POLITIQUE
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FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026
quement par suffisamment d’opportunités sur le mar- ché du travail ? Et comment concilier les investissements massifs liés aux infrastructures et aux échéances internationales avec les attentes sociales immédiates ? Voilà le véritable contrat de coalition. Le retour d’une opposi- tion plus consistante Autre donnée nouvelle : le prochain gouvernement pourrait avoir face à lui une opposition plus visible. Le PJD, qui ne disposait que de 13 sièges après les élec- tions de 2021, en compte désormais 54. Le contraste avec le précédent scru- tin est saisissant, d’autant qu’il multiplie par plus de quatre sa représentation parlementaire. Ce résultat replace incontestablement le PJD dans le jeu politique national. Il lui permet sur- tout de retrouver une assise parlementaire suffisante pour peser davantage dans les débats de la prochaine législature. Malgré cette remontée, le PJD ne participera pas aux tractations visant à consti- tuer la prochaine majorité gouvernementale. Réuni en session extraordi- naire samedi 26 septembre, son Conseil national a approuvé à l’unanimité la décision de ne pas parti- ciper au prochain gouver- nement et de siéger dans l’opposition. Une orientation que le secrétaire général, Abdelilah Benkirane, avait défendue dès l’annonce des résultats, en excluant
notamment toute partici- pation à un gouvernement dirigé par le PAM. Le choix est politiquement cohérent avec la stratégie suivie durant la législature écoulée. Après son effondre- ment de 2021, le PJD avait fait de l’opposition le prin- cipal terrain de sa recons- truction. Les urnes montrent qu’une partie de cette stra- tégie a porté ses fruits. Son choix de rester dans l’opposition lui offre désor- mais une autre opportunité: capitaliser sur cette dyna- mique et tenter de s’imposer comme le principal contre- poids politique à la future majorité. Cela change la physionomie du Parlement. Une majorité confortable peut parfois s’installer dans une forme de tranquillité politique. Une opposition renforcée oblige davan- tage à expliquer, défendre et justifier les décisions. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. La démocratie parlementaire fonctionne aussi avec du bruit. Parfois beaucoup de bruit. Les prochains jours seront donc ceux des rencontres, des déclarations soigneuse- ment calibrées, des portes entrouvertes et des portes officiellement fermées mais que l’on évitera probable- ment de verrouiller. C’est la politique. Les partis négocieront leur place, leurs priorités et leurs ministères. Rien de plus nor- mal dans un régime par- lementaire où aucune for- mation ne détient seule la majorité. Mais une fois les fau- teuils attribués, une réalité beaucoup moins protoco- laire attendra le prochain Exécutif. Cette réalité, c’est le pouvoir d’achat qui s’érode, le chômage des jeunes ou encore l’urgence de réformer le système de retraite. ◆
Aucun parti ne disposant seul de la majorité, la formation du prochain gouvernement passera par le jeu des alliances et des compromis.
sérieuses commenceront. Car l’expérience politique marocaine l’a souvent mon- tré : disposer d’une majorité parlementaire est une chose, mais disposer d’une majo- rité politiquement cohérente en est une autre. On peut additionner des sièges sans additionner les visions. Un parti peut vouloir réduire certains impôts quand un autre privilégie l’augmenta- tion des dépenses sociales. L’un peut défendre une accélération des réformes structurelles quand son par- tenaire réclame davantage de prudence sociale. Et tout le monde peut être favorable à l’investissement, à l’em- ploi et au pouvoir d’achat jusqu’au moment où arrive
la question qui fâche : qui paie ? C’est précisément pour cette raison que les tractations vont largement dépasser la répartition des portefeuilles et amener à répondre à quelques questions simples. Quelle politique écono- mique pour les cinq pro- chaines années ? Quelle tra- jectoire pour les finances publiques ? Jusqu’où pour- suivre l’extension de l’Etat social ? Comment financer les engagements pris pen- dant la campagne ? Que faire du dossier explosif des retraites ? Comment accélérer la créa- tion d’emplois alors que la croissance économique ne se traduit pas automati-
Réuni en session extraordinaire samedi 26 septembre, le Conseil national du PJD a approuvé à l’unanimité la décision de ne pas participer au prochain gouver- nement et de siéger dans l’opposition.
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