierie financière multisource, et non la simple annonce d’une enveloppe glo- bale. Le transfert de ressources financières ne suffit pas non plus. Les régions et les collectivités disposent de capacités très iné- gales en matière d’études, de mobilisation du foncier, de passation des marchés et de suivi des projets. Il sera donc indispensable d’ac- compagner les territoires les plus fragiles et de renforcer leurs capacités opérationnelles afin d’améliorer leurs chances de décollage économique. En conclusion, la Loi de Finances 2027 paraît solide sur le plan de la vision, moyennement rigide sur le plan budgétaire et relativement fragile sur le plan de l’exécution, en raison des écarts de capacité entre les secteurs et les territoires. Elle peut devenir le premier véritable budget d’un «État systémique et de souveraineté territoriale». Mais elle risque également de se transformer en simple «budget de grands

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