livre blanc nous sommes vivants

NOUS SOMMES VIVANTS — Ce que la régénération du vivant change pour les décisions d'entreprise

n'est ni linéaire ni obligatoire, et la trajectoire d'une organisation n'est pas un escalier mais une configuration mouvante : on peut avoir progressé loin sur certaines dimensions et rester en retrait sur d'autres. C'est cette hétérogénéité qui est informative — pas une note globale. Le risque principal est de nommer « régénération » ce qui relève de la robustesse. Une entreprise qui sécurise ses approvisionnements par des contrats longs, diversifie ses fournisseurs, réduit sa dépendance aux intrants synthétiques et améliore les conditions de travail fait un travail précieux — c'est de la robustesse au sens de Hamant, du Restaurer (N3) au sens du Capacity Score. Mais tant que la question reste « comment assurer la robustesse de l'activité de mon entreprise dans un monde instable ? », le référentiel est l'entreprise, pas le vivant. La régénération (N4) opère une bascule de finalité : le référentiel devient la capacité du vivant — « quelles capacités gagnées — biodiversité, santé des sols, vitalité humaine, relations territoriales — nous permettent de tenir nos trajectoires économiques ? ». L'activité économique se subordonne au vivant, pas l'inverse. Comme le précise Nous Sommes Vivants dans sa définition de la régénération du vivant : la restauration opère en logique de stocks et de ressources (rétablir un niveau, corriger un écart) ; la régénération opère en logique de capacités et de potentiel (renforcer l'aptitude du vivant à exister, se relier, se transformer et durer). Beaucoup d'entreprises pionnières se situent légitimement en N3 avec une visée régénérative — ce qui est une trajectoire, pas un échec. Le Capacity Score rend cette distinction visible plutôt que de la masquer sous un label unique. CRITÈRE DE DÉMARCATION — ROBUSTESSE vs RÉGÉNÉRATION La robustesse (Hamant) et la résilience (Holling) partagent une question : « comment tenir ? » . La régénération (Reed, Fischer et al.) pose une question différente : « comment contribuer activement à ce que le vivant déploie son potentiel propre ? » . Tant que le référentiel reste la robustesse de l'activité de l'entreprise — même par des moyens écosystémiques — on est dans Restaurer. On entre dans Régénérer quand s'opère une bascule de finalité : le référentiel devient la capacité du vivant, et l'activité économique s'y subordonne. Fischer et al. (2025) formalisent cette démarcation : la régénération se définit par des contributions nettes positives ( net-positive contributions ) et des relations mutuellement bénéfiques avec les entités non humaines ( more-than-human entities ) — pas par la seule robustesse de l'activité face aux perturbations. Cette progression scientifiquement validée pose une question : qui l'avait anticipée, et avec quels outils pratiques ? La réponse vient d'une tradition de praticiens — architectes, designers, spécialistes des systèmes vivants — qui avait formalisé cette logique trois décennies avant Fischer et al.. Synthèse — Résilience et régénération : lecture Nous Sommes Vivants du cadre Fischer, Farny, Pacheco-Romero & Folke (2025) Ce tableau est une lecture Nous Sommes Vivants de l'article « Resilience and regeneration for a world in crisis » (Fischer, Farny, Pacheco-Romero & Folke, Ambio , 2025). L'article original présente résilience et régénération comme deux méta-concepts complémentaires (Table 1 de l'article, deux colonnes) — pas comme trois stades séquentiels. La tripartition durabilité → résilience → régénération est une organisation propre à Nous Sommes Vivants, qui intègre également des éléments du corpus plus large de Folke (notamment Our Future in the Anthropocene Biosphere , Ambio , 2021) et de Fischer et al. (« Mainstreaming regenerative dynamics for sustainability », Nature Sustainability , 2024). Les cellules marquées d'un ⊕ signalent une interprétation ou extension Nous Sommes Vivants au-delà du texte source.

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