FNH N° 1137

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FINANCES NEWS HEBDO / JEUDI 25 JANVIER 2024

BOURSE & FINANCES

Des grandes tendances à garder en tête

La décélération des tensions infla- tionnistes en 2023 devrait favo- riser la croissance des secteurs non-financiers, avec une reprise attendue de la demande à partir du second semestre 2024 grâce au démarrage de grands projets d'investissement au Maroc, précise Attijari Global Research. Cependant, l'année 2023 prévoit un recul de la masse bénéficiaire des secteurs non-financiers de 8%, principalement attribuable aux contreperformances des secteurs tels que les mines (-45%), l'éner- gie (-29%), le BTP (-17%), l'agroa- limentaire (-12%) et l'automobile (-53%). En 2024, on s'attend à un retour aux niveaux de bénéfices de 2022 pour ces secteurs. Bien que les secteurs non-financiers main- tiennent des niveaux de valorisation relativement élevés, avec un P/E 2024 dépassant les 23x pour des secteurs comme le port, le ciment, l'agroalimentaire, l'énergie, le tech- nologique et l'immobilier, le marché semble déjà avoir intégré le poten- tiel de croissance à moyen terme de ces secteurs. En revanche, le secteur bancaire se distingue par une croissance bénéficiaire deux fois plus élevée que celle du mar- ché entre 2023 et 2024 (14,6% par an contre 6,4%). De plus, le P/E 2024 des banques à 14x offre une décote de 29% par rapport à celui de l'AGR-30, suggérant un attrait potentiel pour les investisseurs. Au final, force est de constater que dans le sillage de l'importante per- formance enregistrée sur le dernier semestre, le niveau de valorisation des sociétés cotées est devenu moins attractif que celui affiché en 2023 et le potentiel de croissance, évalué par BKGR, est modéré, com- pris entre 5 et 10%. Toutefois, si la réserve de reprise a été partielle- ment consommée, une marge de croissance additionnelle demeure encore disponible même si l'arbi- trage demeure en faveur du mar- ché obligataire. L'augmentation de l'appétence des investisseurs pour le risque devrait jouer à l'avantage du marché actions en 2024, avec une campagne agricole médiocre comme seul vrai risque visible à l'horizon. À suivre. ◆

comme un catalyseur d'une ten- dance déjà bien établie. Au moment où nous mettons sous presse, le secteur affiche une hausse d'envi- ron 25%, comparativement à 5% pour l'indice global. Du côté de BKGR, on propose une stratégie d’investissement en 2024 reposant sur l'établissement d'un équilibre entre la prudence et la prise de risque calculée. Tout d'abord, un socle solide constitué de valeurs affichant des fondamen- taux robustes, une position concur- rentielle forte, et/ou dotées d'une politique de rémunération des actionnaires stable et attrayante (Marsa Maroc, BCP, AtlantaSanad, Taqa Morocco, Attijariwafa bank, Ciments du Maroc…). L'objectif principal de cette composante est de sécuriser le capital investi tout en garantissant un niveau de ren- dement minimal. En complément, le portefeuille comprend une poche de titres ciblant des performances futures significatives. Cette portion est constituée de deux catégories dis- tinctes : des valeurs de croissance présentant un potentiel de déve- loppement significatif, dépassant la moyenne du marché, grâce à des plans d'entreprise ambitieux et des marchés porteurs à l’image de HPS, et des valeurs «Value», actuelle- ment sous-estimées mais affichant un potentiel de reprise substantiel à exploiter (Akdital, TGCC, SNEP, Aradei et Maroc Telecom).  L'accroissement de l'intérêt des investisseurs pour le risque devrait jouer en faveur du marché actions en 2024.

liée à la liquidation de l'astreinte imposée par l'ANRT d'une valeur de 2,45 milliards de DH qui avait pesé sur la capacité bénéficiaire de la cote casablancaise aupara- vant. Ceux de BMCE Capital Global Research s’attendent à une crois- sance de la capacité bénéficiaire de 13,7% à 29,3 Mds de DH en 2023, puis de 10,9% à 32,4 Mds de DH en 2024. Le mouvement haus- sier actuel ne peut s'expliquer que par ces trois facteurs. Les pers- pectives d'investissement liées aux prochaines échéances sportives sont également susceptibles de susciter une psychologie favorable parmi les investisseurs en actions. L'anticipation de retombées éco- nomiques positives provenant de ces événements sportifs suscite un intérêt accru pour les placements boursiers. Les bons plans de 2024 Un peu plus de visibilité, mais une croissance qui restera modeste sur fond de sécheresse et stress hydrique. L'année 2024 ne sera pas forcément très flamboyante, mais des opportunités sont à sai- sir, notamment dans le sillage des annonces effectuées fin 2023, à

savoir les échéances sportives (Coupe du monde 2030/CAN 2025), plan de reconstruction, signature de plusieurs accords de coopéra- tion avec les Émirats arabes unis… M.S.IN met dans sa watchlist des secteurs qui devraient connaître une reprise ou une poursuite haus- sière en 2024. Parmi eux, le BTP, le tourisme, les banques, l'événe- mentiel, les transports et les télé- communications qui bénéficieront particulièrement de grands événe- ments prévus au Maroc, tels que la Coupe d'Afrique des Nations 2025 et la Coupe du monde 2030. De plus, le secteur du BTP sera également dynamisé par un pro- gramme d’investissement massif dans la reconstruction des régions affectées par le séisme d'Al Haouz, avec un budget de 120 milliards de DH sur cinq ans. Après une période de crise qui a longtemps perduré, le secteur immobilier est revenu sur le devant de la scène boursière en 2023, notamment avec le lancement du programme d'aide au logement. Les opérateurs reprennent des positions à l'achat en ce début d'année, et les flux se dirigent clai- rement vers ce secteur, agissant

Le marché semble déjà avoir intégré le potentiel de croissance à moyen terme des secteurs non-financiers.

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