Hors Se<0301>rie 51 Final

C OOPÉRATION

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cette dernière décennie symbolisée par l’inauguration d’une nouvelle capitale. Les entreprises égyptiennes ont déve- loppé encore plus leur savoir-faire et expérience dans ce domaine. L’entreprise The Arab Contractors en est un exemple. Présente au Maroc depuis plus de vingt ans, l’entreprise a contri- bué à la réalisation de plusieurs projets majeurs, notamment la ligne ferroviaire à grande vitesse Kénitra-Tanger, l’aéro- port de Nador, des tours électriques à haute tension ainsi que le nouveau bâti- ment de l’ambassade d’Égypte à Rabat. Pour approfondir cette intégration, plu- sieurs pistes sont à l’étude, notamment la création d’un comité conjoint de coo- pération en matière d’investissement ainsi que l’examen de la mise en place de zones logistiques réciproques dans les ports des deux pays, notamment à Tanger et Alexandrie. Une idée qui serait prometteuse consiste à créer une plateforme ou une société logistique égypto-marocaine commune destinée à consolider et redistribuer les marchandises à destination des mar- chés africains, en combinant l’accès de l’Égypte à l’Afrique orientale avec le puissant réseau logistique du Maroc vers l’Afrique de l’Ouest. F. N. H. : La récente mission économique réunissant 33 entreprises égyptiennes des secteurs de l’agroa- limentaire et du packaging illustre une volonté de rapprochement entre les acteurs économiques des deux pays. Quels enseignements tirez-vous de cette initiative et quels secteurs vous paraissent aujourd’hui les plus prometteurs pour renforcer davantage la coopération économique maroco- égyptienne ? A. N. A. : Cette mission, organisée à Casablanca du 8 au 12 juin 2026, a consti- tué une traduction concrète et pratique de la volonté que j’ai évoquée, de renfor- cer les liens entre les communautés d’af- faires des deux pays. Elle s’inscrit dans la continuité du succès de la première édition organisée en 2023 et a bénéficié de la coopération du Conseil des expor- tations des industries alimentaires, du Conseil des exportations de l’emballage et de l’impression, de l’Autorité natio- nale de sécurité alimentaire ainsi que de la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc. Le premier enseignement est le niveau élevé de confiance dont jouissent déjà les produits égyptiens sur le marché maro- cain. Comme l’a souligné le représentant

de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) lors de la séance d’ouverture de la mission, l’Égypte occupe la première place parmi les pays exportateurs de produits ali- mentaires vers le Maroc via le port de Casablanca, avec environ 17.730 dos- siers d’importation couvrant quelque 1,6 million de tonnes de marchandises cumulées, et un taux d’acceptation de 98,23% sur la période 2020-2026. Le deuxième enseignement est que la présence sur le terrain est essentielle. Les rencontres directes entre les entre- prises égyptiennes et les importateurs, distributeurs et grandes enseignes de distribution marocains, ainsi que la visite du marché de Derb Omar, permettent à nos entreprises de mieux comprendre les attentes du consommateur marocain ainsi que la structure du marché. En ce qui concerne les secteurs les plus prometteurs, l’industrie agroalimentaire demeure un domaine de coopération particulièrement porteur, notamment dans les produits transformés à forte valeur ajoutée, les préparations à base de chocolat et de cacao, les produits à base de pommes de terre transformées, les

jus et concentrés, les légumineuses ainsi que les levures. En même temps, la mission a été l’occa- sion d’explorer des partenariats de long terme entre entreprises égyptiennes et marocaines qui s’accompagnent d’in- vestissements conjoints et partenariats industriels pour partir ensemble à la conquête de marchés tiers, notamment en Afrique et en Europe. Cet un aspect important et qui reflète la volonté de forger un partenariat de long terme avec le Maroc au-delà des simples échanges commerciaux. F. N. H. : Comment analysez-vous la montée des investissements égyptiens au Maroc, illustrée notamment par l’expansion du groupe Pickalbatros Hotels & Resorts à travers l’acquisition et la rénova- tion d’actifs hôteliers stratégiques ? A. N. A. : L’Egypte et le Maroc ont en com- mun d’être de grands pays de tourisme. Les deux pays viennent en tête des des- tinations touristiques dans le continent africain. L’Égypte possède de grands groupes dans ce secteur qui s’intéressent de plus en plus au marché marocain et y voient un grand potentiel comme vous l’avez souligné. Cette progression reflète une lecture stratégique du marché marocain par les investisseurs égyptiens. Ils considèrent le Maroc comme un pays stable, doté d’un environnement favorable à l’investisse- ment et offrant de nombreuses oppor- tunités. Sa proximité géographique avec

Le Maroc constitue une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest, tandis que l’Égypte représente une voie naturelle d’accès aux marchés de l’Afrique de l’Est.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 18

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