Tribune made in france contributif

paradigmes différents. Aucun de ces instruments ne mesure la rémunération des producteurs, la contribution à la biodiversité, l'emploi territorial. La réglementation actuelle est entièrement dans le premier paradigme. Sortir du tunnel carbone, c'est rendre visibles quatre indicateurs sur le produit — dans tous les secteurs. Rémunération : est-ce que celui qui produit vit de son travail — le paysan, l'ouvrier, l'artisan de la filière ? Biodiversité : est-ce que ce produit contribue à la biodiversité — pratiques agricoles régénératives, gestion forestière, filières textiles sans pesticides systémiques ? Emploi territorial : est-ce que ça maintient des emplois en France — dans la filière laine, dans l'usine verrière, dans la coopérative laitière, dans la scierie locale ? Qualité fonctionnelle intrinsèque : est-ce que ce produit est ce qu'il prétend être — durée de vie minimale garantie et réparabilité documentée en électroménager et textile, transformation nutritionnelle réelle en alimentaire (densité, absence de substances nocives), pas seulement l'empreinte carbone du process. Ces critères sont complémentaires aux impacts sur la filière : ils mesurent ce que le produit est, pas seulement ce qu'il produit autour de lui. Ces quatre indicateurs ont une caractéristique commune : ils ne peuvent pas être optimisés par la logistique ou l'emballage. Ils mesurent ce qui se passe dans la filière, au champ, à l'atelier. Le PEF ne mesure pas la rémunération, la contribution à la biodiversité ni l'emploi territorial. L'affichage textile officiel non plus. Le DPP intègre la qualité fonctionnelle — mais pas la rémunération des producteurs, la biodiversité au champ, l'emploi territorial. Des dizaines de labels et scores ont déjà été construits par des acteurs indépendants. Pour chacune des quatre dimensions, des certifications de pratiques existent — vérifiées par des tiers indépendants. Sur la rémunération du producteur : Fairtrade (30 ans de recul) et Agri- Éthique certifient un prix garanti au-dessus du coût de production. Sur la contribution à la biodiversité : ROC certifie des pratiques régénératives qui intègrent biodiversité des sols, conditions sociales et filière ; Demeter certifie des pratiques biodynamiques qui augmentent les capacités du vivant — biodiversité, santé et liens humains ; GOTS certifie le textile bio sans pesticides systémiques. Sur l'emploi territorial : Cyclescore et l'Indice France Vélo rendent visible la valeur créée en France pour le vélo ; PEFC et FSC certifient la gestion forestière durable et l'emploi en filière bois — parquet, mobilier, charpente ; ATES certifie le tourisme équitable et son ancrage dans les territoires. Sur la qualité fonctionnelle : Nutri-Score a poussé Carrefour à reformuler 1 200 produits par an (Pierre Chandon, INSEAD / EDHEC, mars 2026) ; Clear Fashion A→E couvre 150 critères sociaux et environnementaux en textile. Planet Score note l'ensemble du marché alimentaire sur biodiversité, pesticides et rémunération agriculteurs — rendant comparable ce que personne ne voulait afficher. Ces certifications prouvent la contribution concrète — ce que le produit fait au territoire, à la filière, au sol. Les outils de notation comme Planet Score et Nutri-Score prouvent que la demande répond quand l'information est visible : les scores A→E surpassent tous les autres formats pour changer l'achat réel (OECD, 2025). Quand Origin'Info, Nutri-Score et Planet Score sont affichés ensemble, les intentions d'achat sont multipliées par près de 20 (En Vérité, 2024). Les deux niveaux se complètent. Ce que nous demandons repose sur un principe : la réglementation doit reconnaître les certifications de pratiques vérifiées par des tiers indépendants — sur la rémunération du producteur, la biodiversité, les conditions sociales, l'emploi territorial — et leur donner force de marché. Pas une nouvelle mesure d'impact. Une obligation d'affichage de ce qui est déjà certifié par des cahiers des charges exigeants : ROC, Fairtrade, Demeter, Agri-Éthique, GOTS, PEFC, FSC, Clear Fashion, Cyclescore. Sur cette base, trois demandes. Premièrement : rendre obligatoires les scores graduels dans leur périmètre — Nutri-Score sur tous les produits alimentaires, Planet Score sur l'offre en rayon, Clear Fashion et Cyclescore dans leurs secteurs. Quand un score graduel existe et fonctionne, le rendre facultatif revient à protéger ceux qui externalisent leurs coûts. Deuxièmement : combler le vide entre les scores qui comparent et les certifications qui prouvent la contribution. Les scores graduels montrent où en est l'offre. Les certifications de pratiques — ROC, Fairtrade, Demeter, PEFC, GOTS, ATES — montrent ce que contribuer veut dire concrètement. Il manque un cadre

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