DEVELOPPEMENT DURABLE
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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026
vestissement, première production, part destinée au marché intérieur (engrais, acier vert) plutôt qu'à l'export. 7/ Un bilan énergétique du dessale- ment. J’estime que mobiliser 1,8 milliard de mètres cubes d'eau dessalée d'ici 2031 exige, selon les ratios techniques usuels (3 à 4 kWh par mètre cube), de l'ordre de 5 à 7 térawattheures d'élec- tricité par an. Cette demande nouvelle n'apparaît dans aucune planification énergétique publiée. La sécurité hydrique et la sécurité énergétique, que le dis- cours royal citait côte à côte, doivent être planifiées ensemble. 8/ Des indicateurs publiés chaque année. Part des renouvelables dans la consommation finale, intensité énergé- tique, jours de stocks, émissions par secteur, bilan d'étape de l'objectif d'effi- cacité de 20% : une stratégie de nouvelle génération se pilote par ses résultats, publiquement. Conclusion : de la stratégie des mégawatts à la stratégie de l'énergie La stratégie de 2009 avait une mission : faire du Maroc un producteur d'électri- cité verte. Elle l'a largement remplie, et le PLF 2027 en parachève l'exécution avec sérieux. Mais c'est précisément parce que cette mission est presque accomplie qu'une nouvelle génération s'impose. La stratégie de nouvelle génération demandée par le Souverain pourrait reposer sur trois piliers. Consommer : décarboner ce que le pays consomme réellement, et pas seu- lement ce qu'il produit. Décarboner l'export : faire du MACF un levier de compétitivité plutôt qu'une taxe subie. Sécuriser : stocks, réseaux et res- sources hydriques planifiés ensemble. Cette stratégie mérite un document à part entière, avec un horizon 2040, des cibles mesurées sur l'énergie consommée et un calendrier public, et non quelques pages dans une note de présentation budgé- taire. Le nouveau ministère a les moyens de la porter. Il lui reste à en faire le choix. Car en matière d'énergie, la vitrine n'est pas la boutique : c'est à la boutique que se joue la souveraineté. ◆ * Mohamed BOITI est docteur ès Sciences de Gestion, consultant en transition énergétique et décarbonation, et auteur du «Mémorandum Stratégique 2026-2030 pour l’accompagnement du Maroc face au MACF».
Le programme d'investissement 2026-2030 prévoit 3.744 MW de nouvelles centrales à gaz.
ne se reconnaît pas au nombre de mégawatts annoncés. Elle se reconnaît aux questions qu'elle ose poser. Huit d'entre elles sont absentes du PLF 2027. 1/ Mesurer la boutique, pas seule- ment la vitrine. Le premier changement de génération consisterait à fixer un objectif sur la part des renouvelables dans la consommation finale d'énergie, et non plus seulement dans la capacité électrique. C'est l'indicateur qu'utilise l'Union européenne, qui s'est fixé 42,5% pour 2030. Le Maroc en est à environ 11,6%. À mon avis, un objectif de 20% en 2030 et de 35% en 2035 changerait la nature même de la politique énergétique. 2/ S'attaquer aux vrais postes de dépendance. Il faut une stratégie dédiée aux transports (électrification des flottes urbaines et logistiques, rail de fret, bio- carburants), à la chaleur industrielle et au butane. Ce sont eux qui pèsent sur les 100 milliards de dirhams de facture énergétique, pas l'électricité. 3/ Une sortie du charbon jalonnée. L'horizon 2040 doit être décliné en étapes datées, centrale par centrale, en tenant compte des contrats en cours. C'est d'autant plus urgent que 3.744 MW de centrales à gaz arrivent : sans plan explicite, le gaz risque de s'ajouter au charbon plutôt que de le remplacer.
4/ Des réserves stratégiques véri- fiables. L'objectif de trois mois de stocks est bienvenu, mais il ne se vérifie que si l'on connaît le point de départ. Le PLF devrait publier le niveau actuel des stocks, en jours de consommation et par produit, ainsi qu'une date pour atteindre la cible. 5/ Une réponse au MACF dotée d'ins- truments. Le mécanisme européen d'ajustement carbone aux frontières est entré dans sa phase définitive en janvier 2026. L'Union européenne est le premier client de l'industrie marocaine. Le PLF cite le MACF, mais sans aucun outil : ni trajectoire de décarbonation des filières exportatrices (engrais, ciment, acier, alu- minium), ni système national de mesure et de vérification des émissions, ni débat sur un prix du carbone national. Or un prix payé au Maroc peut être déduit de celui exigé à la frontière européenne : sans mécanisme national, cette recette ira à Bruxelles plutôt qu'à Rabat. 6/ Un calendrier pour l'hydrogène vert. Après deux ans d'études, la filière a besoin de jalons : décisions finales d'in-
L'«Offre Maroc» pour l'hydrogène vert affiche des chiffres impressionnants : six projets, 34 milliards de dollars d'investissement, 6,5 gigawatts d'élec- trolyse, un million de tonnes d'hydrogène par an.
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