Finances News Hebdo 1246

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 17 SEPTEMBRE 2026

Auto-entrepreneur «Ce statut ne doit plus être un simple outil de formalisation, mais un instrument de politique économique»

chose : suivre quelqu'un dans la durée, l'aider à passer un cap, à recruter son premier salarié, à sortir du régime lorsqu'il l'a dépassé. Aujourd'hui, le statut est une porte d'entrée sans couloir derrière. Ma conviction est qu'il faut sortir de la logique du soutien social pour entrer dans une logique de politique écono- mique. Le régime ne doit plus traiter toutes les activités de la même façon. Le principe que je défends est simple : plus une activité contribue à la compé- titivité du Maroc, plus elle doit bénéficier d'un régime favo- rable. Cela vaut pour l'intelli- gence artificielle, la cybersécu- rité, le développement logiciel, la maintenance industrielle, les énergies renouvelables ou la santé numérique - comme pour les métiers artisanaux à forte valeur patrimoniale. J'ajoute qu'il faut sortir du rapport de force avec l'admi- nistration fiscale. Elle a une inquiétude légitime, l'optimisa- tion abusive. Nous avons une demande légitime, la correc- tion des incohérences et la fin du stigmate. Il y a un échange possible : davantage de tra- çabilité et un registre assaini, contre des corrections fiscales ciblées. C'est du donnant-don- nant, pas de la confrontation. F. N. H. : Et le financement ? On accuse les banques d'être peu flexibles. Z. F. : Soyons précis et hon- nêtes : je ne dispose d'aucune donnée publique chiffrée sur les taux de refus bancaires appliqués à cette population. Personne n'en dispose, et c'est

Pensé comme une porte d’entrée vers la formalisation, le statut de

l’auto-entrepreneur montre aujourd’hui ses limites. Pour Zakaria Fahim, Managing Partner de BDO au Maroc et président de l’Union des autoentrepreneurs, le dispositif doit désormais changer de dimension. Au-delà des ajustements techniques, il plaide pour en faire un véritable instrument de politique économique, capable de soutenir les activités créatrices de valeur et d’offrir aux indépendants de réelles perspectives de développement.

Propos recueillis par C. Jaidani

du ministère et les guides pra- tiques de 2026, on ne lit pas la même chose sur les taux appli- cables, sur la base de l'exoné- ration de TVA, ni sur la pério- dicité des déclarations. J'ai relevé huit divergences docu- mentées entre ces sources officielles ou para-officielles. Si les textes de référence ne se parlent pas entre eux, on ne peut pas reprocher à un jeune de 25 ans de ne pas com- prendre ses obligations. Deuxième point, plus lourd : la retenue à la source de 30%. Elle visait un abus réel, le sala- riat déguisé. Mais dans la per- ception collective, elle a été attribuée à l'auto-entrepre- neur, alors qu'elle s'applique chez le donneur d'ordre. Résultat : c'est le statut lui- même qui porte le stigmate, et un travailleur honnête, mono-

client parce que son métier est structurellement mono- client, se retrouve suspecté par construction. Troisième point, plus discret mais décisif : la loi prévoit des obligations de suivi et de reporting qui ne sont pas honorées. Aucune donnée consolidée n'est publiée sur le régime. Or, on ne pilote pas une politique publique qu'on ne mesure pas. F. N. H. : Les mécanismes de l'État sont-ils adé- quats pour accompagner les auto-entrepreneurs ? Z. F. : Il faut distinguer deux choses que l'on confond en permanence : informer et accompagner. Informer, l'État le fait - guides, portails, dispo- sitifs de vulgarisation existent. Accompagner, c'est autre

Finances News Hebdo : Le statut actuel de l’auto- entrepreneur est-il favo- rable sur le plan comp- table et juridique ? Zakaria Fahim : Rendons d'abord justice au texte. La loi 114-13 a fait ce qu'on lui demandait : inscription simple, fiscalité forfaitaire, assise sur le chiffre d'affaires, compta- bilité réduite à un registre de recettes. Sur le plan juridique et comptable, c'est volontaire- ment léger, et c'est une bonne chose. Le problème n'est pas la légè- reté, mais la lisibilité. Lorsqu'on met côte à côte la loi, le guide de Dar Al Moukawil, la page

Il faut sortir de la logique du soutien social pour entrer dans une logique de politique économique.

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