Hors Se<0301>rie 51 Final

ensemble, public et privé, pour attirer un maximum d’investisseurs internationaux.

Rabat et elle est bien lancée. Il y a tous les grands (Waldorf Astoria, Fairmont, Four Seasons) qui sont à Rabat ou veulent y être. La ville a juste besoin d’animation. À Fès, la ville détient le plus grand réser- voir de croissance; c’est une opportunité pour tous les investisseurs. Elle va surprendre tout le monde dans le futur avec son potentiel exceptionnel. L’ouverture du Palais Jamaï va lui être bénéfique, puisqu’elle a besoin d’une locomotive. Si vous regardez bien les performances en termes d’occupation et de rentabilité des établissements qui sont bien gérés à Fès, il y a de quoi faire rêver beaucoup d’investisseurs qui sont dans d’autres destinations. F. N. H. : Tanger, Rabat, Fès…, nous voyons des villes longtemps secondaires se transformer. Quel est le modèle de montée en gamme qui fonctionne ? H. B. : Notre hôtellerie moyenne gamme est de très bonne qualité. Il y a aussi de la place au Maroc pour faire des 4 étoiles d’excellente qualité, du 5 étoiles et même du palace (ultra luxe). L’idée n’est pas de faire que du luxe, mais de diversifier notre offre pour répondre à tous les segments de voyageurs, pour que chacun puisse avoir le bon produit touristique. A la Confédération, nous considérons que la loi sur la résidence adossée, qui a été faite pour les 5 étoiles, devrait être

ouverte aux 4 étoiles pour donner la pos- sibilité aux investisseurs de développer des produits 4 étoiles avec du résidentiel immobilier adossé. Ce produit sera le plus adapté à la classe moyenne maro- caine qui cherche des produits famille ou des appartements avec de l’anima- tion. Nous estimons aussi qu’il existe un énorme réservoir de croissance à déve- lopper sur le produit 4 étoiles, le résiden- tiel adossé et l’animation, pour répondre à la fois aux besoins de la clientèle natio- nale, mais aussi la clientèle européenne, avec le segment famille. F. N. H. : Le Maroc vise 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030. Quelle est votre ligne rouge, le seuil à partir duquel la croissance en volume devient un problème plutôt qu’une victoire ? H. B. : Au Maroc, nous sommes encore très loin. La France enregistre plus d’un touriste par habitant. L’Espagne reçoit un touriste et demi par habitant. La Grèce, 4 touristes, et la Croatie, 5 touristes par habitant. Des pays enre- gistrent même 10 touristes par habitant. Au Maroc, nous sommes encore loin du minimum qui est de 1 touriste par habitant. Aujourd’hui, nous sommes 40 millions de Marocains et nous visons à peine 26 millions de touristes à l’horizon 2030. La question est de bien gérer les flux parce que nous pouvons perdre un nombre de touristes sur une ou deux destinations. L’important est d’avoir une meilleure répartition des flux pour que cela soit agréable pour les habitants et aussi pour les visiteurs en termes d’expérience, et que la prospérité soit partagée avec les différentes régions.

Le Maroc doit diversifier son offre pour répondre à tous les segments de voyageurs.

F. N. H. : La feuille de route touristique vise 200.000 emplois directs et place le capital humain au cœur de ses priorités. Mais la montée en gamme exige des profils de plus en plus quali- fiés. La formation suit-elle ? H. B. : Des efforts ont été faits au niveau de la formation. Dans la feuille de route, nous avons mis en place un certain nombre de programmes avec l’Office de la formation professionnelle et de la pro- motion du travail (OFPPT) pour dévelop- per les filières qui fonctionnent, comme à l’Institut supérieur international de tourisme (ISIT). D’ailleurs, nous devons multiplier des écoles de ce niveau dans toutes les régions du Maroc. Le tourisme est un domaine sur lequel nous devons capitaliser davantage, pas seulement en termes de formation, ni de montée en gamme, mais de montée en taille. Il est évident que la taille permet d’avoir les meilleurs talents et d’atteindre le meilleur encadrement qui nous per- mettra de former la nouvelle génération d’acteurs. Dans cette vision que nous défendons, nous avons besoin également d’autoriser des projets à usage mixte qui vont inté- grer à la fois de l’immobilier touristique, de l’animation, de l’hôtellerie, du retail. F. N. H. : Rabat opère une percée remarquable avec trois hôtels primés dans les Forbes Travel Guide 2026, et Fès s’impose comme destination phare de 2026 après un vaste programme de rénovation patrimoniale. Ces distinctions traduisent-elles une montée en gamme struc- turelle ? H. B. : La pépite, c’est indéniablement

Il faut continuer à croître en Europe. Mais il faut multiplier par dix les liaisons sur l’Amérique latine, l’Amérique du Nord et l’Asie.

39 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO

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