BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 14 MAI 2026
Marchés Le grand Monopoly des capitaux marocains en 2026 Les pions bougent vite sur l’échiquier économique au Maroc. Banque, assurance, distribution, industrie agricole, mines… : 2026 concentre plusieurs opérations capitalistiques majeures, de Sanlam-Allianz à Holmarcom-BMCI, en passant par Retail Holding-Label’Vie, CMGP-CPCM et Ayrad-CMT. Tour d’horizon.
aux outils de scoring. «Cette vague de consolida- tion actuelle est la preuve que les groupes marocains ont désormais la surface finan- cière et l'expertise pour pilo- ter leur propre destin. Suivant le même trend que notre éco- nomie, nous sommes passés d'un capitalisme d'opportunité à un capitalisme de structure. Pour un investisseur étranger, voir des acteurs locaux comme Holmarcom stabiliser des sec- teurs stratégiques, c'est un énorme signal de confiance dans la solidité du Royaume», nous confie un profession- nel du conseil M&A. Et d’ajou- ter : «le marché s’est déblo- qué parce qu’il y a en même temps des vendeurs identifiés, des acheteurs locaux capables de financer et des actifs déjà structurés. Quand ces trois éléments sont réunis, les dis- cussions vont beaucoup plus vite» . Jamal El Mellali, directeur et responsable de la notation des banques en Afrique franco- phone chez Fitch Ratings, relie cette évolution aux nouveaux besoins des clients. «La sophis- tication croissante des besoins des clients, solutions intégrées, services multicanaux, innova- tions digitales, favorise l’émer- gence de groupes de taille plus importante, mieux armés pour investir durablement», relève-t- il. Appliquée au dossier BMCI- Holmarcom, cette analyse ren- voie aux questions d’intégration commerciale, de systèmes d’in- formation, de coût du risque et de cohérence d’ensemble entre les actifs bancaires concernés. Fitch souligne également que les fusions bancaires, dans les marchés émergents, entraînent souvent des coûts d’intégration à court terme, avant de soutenir la rentabilité à moyen et long terme lorsque les positions de marché se renforcent et que les économies d’échelle se maté- rialisent. La lecture financière dépendra donc de l’exécution: synergies réalisées, maîtrise des coûts, stabilité des équipes, qualité du risque et allocation du capital.
Par Y . Seddik
De la banque à la mine, en passant par l’assurance et
la distribution, plusieurs groupes marocains ont engagé en 2026 des opérations qui changent leurs périmètres et leurs équilibres actionnariaux.
S
i le premier semestre 2026 devait avoir un titre, ce serait celui de la «Grande recompo- sition». En quelques mois, plu- sieurs dossiers ont déplacé les lignes dans des secteurs qui pèsent lourd dans l’écono- mie marocaine. Banque, assu- rance, distribution, industries, mines… : les opérations ne se ressemblent pas, mais elles ren- voient à des contraintes que les entreprises cotées connaissent bien. Les métiers coûtent plus cher à financer, les systèmes d’infor- mation absorbent des budgets plus importants, la conformité pèse davantage, la data et la cybersécurité ne relèvent plus du confort opérationnel. La taille critique devient un sujet
de bilan, de marge et d’exécu- tion. Le marché mondial donne déjà un élément de lecture, puisqu’en 2025 la valeur des fusions-acquisitions a dépassé 4.800 milliards de dollars, selon Dealogic, en hausse de 41% sur un an, alors que le nombre d’opérations reculait d’environ 6% à 38.395 transactions. Moins de dossiers, mais des tic- kets plus élevés. Depuis le début de 2025, 70 transactions de plus de 10 milliards de dollars ont été conclues, dont 22 au quatrième trimestre. Le Maroc se situe évidemment sur des montants bien plus modestes, mais la mécanique n’est pas étrangère: les groupes cherchent à modi- fier leur position, pas seulement à empiler des actifs.
BMCI-Holmarcom, le dossier bancaire le plus structurant La sortie annoncée de BNP Paribas dans BMCI ouvre la voie à une montée en puissance d’Holmarcom dans la banque, après l’acquisition de Crédit du Maroc. La reprise de 67% de BMCI donnerait au groupe une présence bancaire plus large, dans un secteur où les inves- tissements réglementaires, technologiques et prudentiels pèsent sur les établissements. Avec Bâle III, les exigences de fonds propres, de liquidité et de gestion du risque ont ren- forcé les besoins de pilotage des banques. À ces éléments s’ajoutent les dépenses liées aux plateformes digitales, à la cybersécurité, aux données et
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