BOURSE & FINANCES
9
FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 25 SEPTEMBRE 2026
du PIB en 2025 à 4,6% cette année. Dans ces conditions, réduire encore le loyer de l’argent reviendrait à soutenir la demande au moment où les importations pèsent déjà lour- dement sur les comptes exté- rieurs. Parallèlement, la croissance de 4,4% donne également une image flatteuse d’une activité beaucoup plus contrastée. Elle doit largement son niveau au rebond de 16% de la valeur ajoutée agricole, favorisé par une récolte céréalière estimée à 93 millions de quintaux. Hors agriculture, le rythme ralentirait de 4,5% en 2025 à 3,1% en 2026, avec des performances moins favorables que prévu dans les industries extractives et manufacturières. Or, ce soutien agricole disparaî- trait en 2027. Sous l’hypothèse d’une récolte moyenne de 50 millions de quintaux, la valeur ajoutée du secteur reculerait de 7,6%. Même avec une reprise des activités non agricoles à 4%, la croissance nationale retomberait à 2,9%. La révision opérée par BAM ne signale donc pas un arrêt de l’économie, mais une composition moins solide de la croissance en 2026 et une année 2027 de nouveau tribu- taire des aléas agricoles. De son côté, le crédit ne montre pas encore les signes d’un financement trop restrictif. BAM prévoit une accélération des concours bancaires au secteur non financier de 4,8% en 2025 à 8,1% cette année, avant un retour à 6,1% en 2027. Une nou- velle baisse du taux directeur aurait offert un soutien supplé- mentaire à une demande de crédit déjà appelée à repartir fortement. Dans ce contexte, à 2,25%, la Banque centrale ne cherche ni à refroidir davantage l’économie ni à lui administrer une nouvelle dose de soutien. Elle achète du temps dans une conjoncture où les prix domestiques restent sages, tandis que le baril, le déficit courant et l’inflation sous- jacente attendue en 2027 le sont beaucoup moins. ◆
Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25%, malgré une inflation attendue à seulement 0,7% et une prévision de croissance ramenée à 4,4% en 2026.
Politique monétaire BAM reste sur ses positions
a presque disparu, mais les agents économiques ne misent pas sur une installation durable des prix à ce niveau. Surtout, le pétrole interdit éga- lement de conclure trop vite au retour d’un environnement désinflationniste. BAM attend désormais le Brent à 87,2 dol- lars le baril en moyenne en 2026, contre 68,2 dollars l’an- née dernière. Les subventions au transport routier et le main- tien des prix du gaz butane et de l’électricité empêchent, pour le moment, cette flambée de se transmettre pleinement au consommateur marocain. B Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25% malgré une croissance et une inflation nettement révisées à la baisse, préférant se prémunir contre le pétrole cher, le retour attendu de l’inflation sous-jacente et la dégradation des comptes extérieurs. Par Y . Seddik
ank Al-Maghrib n’a suivi ni la BCE ni la Réserve fédérale, qui viennent toutes les deux de relever leurs taux. Elle n’a pas davantage profité de la faiblesse de l’inflation pour reprendre son cycle d’assouplissement. Réuni mardi, son Conseil a laissé le taux directeur à 2,25%, signant un sixième maintien consécutif depuis la baisse de mars 2025. À première vue, les nouvelles prévisions auraient pourtant pu rouvrir le débat sur une détente monétaire. L’inflation, limitée à 0,3% sur les huit premiers mois de l’année, ne devrait atteindre que 0,7% en moyenne en 2026, contre 1,5% prévu en juin. La croissance, elle, est ramenée de 5,2% à 4,4%. En trois mois,
BAM a donc retiré 0,8 point à chacune de ses deux princi- pales projections. Pour aller dans le détail, le ralen- tissement de l’inflation provient surtout des produits alimen- taires, notamment de l’huile d’olive. La composante sous- jacente, débarrassée des prix les plus volatils, ressortirait même à -0,2% cette année. BAM ne considère toutefois pas cette accalmie comme durable. Dès 2027, l’inflation globale remon- terait à 1,5% et sa composante sous-jacente à 2,2%, sous l’effet de la disparition du soutien ali- mentaire et du maintien d’une inflation importée élevée. Dans le même temps, les anti- cipations des professionnels du secteur financier restent d’ail- leurs proches de 2%, avec une moyenne de 2,1% à huit tri- mestres et de 2,2% à douze trimestres. L’inflation observée
Le choc énergétique n’a cepen- dant pas disparu mais s’est déplacé vers la balance des paiements. La facture énergé- tique augmenterait de 28,4% pour atteindre 138,1 milliards de dirhams, tandis que le défi- cit courant passerait de 2,4%
Dès 2027, l’inflation globale remonterait à 1,5% et sa composante sous-jacente à 2,2%.
www.fnh.ma
Made with FlippingBook flipbook maker