ments permettent aussi de développer une clientèle loisirs haut de gamme : couples, familles, amateurs de culture, de patri- moine, de gastronomie, de golf, de bien- être et de séjours courts premium. Rabat peut donc capter les deux marchés: le business et le loisir. C’est justement sa force. Elle peut accueillir une conférence internationale en semaine et proposer le week-end une expérience culturelle, bal- néaire, patrimoniale et gastronomique. L’offre palace est donc un outil de montée en gamme globale de la destination, pas uniquement un produit destiné aux voya- geurs d’affaires. F. N. H. : Marrakech capte encore l’essentiel des flux touristiques haut de gamme au Maroc. Comment convaincre un voyageur qui hésite entre les deux villes de choisir Rabat… Quel est votre argument écono- mique et expérientiel ? M. H. B. : Je lui dirais que Marrakech et Rabat ne proposent pas la même expérience. Marrakech est une destination iconique, très connue, très vivante et très installée dans l’imaginaire touristique internatio- nal. Rabat, elle, offre une expérience dif- férente, plus calme, plus élégante, plus culturelle, plus apaisée. À Rabat, le voyageur trouve l’océan, la Kasbah des Oudayas, la Tour Hassan, le Chellah, la médina, les musées, le Bouregreg, les jardins, les golfs, les nou- velles infrastructures culturelles et une atmosphère de capitale à taille humaine. L’argument expérientiel, c’est que Rabat permet de vivre le Maroc autrement : avec plus de sérénité, plus de fluidité, plus de profondeur culturelle et moins de pression touristique. L’argument économique, c’est que Rabat attire une clientèle à forte valeur ajou- tée, notamment sur les segments affaires, institutionnel, MICE, culturel et haut de gamme. C’est une destination où le visi- teur dépense mieux, reste dans des éta- blissements de qualité et consomme des services à forte valeur locale. Rabat ne remplace pas Marrakech. Elle complète l’offre touristique du Maroc avec un positionnement différent et très pro- metteur. F. N. H. : Les visites mystères vont auditer 2.500 établissements au Maroc. Quel est l’état réel du parc hôtelier de votre région ? Combien d’établissements risquent un déclassement ? M. H. B. : Il faut être prudent et responsable sur ce sujet. Les visites mystères sont une excellente initiative, car elles permettent d’évaluer la qualité réelle de l’expérience
client, au-delà du classement administratif affiché. Dans notre région, le parc hôtelier est contrasté. Nous avons une offre haut de gamme qui progresse fortement, avec l’ar- rivée d’enseignes internationales de très haut niveau. Mais nous avons aussi des établissements plus anciens qui doivent accélérer leur mise à niveau, notamment en matière de qualité de service, d’entre- tien, de formation, d’accueil, de restau- ration, de digitalisation et d’expérience client. Je ne peux pas avancer aujourd’hui un chiffre sur le nombre d’établissements qui risquent un déclassement. Ce serait prématuré tant que les audits ne sont pas finalisés. En revanche, notre position est claire : l’objectif ne doit pas être uni- quement de sanctionner. Il faut surtout accompagner les établissements vers la mise à niveau. Lorsque le niveau de ser- vice ne correspond plus au classement, il faut soit aider l’établissement à progresser, soit ajuster le classement pour préserver la crédibilité de la destination. La montée en gamme de Rabat doit tirer tout le parc hôtelier vers le haut, pas seule- ment les nouveaux établissements. F. N. H. : La connectivité aérienne de Rabat reste limi- tée par rapport à Marrakech et Casablanca. Est-ce le principal frein à votre montée en gamme, et que faites- vous concrètement pour l’améliorer ? M. H. B. : Oui, la connectivité aérienne reste l’un des principaux freins au développe- ment touristique de Rabat. Une destina- tion peut avoir de très beaux hôtels, de grands équipements, du patrimoine et une forte attractivité, mais si elle n’est pas suf- fisamment connectée, elle ne peut pas exprimer tout son potentiel. Mais la situation évolue positivement. M
L’aéroport Rabat-Salé a connu une forte progression en 2025, avec plus de 2,16 millions de passagers et une croissance de plus de 25%. Cela montre que la demande existe et que Rabat peut changer d’échelle. Le nouveau terminal de l’aéroport Rabat- Salé va aussi renforcer cette dynamique, avec une capacité appelée à augmenter fortement. Par ailleurs, l’ouverture annon- cée d’une base Ryanair à Rabat constitue un signal très important pour le dévelop- pement de nouvelles lignes et l’améliora- tion de l’accessibilité de la destination. Concrètement, notre rôle au CRT est de travailler avec l’Office national marocain du tourisme (ONMT), les compagnies aériennes, les hôteliers, les agences de voyages et les opérateurs touristiques pour soutenir la promotion de Rabat sur les marchés émetteurs, créer des packages attractifs, encourager la programmation de la destination et faire en sorte que les nouvelles lignes soient viables dans la durée. La connectivité ne dépend pas uniquement de l’ouverture de lignes. Elle dépend aussi de la capacité de la destina- tion à être vendue, programmée, racontée et consommée. C’est précisément le travail que nous menons avec l’ensemble des partenaires. Rabat entre dans une nouvelle phase de son développement touristique. Notre ambition est de faire de Rabat-Salé- Kénitra une destination de référence à l’horizon 2030 : une destination culturelle, institutionnelle, balnéaire, MICE et haut de gamme. La montée en gamme actuelle est une opportunité majeure, mais elle doit bénéfi- cier à tout l’écosystème : hôteliers, agences de voyages, guides, restaurateurs, trans- porteurs, artisans, acteurs culturels et territoires de la région. Notre objectif est clair : faire de Rabat une destination qui crée plus de valeur, qui améliore la qualité de service, qui renforce sa connectivité et qui affirme pleinement son identité dans l’offre touristique nationale.
À Rabat, le voyageur trouve l’océan, la Kasbah des Oudayas, la Tour Hassan, le Chellah.
Notre objectif est d’augmenter la valeur créée localement par le tourisme, au bénéfice de tout l’écosystème régional.
107 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO
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