FNH N° 1252

ECONOMIE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026

BTP Derrière le boom, la bataille de la trésorerie A Les grands chantiers offrent plusieurs années d’activité aux opérateurs du BTP, mais leur exécution réclame toujours plus de trésorerie. Entre matériaux plus chers, compétences disputées et règlements tardifs, les entreprises avancent les frais d’un boom dont elles ne maîtrisent pas toutes les conditions. Par Y. Seddik à cet effet compte de cette tension. Malgré une activité de construction en progression, 28% des dirigeants interrogés jugent leur trésorerie difficile. Les carnets sont, eux, considé- rés comme normaux à l’échelle du secteur. L’abondance des commandes chez les grandes entreprises ne doit donc pas faire oublier les contraintes du reste du tissu, notamment celles des structures qui dis- posent de peu de réserves pour préfinancer les travaux.

vec 400 milliards de dirhams d’investissement public pro- grammés en 2027 contre 380 milliards un an auparavant, les perspectives du secteur du BTP ont de quoi susciter l’enthousiasme. Stades, lignes ferroviaires, extensions aéro- portuaires, barrages…les pro- grammes se multiplient, avec des échéances qui imposent de mobiliser rapidement les équipes et les équipements. Toute cette enveloppe ne revient pas à la construction, mais elle donne la mesure de l’effort auquel le secteur doit participer. Pour les entreprises attribu- taires, cette accélération se paie avant de rapporter. Il faut installer les chantiers, com- mander les matériaux et recru- ter sur la base d’offres parfois chiffrées plusieurs mois aupa- ravant. Entre-temps, le carbu- rant a augmenté, les conditions d’approvisionnement ont chan- gé et certaines qualifications sont devenues plus difficiles à trouver. Les marges prévues à la signature se réduisent, tandis que les compensations éven- tuelles restent soumises aux clauses du marché et à leur application. L’enquête du HCP portant sur le deuxième trimestre 2026 rend

des éléments recueillis auprès de la profession. À ce niveau d’exposition, les variations du gasoil peuvent compromettre la rentabilité prévue lors de la soumission. D’autant que leur effet dépasse la consommation des propres engins de l’entre- prise, puisqu’il se retrouve dans l’acheminement des granulats, les rotations de camions et les prestations des sous-traitants. Les remontées de certains opé- rateurs font également état de hausses supérieures à 45% pour le bitume et à 30% pour le fret maritime entre mars et avril 2026. Sur une période plus longue, depuis 2024, elles éva- luent la progression du ciment à 18% et celle de l’acier à 8%. Ces estimations, établies sur des périodes distinctes, décrivent une accumulation de surcoûts que la détente ponctuelle (et partielle) de l’énergie ne suffit pas à effacer. Une partie des achats a déjà été engagée aux nouvelles condi- tions. Pour préserver les délais, les entreprises peuvent aussi avoir accepté des transports plus coûteux ou constitué des stocks supplémentaires. Le reflux des prix bénéficie aux commandes suivantes, sans alléger les dépenses déjà sup- portées ni les financements

mobilisés pour les couvrir. À ces hausses s’ajoutent les dif- ficultés d’approvisionnement. Selon les éléments recueillis auprès de la profession, les délais peuvent s’allonger de plus de trois mois supplémen- taires pour certains matériels, équipements et matériaux importés. Pendant ce temps, les locations et les frais d’enca- drement courent, tandis que les interventions doivent être repro- grammées. Sans aménagement du calendrier contractuel, l’en- treprise peut même subir des pénalités pour un retard dont elle supporte déjà le coût.

Le gasoil revient dans plusieurs factures

Le choc énergétique du prin- temps qui se prolonge jusqu’en autonome a frappé des entre- prises dont plusieurs postes de dépenses s’étaient déjà ren- chéris. Selon le Conseil de la concurrence, les variations suc- cessives du gasoil à la pompe représentent une hausse cumu- lée de 4,18 DH par litre entre le 1er mars et le 16 mai 2026 (der- niers chiffres en date). Le recul de 0,89 DH durant la première quinzaine de mai n’avait effacé qu’une partie des augmenta- tions précédentes. Sur les terrassements et les chantiers routiers, le carbu- rant peut représenter plus du quart du coût de revient, selon

Les chantiers recrutent dans le même vivier

La concentration des pro- jets accentue parallèlement la concurrence pour les compé- tences. Conducteurs d’engins, chefs de chantier, techniciens et ouvriers spécialisés sont recherchés au même moment par plusieurs employeurs, par- fois dans les mêmes régions.

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