Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

Hamid Bentahar

«Nous devons attirer les ‘‘Achraf Hakimi’’ du tourisme mondial»

Porté par des performances qui dépassent déjà les objectifs de la feuille de route, le tourisme marocain entre dans une nouvelle phase de son développement. Pour Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme, le Royaume doit désormais accélérer les investissements, diversifier ses marchés émetteurs, attirer les meilleurs talents et miser sur des projets de plus grande envergure afin de consolider sa position parmi les destinations mondiales les plus attractives.

pour faire venir les touristes. Nous devons nous donner les moyens pour aller chercher les clients plus loin. Il faut savoir qu’aujourd’hui, la grosse part de notre tourisme vient de l’Europe. Nous devons donc diversifier notre offre. Il y a quelques connexions au niveau des États-Unis, mais c’est largement en dessous du potentiel. Car c’est quand ça marche qu’il faut semer les graines de la résilience et s’assurer de diversifier notre offre pour ne pas être dépendant d’un marché et d’une région. Beaucoup de personnes pensent que l’in- dustrie du voyage et de l’hospitalité est une industrie fragile. C’est faux. C’est la gestion que nous faisons de cette indus- trie qui peut la rendre fragile. Si nous investissons maintenant pour diversifier les routes, les marchés, le jour où il y a une crise dans une région du monde, nous aurons la possibilité de rebondir et d’avoir d’autres solutions. Notre dépendance de l’Europe est une opportunité. Nous avons misé sur la proximité et nous l’avons saisie. Il faut continuer à croître en Europe, mais mul- tiplier aussi par dix les liaisons sur l’Amé- rique latine, l’Amérique du Nord, l’Asie. Deuxièmement, il faut imaginer des pro- jets plus grands. Nous avons besoin de projets hôteliers d’une autre dimension, qui permettent d’attirer les meilleurs talents marocains, les ‘Achraf Hakimi’ du tourisme. Ils existent dans le monde, il suffit juste de les attirer. Pour pouvoir avoir les meilleurs joueurs dans le cham- pionnat national du tourisme, il faut for- mer les meilleurs talents et les garder, parce que dans notre industrie, c’est vrai- ment ceux qui ont les meilleures équipes qui gagnent. En termes de bureaucra- tie, nous devons réduire les délais. Nous pouvons faire beaucoup mieux dans la rapidité de traitement des dossiers des investisseurs et dans la mise à disposi- tion. Aussi, il existe certaines procédures qui ne sont pas forcément utiles et qui méritent d’être revues. Il faut absolument que nous œuvrions

de gestion, d’architecture, de design, etc. L’industrie du voyage et de l’hospitalité fédère beaucoup d’expertises très diffé- rentes qui vont de la phase conception, développement, architecture, design à l’aménagement et à l’exploitation. Il y a aujourd’hui au Maroc, grâce aux performances et à cette discipline, une demande de marché qui est en crois- sance permanente. Il existe une flexibilité opérationnelle parce que nous notons la manière, très disciplinée, très structu- rée, dont le gouvernement investit dans l’aérien, dans la promotion. Les investisseurs en général ont besoin de stabilité et il la trouve dans notre pays, parce que c’est la deuxième monarchie la plus ancienne au monde. Ce que veulent les investisseurs également, c’est une demande de marché qui soit importante et activée régulièrement. En tout cas, nous souhaitons passer un message : à savoir qu’il est temps de viser plus grand, plus haut, d’imaginer des projets avec un plus fort impact, de tailles plus importantes, à l’image des stades. Nous avons changé de dimension, avec les établissements hôteliers, nous devons en faire de même. F. N. H. : Le Maroc a accueilli 19,8 millions de touristes en 2025, un record historique. Peut-on encore parler de feuille de route quand les objec- tifs sont dépassés avant terme ? H. B. : Aujourd’hui, nous avons deux ans d’avance par rapport à la feuille de route. Nous avons prouvé à travers cette pre- mière feuille de route que la demande existe, l’envie du Maroc est là. Mais pour la convertir, il faut investir dans les avions, mettre en place des moyens de promo- tion pour aller acquérir des clients. Il faut construire ces nouvelles routes aériennes

Finances News Hebdo : Quel message voulez-vous adresser aux investisseurs et aux développeurs internationaux qui regardent le Maroc en ce moment ? Hamid Bentahar : Le Maroc est une terre d’opportunités pour l’industrie du voyage et de l’hospitalité, mais pas que. Grâce à la vision royale, nous remarquons une vraie expertise, une discipline d’exécu- tion qui s’est développée. Un écosys- tème à la fois d’expérience en termes de financement, de conseils, d’opérateurs,

Il est temps de viser plus grand, plus haut, d’imaginer des projets avec un plus fort impact, de tailles plus importantes, à l’image de ce que nous avons fait avec les stades.

FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 38

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