Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

Tourisme de montagne

«À Béni Mellal-Khénifra, nous disposons de quelque chose de rare»

F. N. H. : L’offre d’hébergement et de restauration autour d’Ouzoud est encore très informelle. Y a-t-il une stratégie pour structurer et profession- naliser cet écosystème local ? I. E. : L’offre autour d’Ouzoud est encore informelle. C’est une réalité. Mais il faut savoir que cette énergie locale, cette envie d’entreprendre des gens des alentours est une matière pre- mière extraordinaire. Je préfère voir ceci comme un chantier et l’accom- pagner. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’il existe aujourd’hui des programmes nationaux. A titre d’exemple, le pro- gramme Moukawala Siyahia de la Société de développement régional (SDR) Atlas, avec des dispositifs d’ani- mation touristique pour les porteurs de projets et d’autres, qui permettent justement d’accompagner ces acteurs locaux vers plus de professionnalisme. Nous avons plusieurs dossiers en cours dans la région, de personnes qui se lancent, qui structurent leur activité avec un vrai accompagnement. L’objectif, c’est qu’un visiteur qui arrive à Ouzoud trouve une expérience cohé- rente et de qualité, du début à la fin. F. N. H. : La région dispose-t-elle d’une infrastruc- ture suffisante pour accueillir un tourisme de montagne de qualité ? I. E. : Grâce aux efforts conjoints des autorités locales, comme la wilaya, le conseil de la région et les différents partenaires, les infrastructures rou- tières et l’accessibilité se sont amé- liorées; l’accès à beaucoup de sites de montagne est aujourd’hui possible sans aucune difficulté. Mais le tourisme de montagne de qualité ne s’arrête pas à la route. Il faut des sentiers balisés et entrete- nus, des points d’accueil, des refuges, une signalétique cohérente, etc. Sans oublier le personnel formé et une offre d’hébergement qui correspond aux attentes d’une clientèle qui cherche le

Destination encore préservée, Béni Mellal-Khénifra s’impose progressivement sur la carte du tourisme marocain. Imane Echifa, directrice du Conseil régional du tourisme (CRT) de la région, dresse le bilan d’une région en pleine mutation saisonnalité.

plus de visiteurs européens, notam- ment espagnols, français, allemands, qui intègrent Ouzoud dans un circuit de visite du Maroc plus large. Ce qui a changé aussi, c’est le profil du visiteur. Avant, Ouzoud était une excursion à la journée, souvent depuis Marrakech. Aujourd’hui, nous consta- tons que les touristes restent, dorment sur place et reviennent. C’est claire- ment le signe que le site commence à exister comme une destination à part entière, surtout que cette offre est combinée avec des établissements d’hébergement de qualité. L’offre est combinée à la visite du musée d’Azilal qui constitue une mine d’or d’infor- mations, de fossiles, de squelettes de dinosaures. F. N. H. : Ce site attire massivement, mais la question de sa gestion durable se pose. Quelles mesures concrètes sont mises en place pour le préserver face à la pression touristique ? I. E. : Cette question se pose en per- manence, c’est une responsabilité qui nous pèse dans le bon sens du terme. Nous ne pouvons pas laisser le flux grossir sans encadrement. À noter que nous sommes en lien étroit avec les autorités provinciales et nous colla- borons sur plusieurs axes comme les circuits, la signalétique, etc. Nous travaillons sur la sensibilisation des acteurs locaux tels que les guides, les restaurateurs, les hébergeurs, les prestataires de services parce que la préservation du site commence par eux en premier lieu. Nous souhaitons absolument éviter le scénario du site qui se dégrade sous le poids de son propre succès. Ouzoud mérite mieux, et les communautés qui vivent autour méritent un tourisme durable.

Finances News Hebdo : Les cascades d’Ouzoud sont parmi les plus visitées du Maroc. Comment la destination a-t-elle évolué ? Imane Echifa : Ouzoud est clairement le site phare de la région, et les chiffres le confirment, avec une progression constante ces dernières années. Ce qui est intéressant, c’est que cette crois- sance ne vient pas que du tourisme national. Nous remarquons de plus en n

Nous souhaitons absolument éviter le scénario du site qui se dégrade sous le poids de son propre succès.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 114

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