Hors Se<0301>rie 51 Final

T OURISME

Tourisme domestique

«Pour stimuler la demande interne, il faudrait une désynchronisation des vacances scolaires» En 2025, le Royaume a accueilli environ 19,8 millions de touristes, avec des recettes touristiques de l’ordre de 138 milliards de dirhams. Quelle est la part des Marocains dans cette

pour les familles nombreuses, avec deux adultes et trois enfants, ou bien permettre aux familles qui voyagent ensemble de pouvoir partager de grandes unités pour que ça revienne moins cher par personne. Nous remarquons que dans les stations balnéaires comme celles de Tamouda Bay, de Saïdia, ou d’Agadir, rapidement, les appartements, les maisons, les héber- gements disponibles, arrivent à satura- tion. Pendant la saison estivale, les capa- cités affichent toutes 100% d’occupation, les prix s’envolent parce qu’il n’y a pas assez d’offre. C’est le serpent qui se mord la queue, parce qu’il est difficile d’investir massive- ment dans de l’immobilier touristique sur ces zones, si c’est pour les remplir seule- ment deux mois par an. Ce qu’il faudrait, ce sont des mécanismes d’aide à l’investissement, pour que cela puisse être rentable, même si dans un premier temps on n’en remplit que deux ou trois mois par an, et ensuite mettre en place d’autres mécanismes. F. N. H. : Le prix reste souvent cité comme obstacle au tourisme interne. Est-ce une réalité selon vous ? O. I. Gh. : C’est une réalité qui est directe- ment liée à la capacité, puisque le pro- blème pour le tourisme interne, c’est le manque de capacité. Il n’y a pas suffisamment d’établisse- ments, d’hébergements touristiques adaptés à la demande interne. Il faut sou- tenir l’investissement pour développer de façon massive, notamment sur les stations balnéaires, les hébergements adaptés à ce type de clientèle, sur une période bien particulière qui est l’été. La saisonnalité, c’est toujours un handi- cap pour le développement du tourisme. Mais il ne faut pas oublier qu’ailleurs dans le monde, il y a des destinations qui se sont très bien développées, alors qu’elles

équation ? Qu’est-ce qui les pousserait à voyager davantage dans le Royaume ? Entretien avec Othmane Ibn Ghazala, vice-président de la Confédération nationale de tourisme et président délégué de la Fédération nationale des agences de voyages.

Finances News Hebdo : Le Marocain voyage-t-il suffi- samment dans son propre pays ? Quel regard portez- vous sur la demande interne aujourd’hui ? Othmane Ibn Ghazala : Le Marocain voyage suffisamment. Officiellement, les nuitées réalisées au Maroc par les Marocains s’élèvent à environ 35% du nombre total de nuitées. Dans ce cas, nous évoquons uniquement des établissements d’héber- gement touristique classés. Si nous rajoutons toute la partie infor- melle, ce chiffre pourrait peut-être large- ment dépasser les 55%, ce qui rejoint, plus ou moins, les chiffres des pays les plus

développés sur le plan touristique, où la demande nationale représente entre 50 et 70% de la demande totale. Pour des pays qui reçoivent beaucoup de touristes étrangers, comme la France, le tourisme national représente quand même environ 53% du nombre total de nuitées réalisées en France. Au Maroc, la plupart des locations saison- nières, comme les appartements ou villas en location ne sont pas comptabilisées. De plus, énormément de riads sont non classés, ainsi que des maisons d’hôtes ou des auberges dans l’arrière-pays ne sont pas comptabilisés non plus. Il faut noter aussi que pendant l’été, la plupart des appartements qui sont loués sur la côte méditerranéenne ne rentrent pas dans cette statistique. Nous pouvons dire que les Marocains contribuent largement au tourisme national et qu’ils voyagent suf- fisamment. F. N. H. : Quels sont les freins principaux qui empêchent les Marocains de choisir une destination nationale plutôt qu’une destination étrangère ? O. I. Gh. : Ce qui empêche les Marocains de voyager davantage au Maroc, c’est l’ab- sence d’une offre adaptée à leur façon de voyager et à leur pouvoir d’achat. Ce sont, dans la plupart des cas, des familles nombreuses. Pour que les Marocains choisissent une destination nationale, il faudrait favo- riser l’investissement dans les clubs de vacances, dans les complexes touristiques adaptés aux familles, avec des appart- hôtels, des grands chalets. Ce serait l’idéal

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