ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
Immobilier Le logement à 300.000 DH devient-il intenable ? P La hausse des coûts de construction complique la production de logements abordables. Face à des promoteurs confrontés à des charges croissantes, le seuil des 300.000 DH devient difficile à préserver. Par K. A. auparavant. L'écart pourrait donc atteindre plusieurs dizaines de milliers de dirhams. Le foncier pèse particulièrement lourd dans les grandes villes. Construire en périphérie per- met parfois de réduire ce poste, mais éloigne les futurs habi- tants des centres d'activité. Les délais d'autorisation, qui peuvent atteindre 12 à 18 mois selon les professionnels, alourdissent éga- lement les charges.
acquéreurs de la propriété.
300.000 DH : un seuil qui change le montant de l'aide Le seuil de 300.000 DH joue éga- lement un rôle central dans le programme Daam Sakane. Un acquéreur éligible bénéficie de 100.000 DH pour un logement ne dépassant pas ce prix, contre 70.000 DH pour un bien vendu au-delà de ce seuil et jusqu'à 700.000 DH. La différence est loin d'être ano- dine. Pour un appartement à 300.000 DH, l’acheteur doit donc financer les 200.000 DH restants. En revanche, si le prix du loge- ment passe à 320.000 DH, l’aide de l’État serait de 70.000 DH. L’acquéreur doit alors financer 250.000 DH. Ainsi, une hausse de 20.000 DH du prix du logement entraînerait une dépense sup- plémentaire de 50.000 DH pour l’acheteur. Ce mécanisme rend le passage au segment supérieur particulière- ment sensible pour les ménages. Il pose aussi une question aux promoteurs : comment préserver le seuil qui ouvre le droit à l'aide maximale lorsque les coûts de construction augmentent ? Le programme suscite pourtant un réel intérêt. Selon un bilan offi- ciel présenté en juin 2026, plus de 105.000 personnes avaient béné- ficié de l'aide directe au loge- ment. Les moins de 40 ans repré- sentaient 52% des bénéficiaires. Amine Mernissi distingue néan- moins l'intérêt des ménages de leur capacité à concrétiser un achat. «La demande est bel et bien là. Est-elle satisfaite ? C'est une autre question» , relève-t-il. Selon l'expert, le principal défi réside dans la disponibilité de logements correspondant aux budgets des acquéreurs, notam- ment dans les grandes villes. Il appelle à ajuster le dispositif pour mieux rapprocher l'offre de la demande. Le nouveau gouvernement a annoncé en octobre la poursuite de l'aide directe et sa volonté d'augmenter l'offre. Mais ce sou- tien ne réduit pas pour autant les coûts supportés par les promo- teurs. ◆
eut-on encore construire et vendre un appartement à 300.000 DH au Maroc ? Entre le renchéris- sement des matériaux, le coût du foncier et les délais administra- tifs, l'équation se complique pour les promoteurs. D'autant que le pouvoir d'achat des acquéreurs laisse peu de place à une aug- mentation des prix. Les coûts de construction restent sous pression. Selon plusieurs témoignages de professionnels du secteur, les prix de certains matériaux auraient augmenté de 15 à 30%. Dans le logement économique, le coût des travaux sous-traités serait ainsi passé de 2.400 à 2.500 DH le m2 à une fourchette comprise entre 3.000 et 3.200 DH. À titre d'illustration, pour 70 m² de surface de travaux facturés à ces tarifs, le coût théorique serait compris entre 210.000 et 224.000 DH, contre 168.000 à 175.000 DH
acteurs du secteur pour amélio- rer la disponibilité des logements.
Des coûts plus élevés, des acheteurs sous pression Les statistiques officielles nuancent néanmoins l'idée d'une flambée générale des prix immo- biliers. Selon Bank Al-Maghrib et l'ANCFCC (Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie), l'indice des prix des actifs immo- biliers a progressé de 0,7% au deuxième trimestre 2026 par rap- port au trimestre précédent, dont 1% pour le résidentiel. Ces chiffres ne contredisent pas nécessairement les hausses évo- quées par les professionnels. L'indice suit les prix des biens échangés, principalement sur le marché de l'existant, tandis que leurs estimations concernent les matériaux et les chantiers. Les deux mesures sont diffé- rentes. Elles montrent surtout que les promoteurs ne peuvent pas répercuter automatiquement leurs surcoûts sur les prix de vente. En face, la capacité de finan- cement reste limitée. Au troi- sième trimestre 2026, selon le HCP, 39% des ménages décla- raient s'endetter ou puiser dans leur épargne pour couvrir leurs dépenses. Seuls 2,8% parve- naient à mettre de côté une par- tie de leurs revenus. Dans ces conditions, même une hausse modérée du prix d'un appar- tement peut éloigner certains
Dans un entretien publié par Finances News Hebdo, Amine Mernissi, expert en immobilier, avait souligné les difficultés de production sur le segment des 300.000 DH, jusque dans les périphéries des grandes villes. Pour les promoteurs, estime- t-il, «l'équation économique demeure, à ce stade, incer- taine». Il préconise une révision de certains paramètres de Daam Sakane et un dialogue entre les
Les transactions immobilières ont progressé de 11% au deuxième trimestre 2026, sans pour autant dissiper les tensions sur les coûts de construction.
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