Hors Se<0301>rie 51 Final

Cette vision rejoint celle de l’Unesco, qui considère les industries culturelles et créatives comme un secteur stratégique pour le développement durable et plaide pour une meilleure reconnaissance de la culture dans les politiques de dévelop- pement. Pour le Maroc, investir dans la créativité, le patrimoine et l’innovation culturelle, c’est investir dans une écono- mie de la connaissance et de l’identité. En un mot, investir dans la culture, c’est investir dans l’avenir. F. N. H. : Le caftan marocain a été officiellement ins- crit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en décembre 2025. Quelles perspectives cette inscription ouvre-t-elle pour la promotion du tourisme culturel et le développement de l’économie créative nationale ? S. A. : L’inscription du caftan marocain sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco est une consécration pour les artisans, les créateurs et tous les acteurs qui contribuent à la préservation et à la transmission de cet héritage. En dehors de sa portée symbolique, cette inscription constitue un levier pour le développement du tourisme culturel, la valorisation des métiers d’art, l’attracti- vité des territoires et la croissance des industries culturelles et créatives. F. N. H. : Derrière le caftan et de nombreuses expressions du patrimoine marocain se trouvent des milliers d’artisans et d’artisanes qui perpétuent des savoir-faire d’exception. Comment mieux valoriser ces métiers ? S. A. : La valorisation de ces métiers passe d’abord par leur reconnaissance comme un patrimoine vivant, conformément à l’esprit de la Convention de 2003 de l’Unesco pour la sauvegarde du patri- moine culturel immatériel. Il est essentiel d’accompagner ces acteurs à travers la formation, la transmission intergénérationnelle, l’innovation, l’ac- cès aux marchés et la protection de la valeur de leurs créations. La digitalisation et l’intégration de ces savoir-faire dans les circuits du tourisme culturel et des industries créatives peuvent transformer ces métiers en véritables moteurs écono- miques. Une attention particulière doit être accor- dée aux artisanes, notamment dans les territoires, car ces activités représentent un levier important d’autonomisation des femmes, de création d’emplois et de renforcement de l’inclusion sociale. Préserver un savoir-faire, ce n’est donc

pas seulement protéger une tradition, mais c’est investir dans des compétences, des territoires et dans un modèle de déve- loppement durable. F. N. H. : Comment assurer la transmission des savoir- faire et du patrimoine culturel aux jeunes générations tout en faisant de la culture un secteur créateur d’emplois et d’opportunités économiques ? S. A. : La transmission est au cœur de la vitalité et de la pérennité des savoir-faire liés à l’artisanat et au patrimoine cultu- rel immatériel. Un savoir-faire qui n’est pas transmis aux nouvelles générations risque de disparaître; il est donc essentiel de créer les conditions permettant aux jeunes de se l’approprier, de le réinventer et d’en faire une source d’opportunités. Face aux transformations technologiques et aux nouvelles formes de création, l’enjeu est de concilier préservation de l’authenticité et innovation. Cela passe par le renforcement de la formation, l’ap- prentissage auprès des maîtres artisans, l’intégration du numérique, ainsi que l’accompagnement des jeunes porteurs de projets culturels et créatifs. Dans cette dynamique, les partenariats avec le secrétariat d’État chargé de l’Arti- sanat et de l’Économie sociale et soli- daire, ainsi qu’avec l’Unesco, jouent un rôle important pour soutenir la sauve- garde, la documentation et la transmis- sion des savoir-faire aux jeunes généra- tions. L’objectif est de faire de ces métiers non seulement un héritage à protéger,

mais aussi un secteur créateur d’emplois, d’entrepreneuriat et de développement local. F. N. H. : L’Unesco contribue à structurer de véritables dynamiques culturelles et économiques. Comment cela se traduit-il concrètement en opportunités pour les artisans, les industries créatives et le tourisme culturel, notamment pour le développement écono- mique du Maroc ? S. A. : L’Unesco accompagne ses États membres dans la mise en place de stra- tégies où la culture est pleinement inté- grée aux politiques de développement durable. Son action ne se limite pas à la reconnaissance du patrimoine, mais elle vise également à renforcer les capacités des acteurs qui œuvrent à sa sauvegarde et à sa valorisation. Concrètement, cet accompagnement se traduit par des programmes de renfor- cement des capacités dans les domaines liés au patrimoine culturel, aux indus- tries créatives, à la gestion culturelle et à la transmission des savoir-faire. L’Unesco soutient également les États et les acteurs de la société civile à tra- vers des mécanismes de financement qui permettent de développer des pro- jets de préservation, d’innovation et de valorisation économique du patrimoine. Pour le Maroc, ces dynamiques repré- sentent une réelle opportunité pour les artisans, les créateurs et les acteurs du tourisme culturel. Elles permettent de mieux structurer les filières, de renforcer les compétences, de favoriser l’entre- preneuriat culturel et de transformer le patrimoine vivant en un levier de créa- tion d’emplois, d’attractivité territo- riale et de développement économique durable.

L’inscription du caftan marocain sur la liste représenta- tive du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco constitue une consécration pour les artisans et les créateurs marocains.

La culture ne doit plus être considérée comme une dépense, mais comme un investissement stratégique créateur de valeur, d’emplois et d’attractivité.

157 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO

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