BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 10 SEPTEMBRE 2026
Réforme des retraites L’épineux héritage du prochain gouvernement Le système des retraites tient encore, mais ses marges de manœuvre se réduisent. Face au vieillissement démographique, à la faible couverture de la population active et aux déficits structurels de plusieurs régimes, la réforme ne pourra plus être indéfiniment différée. Le prochain gouvernement devra s’attaquer à un dossier à la fois financier, social et politique.
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Par D . William
a réforme des retraites reste l’un des dossiers les plus sensibles de la relation entre l’Exécutif, les syndicats et le patronat. Le dossier s’est d’ailleurs invité de nouveau dans le round du dia- logue social ouvert le 17 avril 2026 à Rabat. Sur le papier, l’urgence ne fait plus vraiment débat. Les chiffres des autorités financières montrent un système encore capable de payer les pensions, mais dont plusieurs régimes présentent des déséquilibres structurels. Le rapport sur la stabilité financière 2025, élaboré par Bank Al-Maghrib, l’ACAPS et l’AMMC, le souligne claire- ment : les améliorations finan- cières enregistrées récemment ne remettent pas en cause les fragilités de fond. En effet, en 2025, les principaux régimes de retraite ont encaissé 73 milliards de dirhams de coti- sations auprès de 5,1 millions de cotisants. Dans le même temps, ils ont versé 75,3 milliards de dirhams de prestations à 1,5 million de pensionnés. Au total, les réserves constituées par ces régimes atteignaient ainsi 340,8 milliards de dirhams, en pro- gression de 4,3% sur un an. Mais ce montant ne constitue pas une marge disponible : il correspond à des actifs desti- nés à couvrir des engagements
futurs. C’est précisément sur ce terrain que le diagnostic devient préoc- cupant. Le régime des pensions civiles de la CMR reste le principal point de tension. En 2025, ses cotisations ont atteint 35,6 mil- liards de dirhams, en hausse de 11,7%, alors que les prestations se sont établies à 41,1 milliards, en progression de 4,7%. Le déficit technique s’est certes réduit, passant de 7,3 à 5,4 milliards de dirhams. Le solde financier, de 3,6 milliards, a per- mis de limiter le déficit global à 2 milliards de dirhams contre 4,1 milliards en 2024. L'amélioration est réelle. Mais elle ne change pas la nature du problème. Les projections réalisées sur la base des données de 2025 situent l’horizon de viabilité de la CMR-RPC entre cinq et six années. Les augmentations salariales accordées dans le cadre du dialogue social ont amélioré les recettes du régime, mais elles n’ont pas suffisam- ment modifié sa trajectoire de long terme. Le ministère de l’Economie et des Finances avait d’ailleurs indiqué que ces mesures avaient contribué à repousser l’horizon d’épuisement des réserves de 2028 à 2031. Pour sa part, le RCAR pré-
sente une situation différente, mais son déficit technique reste élevé. En 2025, le régime a col- lecté 3,8 milliards de dirhams de cotisations pour 8,4 milliards de prestations. Le déficit technique s’est établi autour de 4,5 mil- liards de dirhams. Le régime a toutefois bénéfi- cié d’un solde financier de 4,9 milliards de dirhams, ce qui lui a permis de dégager un solde global positif de 221 millions de dirhams. Le RCAR dispose par ailleurs d’un horizon de viabilité esti- mé à 29 ans, soutenu notam- ment par une assise financière importante et renforcée par les récentes revalorisations sala- riales. La pression est donc beaucoup moins immédiate que pour la CMR. Mais les autorités soulignent également sa sous- tarification structurelle qui, com- binée aux augmentations sala- riales, «induisent une dégrada- tion des indicateurs d’équilibre à long terme». La CNSS offre, elle aussi, une image plus favorable en appa- rence. Sa branche long terme a enregistré en 2025 un excé- dent global de 2,4 milliards de dirhams. Les cotisations ont atteint 20,3 milliards de dirhams contre 18,3 milliards de prestations. Mais là encore, la tendance mérite attention.
L’excédent global était de 4 mil- liards de dirhams en 2024. Il a donc sensiblement diminué en un an. Surtout, les projections de l’ACAPS donnent à la branche long terme de la CNSS un hori- zon de viabilité limité à dix ans et un taux de préfinancement de 58%, traduisant, selon le rapport, «une sous-tarification structurelle des droits octroyés». Le diagnostic officiel identifie plusieurs paramètres suscep- tibles d’être ajustés : le taux de cotisation, l’âge de départ à la retraite et le mécanisme d’acquisition des droits. La CIMR constitue, à ce stade, l’exception. Avec 13,2 milliards de dirhams de cotisations en 2025 pour 7,5 milliards de pres- tations, le régime a dégagé un solde technique de 5,7 milliards et un solde global de 8,9 mil- liards. Les évaluations actua- rielles confirment sa viabilité sur l’ensemble de l’horizon de pro- jection. Le problème ne touche donc pas toutes les caisses avec la
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