BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 7 MAI 2026
significative, solide, rentable, mais encore plus lourde dans sa struc- ture que Crédit du Maroc. C’est sans doute la première ligne de lecture du futur ensemble : Crédit du Maroc apporte aujourd’hui l’efficacité opération- nelle, BMCI apporte davantage de volume et certaines franchises métier bien installées. L’écart de coefficient d’exploita- tion est, à lui seul, parlant. D’un côté, 46,3% pour Crédit du Maroc. De l’autre, 57,4% pour BMCI. Cela dit beaucoup sur le poten- tiel de convergence que peut viser Holmarcom. Il y a là un vrai gisement de synergies de coûts, pas dans le sens caricatural d’un simple rabot sur les dépenses, mais dans celui d’une rationali- sation progressive des plate- formes, des fonctions support, de certaines implantations, des systèmes et des chaînes de traite- ment. Dès qu’on rapproche deux réseaux de cette taille, la ques- tion est de déterminer combien de temps il faudra pour les absorber proprement, sana accrocs. Par ailleurs, BMCI montre aussi des points forts qu’un ensemble élargi pourrait mieux monétiser. Dans sa communication finan- cière, la banque met en avant la progression des commissions et celle du résultat des opérations de marché, portée principalement par les activités de change du métier Capital Markets. Elle affiche aussi des notations Fitch parmi les meilleures au plan national, avec une note long terme de AA+(mar) et une note court terme F1+(mar). Cela renvoie à une franchise qui conserve de la densité sur les segments corporate, les flux, le change et plus largement cer- taines activités à valeur ajoutée où l’héritage BNP Paribas a compté. Crédit du Maroc, de son côté, semble avoir davantage avancé dans sa mue commerciale et opé- rationnelle. Le rapport 2025 met en avant la progression de toutes les lignes du PNB, la bonne tenue du financement de l’économie, l’essor des crédits entreprises, la montée en puissance de filiales et de métiers spécialisés, ainsi que plusieurs chantiers de struc- turation : bancassurance avec
Mohamed Hassan Bensalah, PDG du Groupe Holmarcom, et Thierry Laborde, Directeur général délégué du Groupe BNP Paribas.
Crédit du Maroc-BMCI Comment Holmarcom peut réussir le rapprochement P Après la signature de l’accord portant sur la reprise par Holmarcom des 67% détenus par BNP Paribas dans BMCI, le dossier est entré dans une nouvelle phase. L’acquisition désormais actée, le marché s’intéresse à la manière dont BMCI pourrait s’articuler avec Crédit du Maroc, aux complémentarités entre les deux banques et au profil du pôle bancaire que Holmarcom cherche à bâtir. Par Y . Seddik
ar la reprise des 67% détenus par BNP Paribas dans BMCI, Holmarcom s’offre aujourd’hui la possibilité de construire un deu- xième étage bancaire autour de Crédit du Maroc, déjà dans son giron. Le groupe ne s’en cache pas vraiment, puisque l’ambition affichée est celle d’un rappro- chement entre les deux établis- sements pour faire émerger un acteur bancaire de plus grande envergure, mieux doté en exper- tise et en capacités. À partir de là, le sujet est de bien comprendre ce que peut produire un tel assem- blage. Sur le papier, les deux banques se ressemblent assez pour qu’un
rapprochement soit crédible, mais pas au point de se dupliquer par- faitement. Crédit du Maroc arrive aujourd’hui avec un profil, disons, plus affûté. En 2025, la banque a porté ses crédits consolidés à 62,9 MMDH, en hausse de 11%, pour des ressources bilan de 61,2 MMDH, en progression de 7,4%. Le produit net bancaire conso- lidé a atteint 3,568 MMDH, en hausse de 8%, pendant que le coefficient d’exploitation s’amé- liorait à 46,3%. Le résultat net part du groupe ressort à 864 MDH, en hausse de 16,5%. C’est une banque qui grossit et qui convertit bien sa croissance en rentabilité. BMCI, elle, présente un visage
plutôt différent. La banque a ter- miné 2025 avec 50,55 MMDH de dépôts clientèle consolidés, en hausse de 4,4%, un encours de crédits clientèle de 58,83 MMDH, et surtout une forte progression des engagements par signature, qui ont plus que doublé pour atteindre 39,28 MMDH. Son pro- duit net bancaire consolidé s’est établi à 3,94 MMDH, en hausse de 4,1%, avec un coefficient d’exploi- tation ramené à 57,4%. Le résultat net consolidé ressort à 420 MDH, en progression de 28,9%, tandis que le résultat net social grimpe à 550 MDH. BMCI n’est donc pas un actif à redresser de fond en comble. C’est une banque de taille
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