ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
De la startup à la PME Le cap difficile à franchir
amais les startups marocaines n'avaient levé autant. Selon le Morocco Startup Ecosystem Report de l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), 108,44 millions de dollars ont été mobilisés en 2025 à travers 48 transactions, un record. Le même rapport ne recense pourtant aucune opé- ration de série B sur l'exercice. Et l'élan ne s'est pas confirmé: au troisième trimestre 2026, le Maroc n'a enregistré que deux opérations, pour environ 2,1 millions de dollars, selon les données de Wamda. J Les jeunes pousses marocaines ont levé un montant record en 2025, mais aucune n'a franchi le cap d'une série B. Derrière ce chiffre, c'est le passage de la startup à la PME structurée qui bute sur des obstacles financiers, commerciaux et organisationnels que les dispositifs d'accompagnement couvrent encore mal. Par S . Ch
reste une autre affaire. Le changement d'échelle obéit à une logique distincte de la création. Il ne s'agit plus de tester une idée, mais d'enga- ger des coûts fixes avant que les revenus ne suivent. C'est précisément à ce stade que la chaîne de financement se rompt. «Les difficultés com- mencent quand une startup a besoin de plusieurs millions de dirhams pour recruter et s'étendre», observe Mehdi Hanoun, CEO et cofonda- teur d'AjiHost, une startup qui opère dans le tourisme. Pour démarrer, rappelle-t-il, prêts d'honneur, subventions, fonds d'amorçage et business angels existent désormais. Au-delà, les fonds locaux capables de suivre sont, selon lui, peu nombreux.
Les données de l'UM6P vont dans ce sens. En 2025, six entreprises ont levé ensemble 51,41 millions de dollars en série A, mais aucune n'a enchaîné sur un tour suivant. La dépendance à l'extérieur est nette : les fonds étran- gers ont participé à 56,25% des transactions et apporté 67,92% des montants. Pour les fondateurs, cela signifie, explique Mehdi Hanoun, des démarches plus longues et d'autres codes à maîtriser. Pour l'économie, une part des décisions qui conditionnent l'émergence de futures scale- ups se prend hors du pays. Un marché étroit, des clients lents à convertir Le financement n'explique pas tout. Encore faut-il un mar- ché assez large pour justifier de nouveaux tours. Mehdi Hanoun décrit un plafond vite atteint par les startups qui restent uniquement locales, et des entreprises clientes qui mettent du temps à adopter un nouvel outil et à accepter un modèle par abonnement. Dans le tourisme, convaincre un éta- blissement de payer chaque mois pour un service digital demande souvent, selon lui, plusieurs rendez-vous et une démonstration sur place. Le cycle de vente s'allonge, et le besoin de trésorerie avec lui. L'entrepreneur relève aussi un paradoxe : « L'État sou- tient la création de startups,
mais il achète très peu leurs solutions, alors qu'un premier contrat public peut faire décol- ler une jeune entreprise». La géographie accentue la contrainte. Casablanca a capté 75,12% des capi- taux levés en 2025, selon l'UM6P. Pour AjiHost, dont les clients sont répartis entre Agadir, Taroudant, Essaouira ou Marrakech, vendre hors de l'axe Casablanca-Rabat suppose une présence phy- sique et une adaptation à des attentes régionales diffé- rentes. L'export vers l'Afrique ou l'Europe ajoute des contraintes réglementaires et de paiement. Il reste pourtant une voie praticable : selon sa Directrice générale, 36% des startups accompagnées par Technopark exportent. Recruter, tenir la trésorerie, s'organiser À mesure que l'entreprise gran- dit, les contraintes deviennent internes. Le recrutement arrive en tête chez Mehdi Hanoun.
Le contraste résume une dif- ficulté désormais centrale. Créer une startup est devenu plus accessible. La transfor- mer en PME capable de recru- ter, de vendre au-delà de ses premiers clients et de durer
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