Finances News Hebdo 1246

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026

Législatives 2026 «Le véritable test sera celui du passage du programme à l'exécution»

quel indicateur de résultat. De ce fait, la pertinence d'un programme se mesure à la justesse de son diagnostic, à sa crédibilité, à la solidité de son financement et de son dispositif de mise en œuvre, ainsi que sa valeur politique et aux résultats effectivement obte- nus. C'est à cette aune que les électeurs devraient comparer les programmes, et non au nombre de promesses qu'ils contiennent. F. N. H. : Le RNI et le PAM avancent notamment l’ob- jectif d’un SMIG à 5.000 DH. Cette proposition est-elle économiquement faisable dans le contexte actuel ? Y. G. F. : Porter le SMIG à 5.000 DH est économiquement envi- sageable, mais pas comme une simple décision administrative. C’est une réforme qui doit être accompagnée par des gains de productivité, une trajectoire pro- gressive répartie dans le temps, et des mesures ciblées en faveur des entreprises les plus exposées. En effet, les business plans des inves- tisseurs et groupes basés actuel- lement au Maroc sont établis sur le présent SMIG. Il faut donc vérifier l’impact réellement sur le climat des affaires et la compétitivité du tissu économique. S’agissant du SMIG non agricole, il est fixé à 17,92 DH de l’heure depuis janvier 2026. Sur la base de 208 heures mensuelles, cela repré- sente environ 3.727 DH par mois, avant cotisations et autres élé- ments de rémunération. L’objectif de 5.000 DH correspondrait donc à une hausse d'environ 34% du salaire minimum brut mensuel par rapport à ce niveau. Il faut également distinguer le SMIG du salaire minimum net dans la fonc- tion publique. Le passage à 4.500

À J-6 des élections législatives, les programmes économiques et sociaux des partis sont au cœur du débat. Emploi, pouvoir d’achat, hausse du SMIG, protection sociale… les formations politiques multiplient les engagements. Entretien avec Youssef Filali Guerraoui, président du Centre marocain pour la gouvernance et le management.

Propos recueillis par Ibtissam Z.

Finances News Hebdo : À l’approche des élections, les partis politiques pré- sentent leurs programmes économiques et sociaux. Comment évaluez-vous leur pertinence et leur crédibi- lité ? Youssef Guerraoui Filali : Sur le plan de la pertinence, les pro- grammes des partis répondent globalement aux principales pré- occupations économiques et sociales du Maroc, à savoir l’em- ploi, le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, la protection sociale, et réduction des disparités terri- toriales. C’est un point positif, car le débat électoral semble davan- tage centré sur les conditions de vie et sur la capacité de l’écono- mie à créer des emplois et de la valeur. Les programmes présen- tés récemment comportent d’ail- leurs plusieurs engagements chif- frés, notamment sur l’emploi, les salaires et les dépenses sociales. Mais la crédibilité ne se mesure pas à l'ambition des objectifs

annoncés. Elle doit être appré- ciée à partir des critères suivants : le coût réel des engagements, leurs sources de financement, leur calendrier de mise en œuvre, les réformes institutionnelles néces- saires et les indicateurs permet- tant de mesurer les résultats. C’est là que se situe, à mon avis, le principal enjeu du débat électoral. Lorsqu’un parti annonce plusieurs centaines de milliards de dirhams de dépenses ou promet la création d’un million d’emplois, la question essentielle n’est pas que propose- t-il, mais surtout combien cela coûte, qui va le financer, comment cela sera exécuté et quels résul- tats seront mesurés. Il faut également regarder la com- patibilité des promesses avec les équilibres macroéconomiques et budgétaires. Le Maroc dispose d'une programmation budgé- taire triennale et d'un cadre de réforme de la gestion des finances

publiques 2026-2032 visant notamment la soutenabilité, la per- formance et la transparence de l'action publique. Un programme électoral crédible doit donc expli- quer comment ses engagements s'insèrent dans ces contraintes, sans créer un décalage excessif entre les promesses et les res- sources effectivement mobili- sables. En effet, le véritable test sera celui du passage du programme à l'exé- cution. Le Maroc n'a pas besoin uniquement de programmes qui énumèrent des objectifs, mais de contrats de politiques publiques, avec des priorités hiérarchisées, des budgets identifiés, des res- ponsabilités clairement définies et des indicateurs de performance. La question que les citoyens devraient poser à chaque parti est donc simple : quel problème voulez-vous résoudre, avec quels moyens, dans quel délai et avec

Une démocratie parlementaire forte repose sur un équilibre entre une majorité qui gou- verne et des sensibilités capables de propo- ser et évaluer l’action publique.

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