ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
L’exposition est plus directe encore pour les marchés à prix fermes ou plafonnés signalés auprès de certains établisse- ments et entreprises publics. La profession réclame «un dis- positif exceptionnel couvrant les contrats en cours, parallè- lement à la réforme durable du système». Elle propose égale- ment d’ «étudier un allègement temporaire de la fiscalité du gasoil et un carburant profes- sionnel réservé aux engins de chantier. Ces pistes restent, à ce stade, des demandes». Les difficultés de trésorerie commencent cependant parfois avant même le calcul de la révi- sion. Lorsque les attachements constatant les travaux réalisés tardent à être validés, l’établis- sement des décomptes et les encaissements prennent du retard. Les fournisseurs et les salariés ont pourtant été payés, ou doivent l’être, tandis que les garanties immobilisent d’autres ressources. La profession propose notam- ment une validation des attache- ments sous quinze jours, avec acceptation tacite à l’expiration du délai. Cette demande répond à une situation coûteuse pour les entreprises, puisqu’elles ont engagé les dépenses corres- pondant aux travaux dont elles attendent encore la reconnais- sance, puis le règlement. La restitution tardive des garan- ties prolonge cette immobili- sation de fonds, au moment où d’autres marchés exigent de nouvelles avances. Pour les structures dont les lignes bancaires sont déjà uti- lisées, ces décalages peuvent compromettre les achats et les recrutements du chantier sui- vant. À mesure que les pro- grammes se superposent, les retards de paiement risquent ainsi de se transmettre d’une entreprise à l’autre, jusqu’à affecter l’exécution des tra- vaux. Les donneurs d’ordre qui attendent des livraisons à date fixe ont donc aussi la responsabilité de faire parvenir les financements à ceux qui construisent. ◆
Les grands programmes d’infrastructures garnissent les carnets des constructeurs nationaux, mais leur exécution mobilise toujours plus de trésorerie.
Leur disponibilité conditionne la capacité des entreprises à tenir les cadences annoncées. Cette concurrence pèse sur les rémunérations et complique la fidélisation des équipes. Le départ d’un salarié expérimenté oblige à recruter, mais aussi à réorganiser le travail, avec un risque de ralentissement pendant la transition. Sur un chantier où les équipements et l’encadrement restent mobili- sés, cette perte de rendement ajoute des dépenses à celles déjà provoquées par les maté- riaux et l’énergie. La formation apporte encore une réponse trop lente, puisque selon les remontées profes- sionnelles, «certains plans de formation groupée nécessitent plusieurs années avant leur mise en œuvre effective. Un tel délai s’accorde mal avec les besoins des entreprises, qui doivent pourvoir les postes au démarrage des travaux». Faute de voir arriver suffisamment de personnel qualifié, elles conti-
nuent de recruter dans un vivier étroit, alimentant la concurrence entre chantiers. Les demandes portent donc sur l’accélération des procédures et sur une meilleure recon- naissance des compétences acquises sur le terrain. L’enjeu concerne aussi les sous-trai- tants, qui doivent conserver des équipes capables de suivre les exigences des grands projets, avec moins de latitude pour répondre à la hausse des rému- nérations. Les tensions varient toutefois selon les métiers et les régions, sans permettre de dégager une progression sala- riale représentative de tout le secteur. La révision des prix tarde à rattraper les dépenses Face à ces surcoûts, les entre- prises attendent beaucoup de la réforme de la révision des prix engagée depuis 2023. D’après les éléments recueil- lis auprès de la profession, “la définition des nouveaux indices
a avancé, mais leur mise en ser- vice dépend encore du disposi- tif de collecte, de l’engagement des fournisseurs de référence et de la plateforme de traitement”. Les marchés continuent donc de s’exécuter avec des méca- nismes dont les professionnels contestent l’adéquation aux dépenses supportées. Même lorsqu’une clause de révision existe, les postes rete- nus et leur pondération peuvent laisser une partie de la hausse à la charge de l’entreprise. Les retards de publication des barèmes prolongent aussi l’ef- fort de financement : les achats sont réglés aux nouvelles condi- tions, tandis que leur com- pensation reste attendue. Une révision obtenue plusieurs mois après la dépense ne dispense pas d’avoir financé l’intervalle.
Lorsque les attachements constatant les travaux réalisés tardent à être validés, l’établissement des décomptes et les encaissements prennent du retard.
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