mique croissante de coopération entre les deux écosystèmes. Un exemple particulièrement significatif est le partenariat stratégique conclu entre la société égyptienne Money Fellows et la société marocaine Wafacash afin de digitaliser les systèmes traditionnels d’épargne collective marocains, connus sous le nom de «Daret». Après l’obten- tion de l’approbation réglementaire de Bank Al-Maghrib, cette initiative vise à renforcer l’inclusion financière grâce à un modèle numérique sécurisé et régle- menté, combinant l’expertise technolo- gique éprouvée de Money Fellows en Égypte, où la plateforme compte plus d’un million d’utilisateurs, avec le vaste réseau de distribution de Wafacash au Maroc. À l’échelle de l’écosystème entrepre- neurial, la coopération se renforce éga- lement à travers le Atlas-Nile Venture Forum, lancé par le fonds égyptien Algebra Ventures et le fonds marocain Al Mada Ventures. Cette initiative vise à promouvoir l’investissement trans- frontalier et à accompagner l’expansion régionale des startups en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne. Les deux fonds ont déjà co-investi dans plusieurs startups marocaines, notam- ment YoLa Fresh et Deepecho, tandis qu’Al Mada Ventures a également élargi ses investissements à des startups égyp- tiennes, illustrant une tendance crois- sante vers les investissements croisés. Encore une fois, ce foisonnement de collaborations gagnerait à être mieux connu, car il est révélateur d’un vrai appétit d’investissements et partenariats entre les acteurs économiques des deux pays dans ce secteur. F. N. H. : À l’approche de plusieurs rendez-vous économiques africains majeurs, dont le African Business Forum, comment analysez-vous l’évolution de la coopération intra-africaine et les nouvelles opportunités qu’elles pourraient offrir à des parte- nariats comme celui entre le Maroc et l’Égypte ? A. N. A. : Le continent connaît des initia- tives importantes pour l’accélération de l’intégration économique africaine. La Zone de libre-échange continentale afri- caine réunit plus de 1,4 milliard de per- sonnes et représente un produit intérieur brut combiné de plus de 3.400 milliards de dollars. Pourtant, le commerce intra- africain ne représente encore qu’environ 15 à 16% des échanges du continent,
magasins au Maroc et ambitionne de porter ce réseau à plus de 600 points de vente. On a aussi mentionné l’exemple d’Edita, qui a implanté avec succès une usine agroalimentaire au Maroc grâce à un investissement d’environ 35 millions de dollars et possède un partenariat avec un acteur clé de la distribution au Maroc, le Groupe H&S. F. N. H. : Comment percevez-vous l’émergence d’une nouvelle dynamique de coopération entre les fonds d’investissement égyptiens et les startups marocaines, notamment dans les domaines de la technologie et de l’économie numérique, à la suite des échanges initiés lors du Gitex Africa Morocco 2026 ? A. N. A. : La participation égyptienne au Gitex Africa 2026 s’est distinguée par la présence de plusieurs entreprises égyp- tiennes de premier plan, illustrant un intérêt clair pour ce salon et son posi- tionnement important vers les marchés africains et européens plus larges. Cet engagement s’inscrit dans le contexte du développement remarquable du sec- teur égyptien des technologies de l’infor- mation, notamment dans les domaines de la fintech, de l’intelligence artificielle, du commerce électronique, de l’EdTech, de la santé numérique et de l’externali- sation des processus métier, qui consti- tuent désormais des piliers essentiels d’un écosystème d’innovation en pleine expansion et de plus en plus compétitif. Dans ce contexte, l’ambassade d’Égypte à Rabat considère la participation au Gitex Africa comme une opportunité importante et œuvre pour une présence égyptienne plus structurée et plus visible lors des prochaines éditions du salon. Notamment à travers la création éven- tuelle d’un pavillon national dédié et d’un forum d’échange entre startups égyptiennes et marocaines et les inves- tisseurs des deux pays. Une telle initia- tive permettrait de renforcer davantage la visibilité des entreprises égyptiennes et de développer les liens d’affaires avec leurs homologues marocaines. Plusieurs développements issus de l’édi- tion 2026 témoignent déjà de cette dyna-
l’Europe et les nombreuses liaisons aériennes avec ce marché sont aussi de grands atouts. La perspective de la tenue de la Coupe du monde en 2030 présente également des opportunités importantes dans le domaine du tourisme. L’exemple du groupe Pickalbatros est particulièrement significatif. En sep- tembre 2024, le groupe a acquis plusieurs hôtels au Maroc, portant sa capacité à plus de 2.600 chambres. Aujourd’hui, il possède ou gère plus de sept établisse- ments dans le Royaume. En février 2026, le groupe a signé un accord pour l’acquisition du Sofitel Casablanca Tour Blanche, et il a acquis aussi le Movenpick Casablanca. Plusieurs informations publiées au cours de l’année 2026 font état de nouveaux projets d’expansion à Casablanca dans le cadre d’un programme d’investisse- ment supplémentaire, à savoir le Parc Sindibad. Cette stratégie le place parmi les plus importants investisseurs hôte- liers étrangers au Maroc. Il faudrait également mentionner le consortium dirigé par l’ingénieur Samih Sawiris, aux côtés de l’homme d’af- faires égyptien Hossam El Shaer, et de l’homme d’affaires émirati Noweis qui développe actuellement le projet touris- tique Mogador Essaouira, dont la valeur totale approche les 400 millions de dol- lars. Dans le secteur de la distribution, l’enseigne égyptienne de hard-discount Kazyon exploite désormais plus de 300
Le groupe égyptien Edita a investi près de 35 millions de dollars dans une unité agroalimentaire au Maroc,
en partenariat avec le Groupe H&S.
Plusieurs pistes sont à l’étude, notamment la création d’un comité conjoint de coopération en matière d’investissement entre les deux pays.
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19 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO
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