Hors Se<0301>rie 51 Final

confort, mais dans l’authenticité. Sur tous ces aspects, nous avons encore du chemin devant nous. Aujourd’hui, nous sommes dans une dynamique réelle mais très positive, surtout que nous disposons de quelque chose de rare, que beaucoup de destinations n’ont plus : un territoire encore pré- servé, encore authentique. F. N. H. : Le tourisme de montagne dans la région est-il encore trop saisonnier ? Comment le CRT envisage-t-il d’étaler les flux sur l’année ? I. E. : La saisonnalité est un réel défi. Le printemps et l’automne concentrent l’essentiel des visites, puisque les températures sont généralement plus douces, les paysages sont plus beaux, les touristes viennent. Mais nous sommes aussi convaincus qu’il existe une réponse claire, celle de créer de l’animation, des produits touristiques, des événements qui donnent envie de venir et qui font rester. C’est dans cette optique que nous avons travaillé main dans la main, cette année, avec l’Office national marocain du tourisme (ONMT) et le Conseil de la région. Nous avons accueilli des centaines d’agences professionnelles et de tour-opérateurs dans le cadre de nos actions promotionnelles, des workshops, des FAM trips. L’idée est de leur montrer concrète- ment ce que la région offre en dehors des saisons classiques, pour qu’ils intègrent nos destinations dans leurs programmes toute l’année. L’hiver dans le Moyen-Atlas, c’est la neige,

les forêts de cèdre sous le givre, une atmosphère qui n’a rien à envier à d’autres destinations. L’été, nous sommes à des températures bien plus fraîches qu’ailleurs dans le Royaume. Notre stratégie : travailler sur des pro- duits thématiques qui correspondent à chaque saison. F. N. H. : Quel est le profil de la clientèle qui fré- quente ces sites et quelle cible prioritaire le CRT cherche-t-il à développer ? I. E. : Aujourd’hui, notre première clien- tèle est marocaine, des familles maro- caines, des jeunes en provenance de Casablanca, Marrakech, de tout le Maroc, qui cherchent à s’échapper le week-end, mais aussi des groupes sco- laires. Nous remarquons aussi une présence plus marquée d’une clientèle inter- nationale, surtout des Européens (Français, Espagnols, Allemands, Italiens et des Anglais), mais aussi des Chinois. Ils sont tous à la recherche d’un Maroc différent, moins popu- laire, plus authentique. Ils sont tous sensibles à ce que nous avons à offrir : la nature, la culture amazighe, l’aven- ture. Nous nous concentrons de plus en plus sur le segment des randon- neurs et des amateurs de tourisme sportif et de pleine nature. Le Khénifra

Outdoor Experience que nous venons d’organiser était justement un signal fort dans cette direction, pour montrer que la région est capable d’accueil- lir ce type de clientèle avec une offre structurée et professionnelle. En effet, nous ambitionnons de ne pas choisir entre ces clientèles, et de construire une destination qui parle à toutes, chacune à sa façon. F. N. H. : Dans quelle mesure les populations locales bénéficient-elles économiquement du tourisme de montagne ? I. E. : Sincèrement, c’est la question qui me tient le plus à cœur, parce qu’un tourisme qui ne profite pas aux gens qui vivent sur le territoire, ce n’est pas un tourisme réussi. Dans la région Béni Mellal-Khénifra, le lien entre tourisme et économie locale se renforce; nous avons tout un éco- système qui vit du tourisme et qui en dépend. Au sein du CRT, nous essayons de consolider ces liens, de favoriser les circuits courts, d’encourager les visi- teurs à consommer local, de connec- ter les coopératives de femmes et les artisans aux opérateurs touristiques, de créer des produits avec ces locaux. Dans la région, nous avons des coopé- ratives qui font un travail remarquable dans le domaine des tapis, de l’huile d’olive, des plantes médicinales, du safran, et dans l’artisanat plus large- ment. Elles méritent d’être intégrées dans l’expérience touristique de façon beaucoup plus systématique.

Les touristes internationaux sont tous à la recherche d’un Maroc différent, moins populaire, plus authentique.

L’hiver dans le Moyen-Atlas, c’est la neige, les forêts de cèdre sous le givre, une atmosphère qui n’a rien à envier à d’autres destinations.

115 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO

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