FNH N° 1252

BOURSE & FINANCES

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026

coussin face aux aléas du marché et assure un revenu visible sur la durée. La conséquence, selon l’expert, est sans ambiguïté : les institutionnels ne sont pas dans l’attente. Ils achètent dès mainte- nant, tant que le marché est dans cette phase de rééquilibrage. Se positionner à ces niveaux de ren- dement, puis conserver les titres sur le long terme, est une stra- tégie cohérente avec leur profil. Celui qui garde ses obligations jusqu’à l’échéance les récupère à leur valeur nominale, ce qui l’autorise à regarder la fluctua- tion quotidienne avec flegme, à condition de ne pas être forcé de vendre dans la tourmente. Le mouvement inverse serait moins confortable. Quand les taux refluent, les assureurs qui ont promis des rendements garantis voient arriver à échéance des titres anciens et bien rému- nérés, qu’il faut réinvestir à des conditions moins avantageuses. Sur un portefeuille d’un milliard de DH dont le rendement pas- serait de 5% à 3%, le manque à gagner atteint vingt millions par an. Verrouiller aujourd’hui des coupons élevés revient aussi à se prémunir contre ce «risque de réinvestissement». OPCVM, actions et signaux à surveiller Entre l’obligation détenue en direct et l’action choisie ligne à ligne, les OPCVM occupent une position intermédiaire très utilisée. Pour un institution- nel, ils permettent d’accéder à des marchés ou des stratégies que l’on ne souhaite pas gérer soi-même, de diversifier rapide- ment, ou de confier à des spé- cialistes des segments pointus. Les fonds monétaires et obliga- taires de court terme jouent le rôle de poche de liquidité : quand les taux sont élevés, l’argent qui attend un emploi plus stratégique cesse de dormir. Cette souplesse a un coût. Les frais de gestion se comptent en quelques cen- tièmes de point pour un fonds monétaire, mais atteignent cou- ramment 1% à 2% par an pour un fonds actions géré activement. L’écart paraît mince, il ne l’est

pas : sur vingt ans, un placement qui rapporte 6% brut par an finit avec environ 25% de capital en moins s’il supporte 1,5 point de frais annuels. Reste un point de vigilance que les périodes de ten- sion rappellent régulièrement : la liquidité promise par un fonds dépend de celle des actifs qu’il détient. Les actions demeurent, elles, le moteur de performance sur longue période. Pour une caisse de retraite dont l’horizon se compte en décennies, y renoncer reviendrait à s’exposer à l’érosion monétaire : avec une inflation de 2% par an, le pouvoir d’achat d’une pension fixe fond de près de 45% en trente ans. Mais cette poche est étroitement encadrée. Le régime européen Solvabilité II, qui sert de référence à de nombreux régulateurs, suppose dans sa formule standard qu’une action cotée peut perdre environ 39% de sa valeur (49% pour les titres non cotés). Chaque Dirham placé en actions mobilise donc beaucoup plus de fonds propres qu’un Dirham d’obligations sou- veraines. Ces ordres de grandeur n’ont rien de théorique : lors de la crise de 2008, les grands indices boursiers mondiaux ont reculé de plus de 40%. Si les institutionnels privilégient aujourd’hui les obligations, ils ne sont pas figés pour autant. Le gérant précise suivre plu- sieurs indicateurs pour repérer les signes d’une reprise et ajus- ter ses portefeuilles. Le cours du pétrole d’abord, qui influence directement l’inflation, la balance commerciale et les perspectives de croissance. Celui des matières premières ensuite, qui reflète à la fois la dynamique de l’économie mondiale et les pressions sur les coûts. La situation géopoli- tique, dont les tensions peuvent rapidement modifier l’appétit pour le risque et la trajectoire des marchés. Quatrième repère, plus local: les chiffres de Bank Al-Maghrib. Ils offrent, selon l’ex- pert, une lecture précieuse de l’orientation de la politique moné- taire et de la santé de l’économie nationale. Un indicateur d’autant plus décisif que la politique de l’institut d’émission pilote le

à remplir une part des objec- tifs et l’incitation à prendre du risque s’émousse. Lorsque les taux reculent, la recherche de performance reprend le dessus et les portefeuilles glissent vers le crédit, les actions ou les fonds diversifiés. Ces mouvements, rarement brutaux, sont les plus structurants : ils décident de qui finance l’État, de quelles entre- prises lèvent des capitaux, et à quel coût. Le meilleur portefeuille est celui qui épouse la forme des enga- gements, non celui qui affiche la performance la plus flatteuse sur un trimestre. C’est sans doute la leçon la plus durable de cette gestion discrète : les institution- nels ne cherchent pas à battre le marché, mais à ne jamais manquer à leur parole. Dans un monde de taux changeants, cette exigence de constance reste leur boussole. ◆

Un assureur-vie doit servir des rendements à ses assurés, une caisse de retraite verser des pensions à échéance fixe, un assureur non-vie régler des sinistres dont il ignore la date mais connaît la probabilité.

niveau des taux, donc le prix des obligations comme le rendement des placements monétaires. C’est en croisant ces éléments que le gérant dit pouvoir déci- der, le cas échéant, d’infléchir sensiblement la répartition entre obligations, OPCVM et actions.

Un équilibre toujours révisable

Rendement, risque, liquidité : le triangle ne se résout jamais définitivement. Quand les taux sont élevés, le poids des obli- gations tend à s’accroître, car le rendement sans risque suffit

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