gration économique et les partenariats entre les acteurs du secteur privé en Afrique. L’Egypte accorde une grande importance à la participation active du secteur privé marocain dans ce forum, et nous coordonnons cette participation avec la CGEM. Prévu en juin, le Forum a été reporté à une date ultérieure en raison des risques sanitaires liés à Ebola. Et dans le domaine du commerce en ligne, la plateforme égyptienne de com- merce électronique Taager a lancé ses activités à Casablanca en décembre 2025. Cette diversification des investisse- ments, tourisme, immobilier, distribu- tion, industrie alimentaire et techno- logie, démontre que la confiance des investisseurs égyptiens dans le marché marocain est à la fois large et durable. Il est à noter que la plupart de ces inves- tissements ne sont pas assez connus du grand public et gagneraient à mieux l’être, notamment dans les médias, car ils reflètent le grand potentiel du parte- nariat économique entre les deux pays et les bénéfices mutuels de ces investis- sements qui contribuent à l’essor écono- mique du Maroc. F. N. H. : Dans un contexte international marqué par les recompositions géopolitiques et économiques, comment l’Égypte perçoit-elle aujourd’hui le rôle du Maroc en tant que partenaire stratégique en Afrique ? A. N. A. : À une époque caractérisée par les tensions géopolitiques, la polarisation et les incertitudes, l’Egypte considère le Maroc comme un partenaire privilégié dans les efforts visant à faire avancer la paix, la sécurité et le développement et renforcer la stabilité dans le monde arabe et en Afrique. Le Maroc est un partenaire clé, notamment dans la lutte contre le terrorisme. Les visites ministérielles régulières sont l’opportunité de concertations entre les autorités des deux pays. L’année écoulée a été marquée par une intensification des visites officielles. Côté égyptien, elle s’est notamment traduite par la visite du ministre des Affaires étrangères au Maroc en mai 2025, ainsi que par deux déplacements du ministre de l’Investissement et du Commerce extérieur au cours de la même année. La tenue de la première session du Comité de coordination et de suivi, au Caire le 6 avril dernier, coprésidée par
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continentale. En effet, le Maroc consti- tue une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest et figure parmi les principaux points d’ancrage des exportations égyp- tiennes vers le continent, tandis que l’Égypte représente une voie naturelle d’accès aux marchés du COMESA en Afrique de l’Est. Ensemble, les deux pays peuvent contri- buer à façonner un corridor logistique et industriel continental reliant l’At- lantique à la mer Rouge, soutenu par des initiatives telles que la création de zones logistiques réciproques à Tanger et Alexandrie ainsi que par des projets logistiques conjoints destinés aux mar- chés africains. Cette coopération fait ainsi du partena- riat maroco-égyptien un pilier concret de l’intégration africaine, porté par deux des principales économies commer- ciales du continent agissant dans une logique de coordination plutôt que de concurrence. Il est à souligner que l’Egypte va aussi accueillir le Forum Afrique d’Alamein (Alamein Africa Forum - GO63), qui est un grand rendez-vous économique et d’investissement africain organisé à El Alamein, en marge du sommet de coor- dination de l’Union Africaine. Son objec- tif est de réunir dirigeants politiques, investisseurs, institutions financières et chefs d’entreprise pour promouvoir le commerce, les investissements, l’inté-
Ahmed Nihad Abdel-Latif a présenté, le 26 février 2026, ses lettres de créance à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, au Palais Royal de Rabat, en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République arabe d’Égypte auprès du Royaume du Maroc.
contre plus de 60% en Europe et en Asie. À mon sens, la coopération intra- africaine autour de la Zone entre aujourd’hui dans une phase plus concrète de mise en œuvre. L’Egypte et le Maroc jouent un rôle de premier plan à cet égard. La réunion ministérielle de la Zone qui s’est tenue en Égypte en septembre 2025 a vu l’émergence d’un accord décisif sur les règles d’origine dans les secteurs du textile et de l’auto- mobile. Le Business Forum de la ZLECAf, dont deux éditions se sont tenues à Marrakech, apporte également une contribution importante à ces efforts de mise en œuvre. En décembre 2025, l’Égypte a partici- pé de manière remarquée au Forum, à travers une délégation de haut niveau conduite par le ministre de l’Investis- sement et du Commerce extérieur, accompagnée de hauts responsables et de plus de quarante chefs d’entreprise égyptiens. Cette visite a combiné la par- ticipation aux séances du Forum avec la coprésidence du Comité commercial égypto-marocain, illustrant l’implica- tion croissante des gouvernements et du secteur privé des deux pays. La forte présence des représentants du monde des affaires égyptien a également mis en évidence l’intérêt grandissant pour le Maroc en tant que porte d’entrée straté- gique vers l’Afrique de l’Ouest. C’est dans ce contexte que le partena- riat entre l’Égypte et le Maroc acquiert une dimension stratégique qui dépasse largement le cadre bilatéral. Les deux économies présentent une forte com- plémentarité au service de l’intégration
L’Égypte souhaite devenir un partenaire au sein des chaînes de valeur marocaines
à travers des projets de fabrication conjointe et de co-investissement.
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FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 20
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