Le Major #20

Le CV projectif va-t-il évoluer dans les années à venir ? S.J. Nous travaillons sur une évolution importante de l’en- tretien de personnalité, qui sera effective en 2027. Mais le CV projectif, marqueur emblématique de cette épreuve à SKEMA, sera conservé. Les étudiants en reconnaissent toute la valeur : au-delà de l’outil qu’il est pour nous, c’est un exercice qui dépasse SKEMA et invite les admissibles à réfléchir à leur trajectoire à long terme. Il incarne pleinement la signature de notre programme Grande École, « Think Forward ». À travers ce format nous transmettons aussi une vision de SKEMA et de ce que l’école attend de ses étudiants. Que devient le CV projectif une fois l’école intégrée ? S.J. Je suis la plus heureuse des directrices lorsqu’un étudiant me dit qu’il a changé d’avis et que son CV projectif est obso- lète ! Si les cours, les rencontres, les expériences associatives ou professionnelles ou encore les échanges internationaux ont transformé ses ambitions, c’est la preuve que SKEMA a pleinement accompli sa mission. Un parcours qui s’écarte du plan initial n’est pas un échec, mais une réussite : cela signi- fie que l’étudiant s’est trouvé. Dès la rentrée prochaine, nos futurs intégrés seront justement invités à remplonger dans le CV produit pour leur entretien et explorer leurs talents lors du hackathon « Acteur engagé ». Le CV projectif ne fige pas les trajectoires . Il est un point de départ . ◗

Comment le jury se prépare-t-il de son côté ? S.J. SKEMA organise la préparation des jurys avec une grande rigueur. Chaque jour, professeurs, staff et Alumni présents sont briefés : déroulé de l’épreuve, critères d’évaluation, exigences, principes de non-discrimination… La grille de notation a été redéfinie et digitalisée cette année, ce qui ren- force l’harmonisation des évaluations et garantit un niveau de qualité et d’équité identique à tous candidats.

Que devient le CV projectif une fois SKEMA intégrée ? Boussole, point de départ… ou simple prétexte ? Trois étudiants, chacun à différents stades de leur parcours au sein de la business school , jettent un œil dans le rétroviseur et reviennent sur cet exercice singulier pour faire le point entre projection et réalité. Regards rétrospectifs

Comment as-tu travaillé ton CV projectif ? Samuel. Je l’ai travaillé seul, en échangeant avec des diplômés sur LinkedIn. L’exercice m’a vraiment plu, car il oblige à se poser les bonnes questions. J’ai ensuite confronté mon projet à l’IA pour tester sa crédibilité, puis j’ai recueilli l’avis de mes proches. Ils ont trouvé le résultat très authentique, sans mensonge, avec l’entrepreneuriat en fil rouge. Après une expérience en banque, dans l’ asset management , j’ai en effet indiqué la création d’un fonds d’investissement. J’ai obtenu 19/20. Suzanne. En prépa, j’ai passé plusieurs entretiens blancs, ce qui m’a permis d’arriver très au point le jour J, avec un CV projectif qui reflétait clairement mon ambition d’évoluer en droit international. En point d’orgue de mes études à SKEMA, j’ai noté l’obtention du double diplôme avec Sciences Po Aix. Madeleine. J’ai travaillé mon CV de façon assez poussée pour être au clair sur les dix années considérées. Je me suis intéressée aux parcours d’Alumni qui avaient validé le double diplôme que je visais (leurs tracks et leur premier poste) et j’ai échangé avec certains d’entre eux afin de pouvoir répondre précisément aux questions du jury autour du parcours que je présentais.

Jusqu’à présent, ton parcours correspond-il aux projections du CV présenté durant ton entretien de motivation? Samuel. Mon projet en finance se confirme. Je suis devenu président de l’association SKEMA Finance, ce qui m’a permis de vivre une expérience managériale très formatrice. J’ai par ailleurs choisi le track « Grands Enjeux », moins attendu pour quelqu’un qui vise la finance, mais les professeurs sont des figures remarquables et je ne voulais pas passer à côté de ces enseignements! Suzanne. Oui, complètement, pour le moment! Je suis actuellement en stage de césure à l’étranger, au sein d’une ambassade à Madrid, au cœur de différents enjeux diplomatiques et culturels. Une expérience parfaitement alignée avec mon projet professionnel autour des relations internationales et humainement très marquante. Madeleine. Pas vraiment… et c’est là tout l’intérêt ! Entre la présidence de SoNord, association de musique qui organise toute l’année des concerts et festivals, et ma participation au concours de talents du BDA, SKEMA m’a poussée à oser plus que je ne l’envisageais sur mon CV projectif. Mon semestre académique sur le campus de Belo

Horizonte, au Brésil, alors que je n’avais jamais voyagé hors de l’Europe, en est le meilleur exemple. Aujourd’hui, que changerais-tu à ton CV projectif? Samuel. Pas grand-chose! Beaucoup de camarades ont mis des éléments qui « paraissaient bien », mais sans être vraiment authentiques. Mon CV était une projection sincère et cohérente. Même si, comme le dit Sylvie Jean, ce CV est « une idée de ce que l’on va faire et pas un contrat qui nous oblige », j’y crois toujours ! Suzanne. Je rêve toujours de mon double diplôme avec Sciences Po Aix. Dans 10 ans, j’espère être heureuse en poste au sein d’une organisation internationale ! Madeleine. Il n’a finalement pas eu d’impact r éel sur mon parcours à SKEMA… et c’est tout à fait normal. Après une prépa il est difficile d’avoir une idée précise de ce que l’on veut vraiment. Le CV projectif est un outil pour entrer dans l’école, pour montrer qu’on s’est intéressé aux parcours. Une fois que l’on a intégré, il est derrière nous. Mon conseil pour gérer le fait qu’il soit difficile d’expliquer au jury pourquoi l’école vous correspond ou pourquoi tel master vous attire ? Vous concentrer sur l’essentiel : ce qui vous passionne !

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n°20 Mai 2026

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