BOURSE & FINANCES
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
Obligations – OPCVM - Actions Les institutionnels font le pari de la patience Caisses de retraite, assureurs, fonds de prévoyance : ces gestionnaires d’épargne de long terme ajustent leurs portefeuilles au rythme des taux d’intérêt. Pour un gérant d’OPCVM de la place, la remontée des rendements obligataires a rebattu les cartes, et les institutionnels n’attendent plus pour en profiter.
tout pour les engagements loin- tains. Un assureur non-vie, tenu de payer des sinistres à court terme, garde de bonnes raisons de placer la liquidité plus haut. L’obligation, ou l’art de savoir à l’avance C’est pourquoi l’obligation reste le socle des portefeuilles insti- tutionnels. Dans les bilans des assureurs-vie européens, elle représente généralement la majorité des placements, sou- vent de l’ordre des deux tiers. Elle promet un calendrier : des cou- pons réguliers, puis le rembour- sement du capital à l’échéance. Pour qui connaît ses décaisse- ments futurs, cette visibilité vaut davantage qu’un rendement potentiellement supérieur mais incertain. Les emprunts d’État, jugés peu risqués lorsqu’ils sont émis dans la monnaie de l’em- prunteur, en forment l’ossature. Les obligations d’entreprises les complètent, avec une prime qui rémunère un risque de crédit et une liquidité plus étroite. Cette sécurité apparente cache toutefois une mécanique impla- cable : le prix d’une obligation évolue en sens inverse des taux. Prenons un titre à dix ans, émis au pair avec un coupon de 4%. Si les taux de marché montent d’un point, à 5%, sa valeur tombe à environ 92,3 pour 100 de nomi- nal, soit une perte de près de 8%. À l’inverse, une baisse d’un point, à 3%, la porte autour de 108,5, soit un gain d’environ 8,5%. Les gérants résument cette sensibi- lité par la «duration» : avec une duration de 8, une hausse de un point des taux coûte, grosso modo, 8% de valeur. Or, c’est précisément la hausse des taux qui redonne aujourd’hui des couleurs à la classe d’ac- tifs. Interrogé sur celle qui tire le mieux son épingle du jeu dans le contexte actuel, le gérant n’hésite pas : «ce sont les obligations» . La remontée des taux, dit-il, a pro- fondément changé la donne. Les titres émis à ces niveaux offrent des rendements nettement plus attractifs qu’auparavant, et ils sont aussi plus sûrs, car le cou- pon élevé constitue un véritable
Par L. B
Sous la main des institutionnels : des milliards de DH investis en obligations, actions et OPCVM.
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ettes publiques, emprunts d’en- treprises, capital de sociétés cotées : les investisseurs ins- titutionnels comptent parmi les premiers acheteurs de tout ce qui se vend sur les marchés de capitaux. Leur question n’est pas «que rapporte cet actif ?» mais «que doit-il rapporter, à quelle date, et avec quel degré de cer- titude ?». Cette nuance change tout. Un particulier peut accepter de voir son épargne fluctuer, quitte à attendre. Un assureur-vie doit servir des rendements à ses assurés, une caisse de retraite verser des pensions à échéance fixe, un assureur non-vie régler
des sinistres dont il ignore la date mais connaît la probabilité. Chaque Dirham placé répond à un engagement précis, inscrit au passif du bilan. Toute la gestion consiste à faire coïncider l’actif et le passif, en gardant une marge de sécurité. Pour le gérant d’OPCVM que nous avons interrogé, cette patience est la signature du métier. «Les investisseurs institutionnels ont une particularité structurelle: ils sont des investisseurs de long terme» , explique-t-il. Leurs enga- gements s’étalent sur de nom- breuses années, ce qui leur donne, selon lui, la capacité de traverser les cycles de marché
sans céder aux mouvements de court terme. Ils conservent leurs positions longtemps et ne se laissent pas déstabiliser par la volatilité ponctuelle. Dans le triptyque classique, la hiérarchie est nette aux yeux de l’expert. «C’est la combinaison du rende- ment et de la maîtrise du risque qui domine» , souligne-t-il. Le besoin de liquidité reste pris en compte, mais il pèse moins lourd que pour d’autres profils d’inves- tisseurs, précisément en raison de cet horizon long. L’enjeu : bâtir un portefeuille capable de générer un rendement régulier et prévisible, tout en préservant le capital. Cette hiérarchie vaut sur-
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