Au CRT, nous déployons, aujourd’hui, des efforts importants pour mettre en lumière le maximum d’atouts touristiques. D’ailleurs, nous venons d’organiser la première édition du Khénifra Outdoor Experience, le premier événement dédié aux sports de montagne et à l’outdoor dans la région. Les participants ont découvert le patri- moine amazigh exceptionnel du territoire, les forêts de cèdres d’Ajdir, les sources de l’Oum Er-Rbia, le lac Ouiouane et j’en passe. Dans toute la région, il y a des lacs, des sources, de la montagne… Nous avons aussi le Géoparc du M’Goun, inscrit à l’Unesco, un patrimoine géolo- gique mondial, sur notre territoire. C’est un atout indéniable. Et dans un monde où le touriste cherche de plus en plus l’au- thenticité, la vraie évasion, loin du tou- risme de masse, la région de Béni Mellal- Khénifra est un trésor. Un trésor que nous sommes en train de faire connaître, progressivement, mais avec beaucoup de conviction. F. N. H. : Quel est l’état de l’offre hôtelière de la région? Y a-t-il des projets d’envergure en cours ? Y. L. : Notre capacité classée reste modeste par rapport au potentiel du territoire, mais elle est en progression, et surtout elle se diversifie. Elle correspond à ce que le visi- teur cherche aujourd’hui : de l’authenti- cité, de l’immersion, du local. La demande existe, les sites existent, il faut que l’investissement suive. Et justement des projets se développent sur plusieurs
positifs d’appui disponibles et les oppor- tunités du territoire. Ce que nous cher- chons, ce sont des investissements qui créent de la valeur pour le visiteur et pour les communautés en même temps. F. N. H. : Le patrimoine amazigh de la région est excep- tionnel. Existe-t-il une stratégie structurée pour en faire un produit touristique à part entière ? Y. L. : Oui, nous travaillons à en faire un pro- duit touristique structuré. Cette richesse mérite d’être valorisée intelligemment, pas folklorisée, pas mise en scène de façon artificielle, mais présentée dans toute son authenticité. C’est l’un des axes forts de notre stratégie de positionnement en tant que destination. Nous intégrons toujours la dimen- sion culturelle amazighe dans toutes nos actions et événements. Le Khénifra Outdoor Experience en est le meilleur exemple. Les participants ne sont pas venus juste pour randonner. Ils sont repartis avec une vraie rencontre avec ce territoire et ses habitants. C’est ce que nous cherchons à créer. L’objectif à terme, c’est de construire des circuits culturels complets, de valoriser les savoir-faire locaux, de connecter les artisans et les communautés aux flux tou- ristiques. Faire en sorte que la culture soit une expérience complète. Il y a d’abord la connectivité : Béni Mellal est aujourd’hui reliée à Gérone, Bergame et Tanger et c’est un signal fort. Mais il faut aller plus loin, développer davantage de lignes, renforcer l’accessibilité de la région depuis les principaux marchés émetteurs. C’est l’un de nos chantiers prioritaires. Sur la notoriété, nous nous limitons plus à la nature. Béni Mellal-Khénifra est une destination dotée d’une grande diversité : parachutisme, chasse et pêche durables, rafting, sports de montagne, retraites wellness, team building corporate... Des produits de niche à forte valeur ajoutée, qui correspondent exactement aux ten- dances du tourisme mondial. L’objectif est de faire connaître cette diversité au bon public. Il y a aussi un déficit réel en animation touristique et en formation des acteurs locaux. Ce sont deux chantiers sur lesquels nous devons encore progresser pour élever le niveau de l’expérience pro- posée au visiteur. Les freins existent, nous n’allons pas les nier. Mais nous avons la volonté, les atouts, et surtout tous les acteurs mobili- sés sous la vision et la direction du wali. Et c’est cette dynamique collective qui nous rend confiants pour la suite.
Cette richesse mérite d’être valorisée intelligemment, pas folklorisée, pas mise en scène de façon artificielle, mais présentée dans toute son authenticité.
segments, donc la dynamique est là. Mais j’insiste sur un point important aussi : c’est que nous avons besoin aussi de projets dans l’animation touristique. Parce qu’au final, l’objectif n’est pas seulement d’ame- ner le touriste et de l’accueillir. C’est de prolonger son séjour, de lui offrir une vraie expérience, de lui donner des raisons de rester. F. N. H. : Quels sont les secteurs où le CRT cherche activement à attirer des investisseurs privés ? Y. L. : Les opportunités d’investissement dans notre région sont nombreuses et variées. Nous travaillons activement sur ce sujet en collaboration avec le Centre régional d’investissement (CRI) de Béni- Mellal-Khénifra, qui dispose d’une véri- table banque de projets touristiques iden- tifiés sur le territoire. Et ce qui est intéressant pour un inves- tisseur aujourd’hui, c’est que les condi- tions n’ont jamais été aussi favorables. Il y a des initiatives étatiques solides, des mécanismes de subvention, d’accompa- gnement, de facilitation qui sont là pour réduire le risque et accélérer la concréti- sation des projets. Notre rôle au CRT, c’est d’être parfois le lien entre les porteurs de projets, les dis-
Ce que cherche le visiteur aujourd’hui : de l’authenticité, de l’immersion, du local.
113 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO
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