VOYONS VOIR
FINANCES NEWS HEBDO LUNDI 31 AOÛT 2026
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PLF 2027
De l’Etat social aux grands chantiers
naux doivent se développer, le réseau auto- routier poursuivre son extension et la capa- cité aéroportuaire dépasser 80 millions de passagers annuels en 2030. Réduire ces investissements à la Coupe du monde serait pourtant une erreur. Le Mondial est un accélérateur, pas une fina- lité. Une LGV, un aéroport ou une autoroute ne se rentabilisent pas pendant quelques semaines de compétition. Leur véritable rendement se mesurera après 2030, dans les gains de productivité, la mobilité, l'at- tractivité des territoires, le tourisme et les investissements qu’ils auront permis de générer. Et c’est précisément ici que commence le vrai débat budgétaire. Car les quelques économies faites ici et là, aussi nécessaires soient-elles, ne financeront évidemment pas une transformation de cette ampleur. Le Maroc aura besoin de davantage de recettes. Pas nécessairement en augmen- tant les taux d’imposition, mais en élargis- sant la base qui produit l’impôt : davantage d’entreprises formelles, d’emplois déclarés, de valeur ajoutée industrielle, d’exporta- tions, de revenus et d’investissement privé. Les 4,1% de croissance espérés deviennent alors bien davantage qu’une prévision macroéconomique et constituent, de fait, une partie du financement du modèle. Car lorsque les dépenses sociales deviennent permanentes, la croissance, elle, peut diffi- cilement rester intermittente. Une mauvaise campagne agricole, un choc énergétique, un ralentissement européen ou une crise géopolitique suffisent à réduire rapidement les marges budgétaires. C’est dire que l’Etat ne pourra durablement être à la fois le premier investisseur, le prin- cipal garant de la protection sociale, un employeur majeur et le moteur presque permanent de la croissance. L’investissement public doit donc engen- drer de l’investissement privé. Faute de quoi, la mécanique risque de tourner en cir- cuit fermé : l’Etat investira pour produire de la croissance afin de dégager les recettes lui permettant… de continuer à investir. La question est donc de savoir si ces inves- tissements généreront suffisamment de productivité, d’emplois, de recettes fiscales et de valeur ajoutée pour financer dura- blement le modèle économique et social actuel, tout en maintenant le déficit budgé- taire autour de 3%. C’est peut-être là que se jouera véritable- ment le budget 2027. ◆
l’Etat social. Quelque 4 millions de familles bénéficient du soutien social direct, pour un coût proche de 2,2 milliards de dirhams par mois, soit environ 26,4 milliards sur une année. Depuis le lancement du programme en 2023 jusqu’à fin juin 2026, plus de 64 milliards de dirhams ont déjà été transférés. Cette dépense n’a plus rien d’exceptionnel. Elle devient structurelle. La même exigence vaut pour la santé et l’éducation. Rénover des milliers d’établis- sements, généraliser les écoles pionnières ou afficher des taux élevés de scolarisation constitue une avancée. Mais le temps où le succès d’une politique publique pou- vait se mesurer uniquement au nombre de bâtiments construits ou de bénéficiaires couverts touche à ses limites. Un hôpital rénové ne garantit ni médecins disponibles, ni médicaments encore moins des délais raisonnables. Une école ouverte ne garantit pas un bon apprentissage. Le prochain test de l’Etat social sera donc celui de la qualité. L’eau, elle, impose une contrainte encore plus implacable. Le Maroc vise 1,7 milliard de mètres cubes d’eau dessalée par an à l’horizon 2030. Sans eau, moins d’agri- culture, moins d’industrie, moins de capa- cité d’accueil touristique, davantage de ten- sions sur les prix et davantage de pression sur les finances publiques. Pour dire qu’elle est devenue une infrastructure productive au même titre qu’un port ou une autoroute. Dépenser mieux Derrière presque tous ces chantiers, surgit 2030. Quelque 430 kilomètres supplémen- taires de LGV sont prévus entre Kénitra et Marrakech, les réseaux ferroviaires régio-
L
Par D. William
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équation du Projet de Loi de Finances 2027 tient presque de la haute voltige, en ce sens qu’il s’agit de transformer davantage le Maroc sans déséquilibrer ses comptes. Il faut dire que le Royaume se trouve à la confluence de plusieurs calendriers. Il doit poursuivre la construction de l’Etat social, réformer la santé et l’éducation, sécuriser son approvisionnement en eau, réduire les fractures territoriales, soutenir l’emploi et l’investissement privé, monter en gamme industriellement et préparer les infrastruc- tures de demain. Avec, en toile de fond, cette échéance de 2030 qui pointe son nez. Le chiffre des 210 milliards de dirhams pré- vus sur huit ans pour la nouvelle génération de programmes de développement territo- rial intégré résume à lui seul l’ampleur de la tâche. Plus de 1.200 communes rurales et 17 millions d’habitants sont concernés par différents programmes, tandis que les transferts aux régions devront atteindre au moins 12 milliards de dirhams annuellement à partir de 2027. Le message est clair : la croissance ne peut plus seulement se lire dans les agrégats nationaux. Un point de PIB n’a pas la même traduction à Casablanca que dans une commune enclavée de l’Atlas ou dans un territoire frappé par le stress hydrique. Le développement marocain devra donc être davantage territorialisé. A cette facture s’ajoute désormais celle de
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