Finances News Hebdo 1235

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 14 MAI 2026

elles pourraient, à terme, réduire l'intensité concurrentielle au détriment de l'usager final. Le marché surveille ainsi de près les conditions suspensives impo- sées par les autorités pour main- tenir un équilibre sain. En définitive, 2026 restera peut- être comme une année histo- rique pour les deals. Plusieurs groupes marocains reprennent ou réorganisent des actifs impor- tants, avec des périmètres plus larges et des contraintes d’exé- cution plus élevées. « On est en train de muscler le bilan des champions nationaux pour qu’ils puissent tenir la route seuls, sans dépendre de décisions prises à l’étranger», résume notre expert. Pour le marché, la suite dépen- dra de la capacité de ces opéra- tions à se traduire en marges, en liquidité et en histoires d’inves- tissement lisibles. ◆

L’assurance face aux exigences de solvabilité

Le rapprochement Sanlam- Allianz intervient dans un sec- teur soumis, lui aussi, à des exigences prudentielles plus importantes. L’assurance doit intégrer la digitalisation des parcours clients, l’évolution des risques couverts et le renforce- ment progressif des cadres de solvabilité. Au Maroc, l’adapta- tion du dispositif prudentiel à une approche plus sensible aux risques rapproche le secteur des standards internationaux de type Solvabilité II. Une opéra- tion de fusion suppose ensuite l’intégration des portefeuilles, l’harmonisation des systèmes, la préservation des réseaux et la continuité commerciale. Le précédent AtlantaSanad offre un élément de compa- raison. Née de la fusion entre Atlanta Assurances et Sanad Assurances en 2020, la compa- gnie affichait à fin septembre 2025 un chiffre d’affaires de près de 4,54 milliards de dirhams, en hausse d’environ 15% sur un an. La comparaison reste toutefois limitée par les différences de périmètre, de calendrier et de conditions d’intégration entre les opérations. Par ailleurs, Retail Holding et Label’Vie travaillent sur un regroupement dans un métier où les paramètres opération- nels pèsent directement sur les marges. Achats, logistique, fon- cier, stocks, formats commer- ciaux, systèmes d’information et prix en rayon structurent la performance de la distribution moderne. Pour les investis- seurs, les points de suivi porte- ront sur la gouvernance du futur ensemble, le flottant, la liquidité, le financement de l’expansion et l’évolution des marges. «Sur un dossier retail, on passe beau- coup de temps sur les baux, les stocks, les conditions fournis- seurs et les systèmes. Le mul- tiple payé dépend souvent de ces détails, pas seulement du réseau ou du chiffre d’affaires», précise notre expert pour qui le marché regardera d’abord ce que le regroupement per-

La sophistication croissante des besoins des clients, solutions intégrées, services multicanaux, innovations digitales, favorise l’émergence de groupes de taille plus importante, mieux armés pour investir durablement.

met réellement de gagner sur les achats, la logistique, les stocks et les coûts fixes. De son côté, CMGP Group a finalisé l’acquisition de 95% de CPCM, opération valorisée à près d’un milliard de dirhams. Le groupe élargit ainsi son exposition aux produits phytosanitaires, aux intrants et au traitement des eaux. Cette acquisition intervient dans un contexte où les besoins liés à l’irrigation, à la producti- vité agricole et à la gestion de la ressource hydrique occupent une place croissante dans les décisions d’investissement des exploitants et des opérateurs agricoles. CMT connaît, pour sa part, une évolution de son actionnariat avec l’arrivée d’Ay- rad Group Limited via OSEAD Fund et le projet de contrôle conjoint associant Ayrad et la CIMR. Un tour de table stabilisé peut modifier la perception du risque par le marché, notam- ment dans une activité minière où les investissements d’explo- ration, de développement et de montée en capacité s’inscrivent sur des cycles longs.

dans des structures consolidées. Enfin, la croissance externe devient un relais dans des mar- chés où la progression organique peut être lente. Les groupes cherchent alors des gains de pro- ductivité plus rapides à travers les synergies opérationnelles, la mutualisation des coûts et l’élar- gissement des périmètres. Cette concentration du capital place le Conseil de la concurrence et les régulateurs sectoriels (ACAPS, AMMC) face à une responsa- bilité historique. Si ces fusions renforcent la solidité systémique,

Conformité, technologie, croissance externe

Cette effervescence capitalis- tique tient à plusieurs facteurs de pression. Le premier est régle- mentaire : entre Bâle III pour les banques et l’adaptation pro- gressive des cadres prudentiels inspirés de Solvabilité II dans l’assurance, les besoins en fonds propres deviennent plus lourds et rendent les positions inter- médiaires plus difficiles à tenir. À cela s’ajoute l’investissement technologique. Cybersécurité, data, automatisation et intelli- gence artificielle appliquée aux processus industriels ou finan- ciers exigent des budgets récur- rents, plus faciles à absorber

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