FNH N° 1248 ok

POLITIQUE

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FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026

Je ne veux rien dire d'incor- rect sur le successeur : je pointe simplement un pro- blème de timing, qui aurait pu intervenir plus tard. Cette situation a créé une forme de zizanie, de déséquilibre interne, dont les résultats obtenus ne sont que le reflet. Le RNI traverse sans doute une mue, une transition, et il devra en tirer les consé- quences. Cela dit, il devrait naturellement faire partie de la prochaine coalition gou- vernementale. F. N. H. : Une alliance entre le PAM et le PJD, un temps évoquée, est- elle un scénario réaliste ? M.Z.A. : Cette question me semble aujourd'hui dépas- sée. Le PJD a choisi le camp de l'opposition. Les frictions idéologiques et les accusa- tions que le PJD a proférées à l'encontre des cadres et symboles du PAM, notam- ment de la part de Mustapha Ramid, rendent paradoxale l'idée d'une alliance gouver- nementale entre ces forma- tions. C'est un scénario très, très lointain. F. N. H. : Le programme du PAM est chiffré à 350 milliards de dirhams, financés à 85% par un pari sur la croissance. Un tel programme engage- t-il réellement le futur gouvernement ? M.Z.A. : Il s'agit d'une obli- gation de moyens et non de résultats. Quand on promet quelque chose, on ne le réa- lise jamais à 100%, le réali- ser à 70% constitue déjà un accomplissement positif. Il faut désormais passer à l'ac- tion : nous ne sommes plus en phase électorale, mais dans la constitution d'une équipe gouvernementale cohérente et la poursuite des chantiers ouverts tels que la protection sociale, l’accès aux soins de base, l’alphabétisation, et sur- tout le nivellement territorial. C'est-à-dire la lutte contre les disparités entre régions, dans

 Le PAM devra composer une coalition gouvernementale dans un paysage marqué par une abstention historique.

mettent. La mobilisation doit rester constante et s'inscrire dans le long terme : les élec- tions ne sont qu'un moment où l'on choisit les élites qui gouverneront le pays pour une période donnée. Il faudrait aussi donner leur chance aux jeunes et aux compétences qui restent dans l'ombre. Le problème de la gérontocratie, de la fossilisation autour des postes, est en réalité antidé- mocratique : il faut véritable- ment redynamiser le débat et le champ politique. Je parlerais donc d'une recomposition très limi- tée : les trois mêmes partis restent en tête du scrutin, avec quelques évolutions de score. Je dirais plutôt qu'il s'agit d'une dynamique politique, faite de redistributions de rôles et de réaménagements. Disons que «recomposi- tion» est un mot trop fort, employé par certains pour qualifier ce qui se passe, mais nous ne sommes pas, à mon sens, dans cette configuration. Ce sont les mêmes partis, les mêmes figures, les mêmes straté- gies qui ont été déployées. Le grand gagnant reste, en définitive, l'exercice démo- cratique auquel le Maroc se livre depuis l'alternance de 1998. ◆

le cadre de ce que nous appe- lons la justice spatiale. N'oublions pas que le dernier Conseil des ministres a vali- dé une enveloppe budgétaire considérable de près de 120 milliards de dirhams sur cinq ans, allouée aux régions et exécutée par les walis et les gouverneurs. Sur le plan régional, nous disposons donc déjà d'une certaine visibilité, même s'il faudra attendre les élec- tions régionales de 2027 et veiller à la cohérence entre l'action gouvernementale et l'action locale, communale, rurale, provinciale et préfec- torale. Mais c'est surtout sur la base de la déclaration de politique générale, présentée au Parlement, que nous pour- rons juger des futures poli- tiques publiques. Et il faudra attendre l'adoption de la Loi de Finances, au plus tard en décembre 2026, qui donnera lieu à un débat parlementaire très animé sur les priorités et les affectations budgétaires. C'est donc progressivement que les choses se clarifieront.

F. N. H. : Ce scrutin marque-t-il une recom- position durable du pay- sage politique maro- cain, ou s'inscrit-il dans la continuité observée depuis 2021 ? M.Z.A. : Il existe une réelle vitalité politique au Maroc, mais ce qui est regrettable, c'est qu'on ne la perçoit fondamentalement qu'en période électorale. Il serait plus intéressant d'étaler le débat sur toute l'année, avec une discussion permanente permettant de déterminer la direction à suivre. Sa Majesté fait de son mieux pour nous orienter et fixer les repères stratégiques de l'État maro- cain et ses grands chan- tiers. Mais il faudrait aussi hisser le débat politique à un niveau que comprennent toutes les Marocaines et tous les Marocains. Un niveau exigeant sur le fond, mais accessible dans sa communication. Cela dépend aussi de la capacité des partis et des autres organisations à des- cendre vers le terrain, à aller directement aux électeurs, dans les douars, les cam- pagnes, la ruralité et les régions les plus reculées. Cela demande des moyens, certes, mais nous dispo- sons aujourd'hui d'outils de communication qui le per-

«Le futur gouvernement aura face à lui une opposition très solide, et l'on peut s'attendre à des débats parlementaires animés».

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