Le Dictionnaire Encyclopédique de la Psychanalyse

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qu’une démarche d’ordinaire justifiée reste à l’occasion sans effet, tandis qu’une autre habituellement fautive conduit telle ou telle fois au but. Tout cela n’empêche cependant pas d’établir pour le médecin un comportement approprié dans la moyenne des cas. » (Freud 1913a, p.123). En 1912, la « règle fondamentale » freudienne de la psychanalyse fut instaurée à la suite de la demande faite aux patients de dire ce qu’il leur venait à l’esprit (idées, sentiments, sensations corporelles, rêves) en émettant le moins de réserves possible, c’est-à-dire sans aucune censure. Entre 1912 et 1915, dans la série des écrits techniques, Freud précise l’interaction existant entre le processus associatif de la part du patient, et le processus complémentaire qui correspond à l’écoute et à l’interprétation de la part de l’analyste : ce sont les fondements qui structurent la situation psychanalytique et le processus psychanalytique. En début de processus analytique, l’explication de la libre association se fait par l’énonciation au patient sur la manière avec laquelle il/elle doit communiquer avec l’analyste dans le cadre de l’analyse, ce qui constituera, en définitive, le mode de communication entre patient et analyste. Dans « Sur l’engagement du traitement » (1913a), Freud écrit : « …la règle fondamentale de la technique psychanalytique à observer par le patient … On la lui fait connaître dès le tout début (ibid, p. 175). Dans ce texte, la célèbre « métaphore ferroviaire » incite à un état de conscience « somnolent » et souligne l’expérience passive du mot allemand « Einfall/Einfälle » : « Encore une chose avant que vous ne commenciez. Votre récit doit sur un point se différencier d’une conversation habituelle. Alors que d’ordinaire vous essayez à bon droit de maintenir dans votre présentation le fil de la cohérence et que vous écartez toutes les idées incidentes et pensées adventices perturbantes pour ne pas, comme on dit, discourir à perte de vue, vous devez ici procéder autrement. Vous observerez que pendant votre récit vous viendront diverses pensées que vous aimeriez repousser en recourant à certaines objections critiques. Vous serez tenté de vous dire : Telle ou telle chose ne relève pas ici du sujet, ou bien elle est dénuée de toute importance, ou bien elle est dénuée de sens, et on n’a donc pas besoin de la dire. Ne cédez jamais à cette critique et dites la chose malgré tout, cela précisément parce que vous éprouvez une aversion à le faire…Dites donc tout ce qui vous passe par l’esprit. Conduisez-vous par exemple à la manière d’un voyageur, assis côté fenêtre dans un wagon de chemin de fer, qui décrit à quelqu’un d’installé à l’intérieur le paysage se modifiant sous ses yeux … » (Freud 1913a, pp. 175-176 ; ajout des italiques). La longue note de bas de page qui suit rend compte de la nature paradoxale de la règle fondamentale : « …et pour chacun viendra un jour d’y passer outre. » (ibid, p.176, n.1). Ces citations nous permettent de percevoir une des origines des développements ultérieurs de la psychanalyse contemporaine, quant à l’attitude de l’analyste. Par exemple, la déclaration bien connue de Bion : « sans mémoire, sans désir », prend ses racines dans les idées de Freud exprimées ici.

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