Hors Se<0301>rie 51 Final

C ULTURE

ICC Le Maroc transforme la culture en levier de puissance économique Le Royaume s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique où la culture dépasse largement sa fonction artistique. Elle devient un instrument d’attractivité et un moteur économique indirect.

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dialogue international dans un contexte marqué par de profondes mutations mondiales. Le Maroc dis- pose d’un riche héritage culturel, porteur d’histoire et d’identité. Cette richesse appelle à un renforcement de l’investissement dans la création et l’innovation culturelle, ainsi qu’à une plus grande ouverture interna- tionale» , affirme-t-il. Bouden souligne également l’im- portance des partenariats interna- tionaux dans la structuration du secteur, notamment entre le Maroc et l’Union européenne. «Le partenariat maroco-européen dans les industries culturelles et créatives peut favoriser les échanges d’expertise, encourager les initia- tives conjointes et renforcer les inté- rêts communs des deux parties. Le Maroc dispose d’un important potentiel dans ce domaine grâce à son vivier de talents. Il peut ainsi se positionner comme un acteur de référence à l’échelle internationale, à travers une stratégie nationale dédiée aux industries culturelles et créatives» , poursuit-il. De plus, l’expert reste convaincu que le secteur peut générer une forte valeur ajoutée pour le système productif national. Cet objectif passe notamment par l’accompa- gnement des créateurs, en particu-

lier les jeunes, le renforcement du cadre juridique et institutionnel, le développement de partenariats internationaux porteurs. Le cinéma comme laboratoire du soft power marocain Dans cette transformation, l’audio- visuel occupe une place prépondé- rante. Il ne s’agit plus de produire des œuvres destinées au marché local, mais de construire des récits exportables capables de transcen- der les frontières. La scénariste et productrice Bouchra Malek inscrit son travail dans cette logique transnationale. À travers son projet de film «Une vie très ordinaire», elle défend une vision du récit fondée sur l’univer- salité des émotions. «Avant tout, il est important de pré- ciser que «Une vie très ordinaire» est le fruit d’une coécriture entre trois scénaristes issus de trois pays dif- férents : moi-même pour le Maroc, Mohamed Ayhane pour la Turquie et Abderrahim Seddiki pour le Qatar. Cette diversité de regards a profondément enrichi le projet, car chacun a apporté sa sensibilité, sa culture et son expérience, tout en partageant une même conviction, à savoir les émotions humaines qui dépassent les frontières», précise-

ans un monde domi- né par la compétition des récits, des images et des identités, les

industries créatives s’imposent comme un prolongement naturel des stratégies de développement. Pesant près de 43 milliards de dirhams, soit 2,4% du PIB, elles génèrent plus de 116.000 emplois au Maroc. Cette évolution s’ob- serve particulièrement à travers le cinéma, la mode, les événements internationaux et la montée en puissance des coproductions. Elle traduit une réalité nouvelle. Pour le Dr Mohamed Bouden, politologue et expert en affaires internationales contemporaines, cette transformation s’inscrit dans un cadre général où les États accordent une importance crois- sante à la diplomatie culturelle et au soft power. «Il est essentiel d’œuvrer pour faire de la culture une véritable res- source de développement écono- mique et social, ainsi qu’un levier d’influence, de rayonnement et de

Lorsqu’un pays réussit à exporter ses histoires, il partage sa culture, ses valeurs et sa manière de voir le monde.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 152

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