FNH N° 1252

DEVELOPPEMENT DURABLE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026

Avant, demandé, prévu : le décalage en un tableau

Ce qui se faisait (2009-2026)

Ce que demandent les orientations royales Ce que prévoit le nouveau gouvernement

Cap stratégique

Stratégie énergétique nationale de 2009

«Une nouvelle génération de grandes straté- gies», dont la sécurité énergétique Accélérer leur développement

atlantique. Le programme d'investisse- ment 2026-2030 prévoit 3.744 MW de nouvelles centrales à gaz. Mais le char- bon, qui assure encore l'essentiel de la production de base, n'apparaît pas une seule fois dans le chapitre énergétique de la note. Le gaz va-t-il remplacer le charbon, ou s'y ajouter ? Le PLF ne le dit pas. Quant à l'objectif de 20% d'économies d'énergie en 2030, il est décliné en 62 actions types issues des plans régionaux d'efficacité énergétique. À quatre ans de l'échéance, aucun bilan d'étape n'est publié. Un mot qui disparaît Un dernier détail mérite l'attention. Dans la nomenclature du nouveau gouverne- ment, le département s'appelle désor- mais «ministère de l'Énergie, des Mines et du Développement durable». En 2021, il avait pris le nom de «Transition éner- gétique et Développement durable». Le retour des Mines s'explique sans doute par l'enjeu des minerais critiques, et le PLF continue de parler d'« accélération de la transition énergétique». Il serait donc hâtif d'y lire un renoncement. Mais le symbole interroge : le mot disparaît de l'intitulé, reste à savoir si l'ambition disparaît avec lui. III. Ce qu'une stratégie de nouvelle génération devrait contenir Une stratégie de nouvelle génération «Consolider cette dynamique» : la stratégie de 2009 reconduite 52% de la capacité en 2030 : objectif inchangé, qui pourrait être atteint dès 2028 Aucun objectif 3.744 MW de centrales à gaz ; terminal GNL de Nador West Med ; charbon absent Six projets toujours au stade des études, aucune date de production Corridor ultra-haute tension de 2.000 MW, stations de pompage : avancée réelle Stock de trois mois de consommation : avan- cée réelle, sans calendrier 62 actions types ; aucun bilan d'étape Contenu local à 50% en 2031 et accès au réseau moyenne tension : avancées réelles ; MACF cité, sans instrument

Renouvelables

42% de la capacité en 2020 (manqué) ; 52% en 2030 (COP21) ; 46,7% à fin juillet 2026 Renouvelables : environ 11,6% de l'énergie nette consommée Charbon en base, sortie annoncée pour 2040 ; feuille de route gazière «Offre Maroc» lancée en 2024

Mix réellement consommé

Sécurité et souveraineté énergétiques

Charbon et gaz

Mise en œuvre progressive de la feuille de route gazière Poursuivre l'«Offre Maroc»

Hydrogène vert

Réseau et stockage

30.273 km de lignes à fin 2025

Non détaillé

Réserves stratégiques

3,2 millions de m³ de stockage pétrolier

«Une plus grande célérité»

Efficacité énergétique

20% d'économies en 2030 ; plans régionaux 2025-2026 Pas de tarification carbone ; loi 82-21 sur l'autoproduction

Non détaillé

Industrie et carbone

Émergence industrielle et souveraineté

Sources : discours royal du 9 octobre 2026 ; programme gouvernemental 2026-2031 ; note de présentation du PLF 2027.

Or cette cible est presque atteinte. À fin juillet 2026, les renouvelables représen- taient 46,7% de la capacité installée, soit 5.780 MW sur 12.364 MW. Selon le programme photovoltaïque de l'Agence internationale de l'énergie (AIE PVPS), le seuil de 52% pourrait être franchi dès 2028, deux ans avant l'échéance. Un objectif que l'on dépassera sans effort supplémentaire n'est plus une ambition. C'est une prévision. La liste des projets confirme cette lecture. Noor Midelt (1.425 MW et 2.600 MWh de batteries), Noor Atlas (305 MWc), le pro- gramme éolien Nassim (1.120 MW) : il s'agit pour l'essentiel d'achèvements et de poursuites. Seul le programme Noor PV Multisites (450 MWc) est véritable- ment lancé en 2027. La note emploie le bon terme, le pro- gramme gouvernemental non La note de présentation parle avec rigueur de «capacité électrique installée». Le programme gouvernemental présenté au Parlement le 19 octobre promettait, lui, de porter les renouvelables à plus de 52% du «mix énergétique» . La confusion n'est pas anodine, car les deux notions n'ont presque rien à voir. C'est là que se joue toute la question : la vitrine n'est pas la boutique. Comme je le montrais dans ces colonnes en juil- let, les renouvelables représentent 92,8% de l'énergie produite localement, mais seulement 11,6% de l'énergie nette réel-

lement consommée. Car l'essentiel de notre consommation ne passe pas par l'électricité : le gazole et l'essence des transports, le butane des ménages, le fioul et le coke de l'industrie. La facture des huit principaux produits énergétiques importés s'est élevée à 100,4 milliards de dirhams en 2025, dont 46,4 milliards pour le seul gazole. Aucun parc solaire, aussi vaste soit-il, ne réduit cette facture tant que les camions roulent au diesel.

Hydrogène, gaz, efficacité : la continuité sans échéances

L'«Offre Maroc» pour l'hydrogène vert affiche des chiffres impressionnants : six projets, 34 milliards de dollars d'investis- sement, 6,5 gigawatts d'électrolyse, un million de tonnes d'hydrogène par an. Mais plus de deux ans après son lance- ment, elle en est encore aux études pré- liminaires (pré-FEED et FEED), et la note admet que «la ventilation des investisse- ments reste tributaire des résultats de ces études» . Aucune date de première production n'est avancée. La feuille de route gazière se poursuit, avec le terminal de gaz naturel liquéfié de Nador West Med et le Gazoduc africain

La facture des huit principaux produits énergétiques importés s'est élevée à 100,4 milliards de dirhams en 2025, dont 46,4 milliards pour le seul gazole.

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