rageants, ne reflètent pas encore l’en- semble du potentiel existant, et même si les échanges commerciaux bilatéraux ont progressé en 2025 par rapport à l’an- née précédente. Pour accélérer les flux commerciaux, les investissements bilatéraux et les parte- nariats industriels, la voie à suivre repose sur quatre axes majeurs. Premièrement, la facilitation du com- merce. Nous travaillons avec nos parte- naires marocains sur des mécanismes pratiques visant à fluidifier la circulation des marchandises, notamment à travers la mise en place d’une procédure de fast track et le traitement accéléré de tout problème dans les échanges com- merciaux, dans le cadre d’une coordi- nation renforcée entre les points focaux compétents entre les deux pays, et aussi une discussion sur la reconnaissance mutuelle des certificats de conformité. Du côté égyptien, nous avons déjà consi- dérablement réduit les délais de dédoua- nement. Deuxièmement, le rééquilibrage par l’ouverture. L’Égypte a clairement expri- mé sa volonté d’accroître ses importa- tions en provenance du Maroc, notam- ment dans les secteurs comme l’auto- mobile et la pêche. Nous considérons le Maroc comme un partenaire privilégié et prioritaire. Il convient de noter à cet égard que les exportations marocaines vers l’Égypte ont atteint environ 123 mil- lions de dollars en 2025, contre près de 59 millions de dollars l’année pré- cédente. Il est aussi à souligner que les exportations marocaines d’automobiles vers l’Égypte ont atteint environ 49 mil- lions de dollars en 2025. Ce sont des signes clairs de la volonté de rééquilibrer
la balance commerciale. Troisièmement, le renforcement des partenariats entre les secteurs privés dans les deux pays. Le partenariat éco- nomique ambitieux auquel on aspire ne pourra se réaliser sans une mobilisa- tion des acteurs du secteur privé et leur implication totale. Un premier forum d’affaires a eu lieu au Caire en mai 2025 qui a été inauguré par les ministres com- pétents des deux pays. Un deuxième est prévu au Maroc. Dans ce contexte, il est important de se focaliser sur des secteurs à fort potentiel comme les transports, l’infrastructure, les engrais, les matériaux de construc- tion, les industries électriques et élec- troniques, l’électroménager et les com- posants automobiles. En plus de l’in- dustrie agroalimentaire, la pêche ainsi que l’industrie pharmaceutique. Il est aussi souhaitable de mettre en relief les exemples réussis de partenariats et d’in- vestissement entre les deux pays, et d’en tirer les leçons, comme l’implantation du Groupe Attijariwafa bank en Égypte dans le domaine de la banque et de l’as- surance, la présence du groupe maro- cain Intelcia en Égypte dans le domaine de l’offshoring ou l’implantation des groupes égyptiens Édita et Pickalbatros, respectivement dans l’industrie alimen- taire et le tourisme au Maroc. Quatrièmement, il faut passer d’une simple relation commerciale à un véri- table partenariat industriel entre l’Egypte
et le Maroc. L’Égypte souhaite devenir un partenaire au sein des chaînes de valeur marocaines à travers des pro- jets de fabrication conjointe et de co- investissement. L’exemple d’Edita, qui a implanté avec succès une usine agroali- mentaire au Maroc grâce à un investisse- ment d’environ 35 millions de dollars et à un partenariat avec un acteur clé de la distribution au Maroc, à savoir le Groupe H&S, illustre parfaitement les possibili- tés existantes. F. N. H. : Comment encourager davantage les investissements croisés et l’implantation d’acteurs économiques des deux pays afin de renforcer l’inté- gration de ce partenariat ? A. N. A. : La relation entre nos deux pays ne doit pas être envisagée uniquement sous l’angle de la balance commerciale, mais à travers une vision plus large associant commerce, investissement et industrie. Et c’est précisément dans le domaine de l’investissement que nous observons certaines dynamiques de croissance prometteuses. Le Maroc met actuellement en œuvre d’importants programmes dans les infrastructures, les transports, les ports, les énergies renouvelables, le logement et les équipements sportifs, notamment dans le cadre des préparatifs liés à la co-organisation de la Coupe du monde 2030. Cela ouvre des opportunités pro- metteuses pour les entreprises égyp- tiennes dans les secteurs des travaux publics, de l’électricité, des matériaux de construction et de l’ingénierie, en s’appuyant sur une expérience déjà bien établie. L’Egypte a connu un grand essor dans le domaine de l’infrastructure
En septembre 2024, le groupe Pickalbatros a acquis plusieurs hôtels au Maroc, portant sa capacité à plus de 2.600 chambres.
Ensemble, le Maroc et l’Égypte peuvent contribuer à façonner un corridor logistique et industriel reliant l’Atlantique à la mer Rouge.
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17 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO
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