Hors Se<0301>rie 51 Final

ne fonctionnent que sur une saison don- née. En hiver pour les stations de ski et en été pour les stations balnéaires. Après, les gouvernements ont mis en place des mécanismes et des programmes pour développer ces zones pendant les saisons basses. Pour les stations de ski, il y a des produits de haute montagne, comme la randon- née, le cyclotourisme, ... pour développer ces régions en dehors des périodes où il neige. Et pour les stations balnéaires, ils ont rempli tout le long de l’année avec du tourisme corporate, de l’événementiel, du tourisme sportif, etc. F. N. H. : Quels mécanismes devrions-nous mettre en place pour stimuler la demande interne ? O. I. Gh. : Il faudrait déjà commencer par des mécanismes de soutien à l’investissement pour pouvoir soutenir massivement l’offre de produits touristiques adaptés. Il y a des mécanismes tout simples à mettre en place et qui auraient un impact conséquent sur l’équilibre des prix et de la demande, comme la désynchronisation des vacances scolaires. Il s’agit de mettre en place des zones qui prennent leurs vacances scolaires de façon décalée pour que la demande nationale ne soit pas concentrée sur les mêmes semaines. Aujourd’hui, le Maroc entier voyage sur les mêmes semaines pendant les vacances scolaires, alors que si nous étalions cela sur trois zones, sur trois semaines, les capacités arriveraient moins facilement à saturation. Les prix seraient plus corrects et tout le monde pourrait voyager à des moments différents. Au lieu qu’un hôtel fasse 100% de taux de remplissage, qu’il vende plus cher, qu’il se retrouve obligé de refuser d’autres demandes, et que cela reste concentré uniquement sur une semaine. Il ven- drait peut-être un peu moins cher, et il remplirait sans doute un tout petit peu moins, mais sur trois semaines. L’hôtel remplit mieux, en moyenne, sur ces trois semaines, et les gens voyagent plus et moins cher. Ensuite, il y a des mécanismes qui ont été mis en place ailleurs, comme le chèque- vacances, qui marche très bien. Cet outil est défiscalisé pour les employeurs et c’est utilisable uniquement au sein des établis- sements touristiques classés. Cela orienterait les voyageurs vers des hébergements touristiques classés et qui créent de l’emploi. Cela permet à une cer- taine catégorie de la population de goûter à une offre hôtelière et à une nouvelle

F. N. H. : À l’heure des plateformes en ligne, quel est le rôle spécifique que peut jouer l’agent de voyages pour dynamiser le tourisme interne ? O. I. Gh. : L’agent de voyage a la capacité d’acheter en amont un certain nombre d’unités, des allotements, et de pouvoir les revendre à des prix très intéressants. Cette distribution peut se faire à travers des pla- teformes publiques ou développées par certaines agences elles-mêmes. Il y a des agences marocaines qui sont particulière- ment dynamiques sur ce segment. Il faut penser au digital en règle générale. Les agences de voyages peuvent aussi travailler en pool (collectivement) pour être encore plus compétitives et avoir une force de frappe plus importante en termes de distribution. Chose qu’elle peuvent faire quand elles maîtrisent et connaissent bien le marché marocain, le client marocain, ses attentes, ses besoins et sa culture de consommation. Elles pourront proposer des offres qui répondent à leurs besoins, avec des pro- motions en amont sur les périodes où il y a le plus de demandes, comme les vacances scolaires et l’été. Dans certaines régions, il faudrait soute- nir la demande sur les intersaisons, les «shoulder seasons», c’est-à-dire les sai- sons qui talonnent la haute saison. Pour une ville comme Saïdia, une agence de voyages peut aller acheter un certain nombre d’unités en mai et en septembre, en avril et en octobre, et faire des superbes offres particulièrement intéressantes avec le vol vers Oujda, et le transfert de l’aéro- port d’Oujda vers Saïdia. Et ce, pour inciter les gens à voyager en septembre, en mai, surtout ceux qui n’ont pas de contraintes d’enfants, des retraités, ceux qui n’ont pas de contraintes de temps ou de contraintes d’emploi, avec des tarifs particulièrement avantageux. L’agence de voyages est l’ac- teur de référence et de premier choix pour conduire un programme de désaisonali- sation dans une destination.

façon de voyager. Leur pouvoir d’achat est amélioré, et en plus, dédié au tou- risme, puisque ce sont des chèques qui ne peuvent être utilisés que dans des hôtels. Mais pour que ça se fasse bien, il faut imposer d’utiliser ces chèques-vacances seulement dans les basses saisons. Cela permettra de déverser un peu la demande sur les autres saisons qui sont moins demandées et d’aider aussi à la désaisonnalisation du tourisme. F. N. H. : Quels types de produits touristiques domes- tiques ont le plus de potentiel inexploité ? O. I. Gh. : Le produit touristique le plus inex- ploité au Maroc, c’est le «Ocean Way», le tourisme balnéaire, celui qui va exploiter de façon durable les côtes marocaines. Nous avons 3.000 km de côtes qui sont complètement sous-exploitées. La côte méditerranéenne est encore très sauvage, c’est un produit touristique recherché, mais les infrastructures manquent pour pouvoir en profiter. Il faudrait absolument structurer et plani- fier le développement touristique de ces côtes pour que cela se fasse de façon durable, en respectant le littoral, l’envi- ronnement et les populations qui sont déjà installées dans ces régions. Entre Taghazout et Tanger, il y a très peu d’hôtels pieds dans l’eau ou avec une vue sur mer qui ont une capacité suffisante pour pouvoir accueillir à la fois un tou- risme de loisirs et un tourisme d’affaires et des événements. Nous pouvons les comp- ter sur les doigts de la main. C’est anormal, vu l’attrait que représente le tourisme balnéaire partout dans le monde. Sur cette zone-là, il y a un gros potentiel à aller chercher sur la côte médi- terranéenne. te

Le Maroc dispose de 3.000 km de côtes qui sont complètement sous-exploitées.

Les Marocains contribuent largement au tourisme national et voyagent suffisamment.

49 HORS-SÉRIE N°51 / FINANCES NEWS HEBDO

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