R UPRIQUE T OURISME
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pays vise les 100.000 lits «thermaux» et 1,5 million de touristes étrangers pour le tourisme de santé, dont le thermalisme demeure une variante importante. Malheureusement, le Maroc reste en «décalage» dans ce domaine. Ahmed Akkari affirme que «les infrastructures ther- males demeurent traditionnelles et basiques dans un pays qui compte plus de 100 sources thermales». «Même concernant Moulay Yaacoub, nous ne pouvons pas dire «
qu’il s’agit d’une vraie destination thermale au sens moderne et strict du terme. Car ceci suppose une offre complète ne se limitant pas à des infrastructures thermales ou d’hébergement, mais également des possibilités plus larges en matière de loisirs, de sports, de culture» , déclare l’ancien directeur des thermes de Moulay Yaacoub. Notre source préconise de «penser à une entité étatique pour recenser précisément le patrimoine thermal, mettre en place un cadre juridique notamment pour bien délimiter le périmètre relevant de la santé et celui relatif au tourisme».
bras financiers, comme le groupe CDG, a pu être impliqué dans le secteur. Pour rappel, la CDG avait lancé un projet de réhabilitation de Sidi Harazem, impliquant les habitants du village voisin et des artistes pluridisciplinaires, porté par l’architecte Aziza Chaouni. Ce projet avait permis de redonner, temporairement, vie à l’espace. De nos jours, la filiale de la CDG, Sotherma, continue d’embou- teiller et de commercialiser l’eau minérale de table Sidi Harazem à l’échelle nationale. Et dans le monde ? La Tunisie compte 400 centres thermaux (stations thermales, bains minéraux et centres de tha- lassothérapie). En 2025, le pays a accueilli 7 millions de curistes, avec un taux de croissance de 5% entre 2024 et 2025. 70% des visiteurs sont des touristes étrangers attirés par les soins. Ahmed Akkari raconte qu’au début des années 2000, il s’était rendu à un salon spécialisé dans le domaine du thermalisme à Paris. Sur place, un stand tunisien, sous la houlette de l’ «Office tuni- sien du thermalisme et de l’hydro- thérapie». Chose qui l’a interpellé, puisque la Tunisie a «créé une entité dédiée au thermalisme alors qu’elle dispose» de «moins de ressources» . En Turquie, le pays intègre le ther- malisme dans ses objectifs aussi bien médicaux que touristiques. Selon des rapports de l’OCDE, ce
Un circuit thermal de la région Fès-Meknès est en cours de préparation.
Le modèle tunisien
La Tunisie compte 400 centres thermaux comprenant des stations thermales, des bains minéraux et des centres de thalassothérapie. L’année dernière, le pays voisin a accueilli 7 millions de curistes, dont 70% d’étrangers attirés par les soins. Le taux de croissance atteint 5% entre 2024 et 2025. A titre de comparai- son, le Maroc n’en accueille que 50.000 par an (estimation). Le pays du Jasmin a mis en place une stratégie intentionnelle, structurée et por- tée par un acteur dédié, l’Office tunisien du thermalisme et de l’hydrothérapie. Créé au début des années 2000, cet organisme a permis de labelliser les destina- tions, de normaliser les standards de qualité, de coordonner le marketing inter- national, et surtout, de lever les ambiguïtés réglementaires. Le thermalisme tunisien est devenu une marque, une destination prisée. D’ailleurs, l’office tunisien travaille sur la promotion d’une manière soutenue, en participant à tous les grands salons internationaux du thermalisme. La Tunisie a compris que le thermalisme n’est pas une activité secondaire à lais- ser aux initiatives privées fragmentées. Le leadership thermal ne vient pas des ressources naturelles seules, mais d’une vision stratégique, d’une gouvernance dédiée, et d’un engagement durable.
FINANCES NEWS HEBDO / HORS-SÉRIE N°51 98
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