FNH N° 1244 V2 (2)

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FINANCES NEWS HEBDO

LUNDI 31 AOÛT 2026

FOCUS SANTÉ MENTALE

de ne pas hésiter à demander de l’aide. Plus on consulte tôt, plus les chances d’aller mieux et de retrouver une bonne qualité de vie sont importantes. F. N. H. : Le suicide demeure un sujet sensible. Comment renfor- cer sa prévention et répondre aux besoins croissants en santé men- tale au Maroc ? Dr H. A. : Le suicide est un sujet difficile, mais il est important d’oser en parler. Le silence ne protège pas, alors qu’une parole bienveillante peut parfois sauver une vie. Contrairement à ce que l’on pense sou- vent, la plupart des personnes qui ont des idées suicidaires ne veulent pas réellement mourir. Elles cherchent avant tout à mettre fin à une souffrance psy- chologique devenue insupportable. C’est pourquoi il est essentiel d’être attentif aux signes d’alerte, un isolement soudain, un profond désespoir, une perte d’espoir, un changement important de comportement ou encore des paroles qui évoquent la mort ou le fait de ne plus vouloir vivre. La prévention commence par l’informa- tion et la sensibilisation. Il faut aussi faci- liter l’accès aux soins et développer des structures de proximité pour que chacun puisse trouver de l’aide rapidement. Au Maroc, des progrès ont été réalisés, mais les besoins restent encore très importants. Nous manquons de psy- chiatres, de psychologues et de struc- tures spécialisées dans plusieurs régions du Royaume. Il est donc essentiel de faire de la santé mentale une véritable priorité de santé publique. J’aimerais ter- miner par un message d’espoir, si vous traversez une période de souffrance, ne restez pas seul. Parlez-en à un proche ou à un professionnel de santé. Les troubles psychiques se soignent, des traitements efficaces existent, et il est possible d’al- ler mieux. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, c’est un acte de courage et souvent le premier pas vers la guérison. F. N. H. : Qu’en est-il aujourd’hui de la prise en charge des addic- tions et des nouvelles formes de dépendance ? Dr H. A. : Le Maroc a fait des progrès ces dernières années dans la prise en charge des addictions, avec la création de struc- tures spécialisées et une meilleure prise

 Le silence ne protège pas mais une parole bienveillante peut parfois sauver une vie.

Elles aident les patients à mieux com- prendre leurs pensées, leurs émotions et leurs comportements afin de sortir des cercles vicieux qui entretiennent l’anxiété, la dépression, les phobies, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou encore le burn-out. La désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires (EMDR) est également une approche très efficace, notamment pour les personnes ayant vécu un traumatisme, comme un acci- dent, une agression, un deuil difficile ou un stress post-traumatique. Elle permet au cerveau de mieux traiter ces souve- nirs douloureux et d’en diminuer l’impact émotionnel. Nous pouvons aussi utiliser l’hypnose thérapeutique, lorsqu’elle est pratiquée par un professionnel qualifié. C’est un outil intéressant pour accompagner cer- taines personnes souffrant d’anxiété, de troubles du sommeil, de douleurs chro- niques ou souhaitant arrêter de fumer. Au Maroc, ces approches se développent progressivement, et de plus en plus de professionnels s’y forment. Le message essentiel est qu’il n’existe pas de solu- tion unique. Chaque patient est différent, chaque histoire est particulière. Notre rôle est d’adapter la prise en charge à ses besoins, en associant, lorsque c’est nécessaire, psychothérapie, traitement médicamenteux et accompagnement psychosocial. L’objectif est toujours le même, aider la personne à retrouver un équilibre durable et une meilleure qualité de vie. ◆

de conscience de ce problème de santé publique. Mais il reste encore beaucoup à faire. Les besoins sont aujourd’hui plus importants que les capacités d’accueil, et l’accès aux soins reste inégal selon les régions. En parallèle, les addictions évoluent, en plus du tabac, de l’alcool ou des dro- gues, on voit apparaître de plus en plus de dépendances aux jeux, aux paris sportifs ou encore aux écrans. Le défi est donc de continuer à renforcer les struc- tures existantes, mais aussi de miser davantage sur la prévention, le repérage précoce et un accompagnement global, qui ne se limite pas au traitement médi- cal mais intègre également les dimen- sions psychologiques et sociales. F. N. H. : Quelle place occupent aujourd’hui les psychothérapies, notamment les TCC, l’EMDR et l’hypnose thérapeutique ? Dr H. A. : La psychiatrie a beaucoup évo- lué. Contrairement à ce que l’on pense parfois, elle ne repose pas uniquement sur les médicaments. Nous disposons de plusieurs formes de psychothérapie dont l’efficacité est largement démontrée. Les thérapies cognitivo-comportemen- tales (TCC) sont parmi les plus utilisées.

Nous disposons aujourd’hui de plusieurs formes de psychothérapie dont l’efficacité est largement démontrée.

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