BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 10 SEPTEMBRE 2026
le gouvernement compte encore en mobiliser 15 milliards en 2027. Rien n’est programmé en 2028. Les recettes provenant des établissements et entre- prises publics sont, elles, esti- mées à 25,5 milliards de dirhams l’année prochaine et 25,3 mil- liards en 2028. Les cessions de participations de l’État doivent par ailleurs rapporter 6 milliards de dirhams par an. «Ce qu’il faut regarder, c’est aussi la baisse des recettes non fiscales. En 2028, les finance- ments innovants disparaissent de la programmation. L’État aura donc moins de ressources de ce type pour boucler son financement», poursuit notre interlocuteur. L’investissement ne faiblira pas encore en 2027 Côté dépenses, le gouverne- ment n’a pas prévu de serrer immédiatement la vis sur l’inves- tissement. Les crédits du budget général qui lui sont consacrés atteignent 136,1 milliards de dirhams dans la programmation 2026. Ils resteraient quasiment inchangés l’an prochain, à 136,5 milliards, avant de revenir à 125,9 milliards en 2028. La baisse attendue en fin de période intervient après plu- sieurs années d’accélération. Le ministère l’explique notamment par l’achèvement progressif de certains programmes, dont le Programme national d’approvi- sionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, ainsi que par l’avancement des projets routiers, ferroviaires et hospita- liers. Avant cela, plusieurs chantiers continueront d’absorber des crédits importants : routes et autoroutes, infrastructures fer- roviaires, équipements liés au Mondial 2030, CHU Ibn Sina à Rabat et CHU de Laâyoune, éta- blissements d’enseignement et de formation, Maroc Digital 2030 ou encore nouvelle feuille de route pour l’emploi. Les montants prévus pour 2027 ont d’ailleurs été largement revus depuis la précédente pro- grammation budgétaire. Les
La programmation budgétaire triennale 2026-2028 prévoit le maintien du déficit à 3% du PIB, avec une dette ramenée à 64% en 2028, malgré des dépenses encore élevées et un effort d’investissement soutenu.
Budget 2026-2028 Le grand pari fiscal de l’État
E La programmation budgétaire triennale fixe le cap des finances publiques jusqu’en 2028. Avec un investissement qui restera élevé l’an prochain, une masse salariale en hausse et des ressources non fiscales appelées à diminuer, le gouvernement compte sur la progression des recettes fiscales pour maintenir le déficit à 3% du PIB et ramener la dette du Trésor à 64%. Par Y . Seddik
n cette fin de troisième trimestre 2026, la programmation budgé- taire triennale donne surtout de la visibilité sur les deux pro- chains exercices. Et les marges ne sont pas larges. L’État doit encore financer les grands pro- jets d’infrastructure, poursuivre les réformes sociales et honorer les engagements issus du dia- logue social, tout en maintenant le déficit à 3% du PIB. Les priorités sont déjà connues : infrastructures de transport, eau, santé, enseignement, dévelop- pement territorial, transforma- tion numérique et projets liés à la préparation de la Coupe du monde 2030. Le document pré- voit en parallèle une plus grande maîtrise des dépenses cou- rantes et une concentration des crédits sur les investissements jugés prioritaires. Pour financer l’ensemble, le gou-
vernement attend beaucoup des recettes fiscales. Programmées à 366,5 milliards de dirhams en 2026, elles devraient atteindre 386,7 milliards en 2027, puis 407,8 milliards en 2028. Cela représente une hausse de plus de 41 milliards de dirhams en deux ans et une progression annuelle moyenne de 5,5%. L’impôt sur les sociétés devrait rapporter 100,8 milliards de dirhams l’année prochaine et 107,3 milliards en 2028, contre 94,5 milliards inscrits au titre de 2026. L’impôt sur le revenu passerait de 64,5 milliards cette année à 67,8 milliards en 2027, puis 71,3 milliards en 2028. Pour la TVA, les prévisions atteignent respectivement 120,9 et 127,9 milliards de dirhams sur les deux prochains exercices. Au total, les recettes fiscales devraient se maintenir autour de
20% du PIB jusqu’en 2028. «La trajectoire suppose quand même que les recettes fiscales continuent de progresser à un rythme soutenu. Avec des dépenses qui restent élevées, si le rendement fiscal ralentit, tenir les 3% devient forcément plus compliqué», estime Jamal Elhazmir, économiste et consul- tant en finances publiques. Cette évolution intervient au moment où d’autres ressources vont commencer à se tasser. Les recettes non fiscales, prévues à 62,7 milliards de dirhams en 2026, reculeraient à 55,7 mil- liards en 2027, puis à 40,5 mil- liards en 2028. Leur poids dans le PIB passerait de 3,4% à 2% sur la période. Les financements innovants expliquent une partie du mou- vement. Après les 20 milliards de dirhams prévus cette année,
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