ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
Chômage Gros investissements, petits résultats sur l’emploi L Le PLF 2027 mise sur la formation et l’insertion pour répondre au chômage des jeunes. Une ambition confrontée à un double défi : l’ampleur des besoins d’insertion et le faible rendement des investissements en matière d’emploi. Par D. William moyennes entreprises et un ren- forcement du suivi interministériel des créations d’emplois. Cette orientation répond à une limite des politiques centrées sur la formation : améliorer les qua- lifications ne garantit pas qu’un employeur disposera d’un poste à proposer. Pour recruter, une entreprise doit aussi avoir des commandes, une trésorerie suf- fisante et une visibilité sur son activité.
e chômage reste l’un des prin- cipaux défis économiques et sociaux du Maroc. Les derniers résultats du haut-commissariat au Plan donnent la mesure du problème. Au deuxième trimestre 2026, le Maroc comptait 1,121 mil- lion de chômeurs au sens strict, pour un taux de chômage de 9,5% contre 10,8% au premier tri- mestre. Ce taux atteignait 11,9% en milieu urbain contre 5,4% dans le monde rural. Les jeunes de 15 à 24 ans demeuraient les plus exposés, avec 27,2%, tandis que le chômage touchait 14,8% des femmes et 16,7% des titulaires d’un diplôme avancé. Au-delà du chômage strict, le taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre, qui intègre également le sous-emploi lié à la durée du travail et la main-d’œuvre potentielle, atteignait 18,9% au niveau national et 41,7% chez les 15-24 ans. Il s’agit ainsi de permettre à davan- tage de personnes d’accéder à un travail suffisamment rémuné- rateur et stable, tout en accom- pagnant celles qui se trouvent éloignées du marché. La première réponse gouvernementale passe par les entreprises. La feuille de route pour l’emploi adoptée en 2025 entend agir simultanément sur la préparation des candidats et sur les possibilités de recru- tement des secteurs productifs. Elle prévoit notamment un soutien à l’investissement des petites et
réglementation. Cette orientation s’accompagnerait de mesures destinées à préserver leur trésore- rie : suivi des délais de paiement, remboursements de TVA et renfor- cement des garanties de finance- ment. Le document prévoit aussi la poursuite du cadre contractuel 2026-2030 entre l’Etat et Maroc PME, doté d’un budget annuel de 100 millions de dirhams, avec un objectif d’accompagnement de 800 TPME par an. L’enjeu sera de permettre aux petites struc- tures d’obtenir des marchés et de disposer des moyens financiers nécessaires pour les exécuter et maintenir les emplois associés. Par ailleurs, le PLF 2027 pré- voit une nouvelle prime à l’em- ploi adossée au programme Formation-Insertion. Elle serait versée à l’employeur en cas d’in- sertion définitive du bénéficiaire, sous réserve de son maintien dans le poste. Cette aide remplacerait la prise en charge par l’Etat de la part patronale de la couverture sociale, dont le taux de recours serait resté limité à environ 15% des stagiaires du programme. Ce changement vise à mieux relier l’incitation financière à la stabilité du recrutement. Le document ne précise toutefois ni le montant de la prime ni la durée de main- tien dans l’emploi exigée. Ces paramètres détermineront son attractivité pour les entreprises et sa capacité à favoriser des embauches durables.
D’où la nécessité de relier les parcours d’insertion au déve- loppement effectif des activités économiques. Le soutien aux très petites, petites et moyennes entreprises doit précisément contribuer à cette articulation. Lors du suivi de la feuille de route en avril 2026, les pouvoirs publics ont notamment examiné les conditions permettant aux TPME de bénéficier davantage des mar- chés publics dans l’équipement et l’habitat. L’objectif est de renfor- cer leurs possibilités d’activité et leur contribution à l’emploi dans les territoires. Dans son prolongement, la note de présentation du PLF 2027 entend également faire de la commande publique un levier de développement des petites entre- prises et de création d’emplois. Il est ainsi prévu la mise en œuvre effective de la part de 30% de la commande publique réservée aux TPME, conjointement avec les autres catégories prévues par la
En outre, le gouvernement prévoit également un Programme natio- nal intégré pour la jeunesse, visant à mieux coordonner formation, insertion professionnelle, entre- preneuriat et accès au logement. L’ambition est de former chaque année 100.000 jeunes en fonction des besoins des entreprises et de permettre à 100.000 autres d’ac- quérir une première expérience professionnelle. Les débouchés identifiés concernent notamment le numérique, l’industrie et les grands chantiers liés au Mondial 2030. Ces dispositifs peuvent faciliter l’accès au marché du travail, mais leur dimensionnement interroge au regard du nombre de jeunes qui en sont exclus. L’économiste Mohamed Boiti relève ainsi l’écart entre les objectifs annoncés et l’ampleur des besoins. «Le dia- gnostic est enfin assumé : 2,9 millions de jeunes ne sont ni en emploi, ni en études, ni en for- mation. Mais le programme pré-
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