FNH N° 1252

DEVELOPPEMENT DURABLE

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FINANCES NEWS HEBDO VENDREDI 30 OCTOBRE 2026

«Une nouvelle génération de stratégies» Le PLF 2027 répond par la stratégie de 2009

tous dans les régions du Sud.

2/ Un stock d'hydrocarbures couvrant trois mois de consommation. C'est la seule réponse directe et chiffrée à l'appel royal sur les réserves stratégiques. Elle aligne le Maroc sur la norme de l'Agence internationale de l'énergie, qui impose à ses membres des stocks d'urgence équi- valant à 90 jours d'importations nettes. Pour un pays qui importe l'essentiel de son énergie, la portée est considérable : trois mois de stocks, c'est trois mois de marge face à une rupture d'approvision- nement ou à une flambée des cours. 3/ Un contenu local minimal de 50% à l'horizon 2031. Appelé à devenir une clause obligatoire des cahiers des charges et des contrats de conces- sion des projets énergétiques publics, ce seuil transforme la dépense énergé- tique en politique industrielle. Chaque mégawatt installé doit aussi devenir une commande pour les entreprises maro- caines et des emplois qualifiés. C'est la bonne articulation entre transition et souveraineté industrielle. 4/ L'accès facilité des industriels au réseau moyenne tension. Publication des capacités d'accueil par zone indus- trielle, guichet numérique unique, délais de traitement fixés, contrats types : la mesure paraît technique, mais elle lève un frein concret à l'autoproduction d'électricité verte, que la loi 82-21 et son décret d'application de 2026 venaient d'ouvrir. Pour les exportateurs exposés au mécanisme européen d'ajustement carbone aux frontières, c'est un levier direct de compétitivité. Ces quatre mesures méritent d'être saluées. Elles améliorent l'exécution de la stratégie existante. Elles n'en changent pas la nature. II. 2009 consolidé : quand l'objectif phare devient une prévision L'objectif phare est toujours celui de 2009 et 2015 Le cœur de la politique énergétique reste inchangé : porter à 52% la part des renouvelables dans la capacité élec- trique installée et réaliser 20% d'éco- nomies d'énergie à l'horizon 2030. La note de présentation l'écrit sans détour: ces objectifs remontent à la Stratégie énergétique nationale de 2009, dont la cible de 42% pour 2020 avait été relevée à 52% pour 2030 lors de la COP21, en 2015.

Le 9 octobre, devant le Parlement, SM le Roi a appelé au lancement d'«une nouvelle génération de grandes stratégies», notamment en matière de sécurité énergétique. Quinze jours plus tard, le projet de Loi de Finances 2027 répond en reconduisant la Stratégie énergétique nationale de 2009. Lecture d'un décalage, et de ce qu'une stratégie de nouvelle génération devrait réellement contenir.

L

e message royal était sans ambiguïté : «Aujourd'hui, outre l'activation des pro- jets d'infrastructures à l'ordre du jour, une nouvelle génération de grandes stra- tégies doit être lancée, notamment dans les secteurs de la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, de l'émer- gence industrielle, de l'économie numé- rique et de l'intelligence artificielle» . Le Souverain y ajoutait un appel à «une plus grande célérité » dans la constitution des réserves stratégiques du Royaume. La note de présentation du PLF 2027 cite fidèlement cet appel. Puis, quelques lignes plus loin, elle rattache toute l'ac- tion énergétique du gouvernement à la Stratégie énergétique nationale lancée en 2009, avant de conclure qu'en 2027, le gouvernement «entend consolider cette dynamique» . La demande royale de nouvelle génération reçoit donc, en guise de réponse, la consolidation de la stratégie de 2009. Consolider n'est pas démériter. La stra- tégie de 2009 a fait du Maroc une réfé- rence régionale des énergies renouve- lables, et le PLF 2027 contient de vraies avancées, qu'il faut reconnaître d'abord. Mais une stratégie conçue il y a dix-sept ans, dans un monde sans mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, sans filière d'hydrogène vert et avant que les chocs géopolitiques ne fassent de l'approvisionnement une question de souveraineté, ne peut pas tenir lieu de « nouvelle génération». C'est l'écart entre ces deux temps que cet article mesure.

Par Dr. Mohamed Boiti, Expert en transition énergétique et décarbonation

I. Ce que le PLF 2027 fait bien : quatre avancées réelles La critique n'a de valeur que si elle reconnaît ce qui avance. Or, le PLF 2027 contient quatre mesures qui vont au-delà de la simple continuité, et dont la portée dépasse leur ligne budgétaire. 1/ Le corridor ultra-haute tension Boujdour-Tensift (2.000 MW). C'est sans doute la mesure la plus structu- rante. Le potentiel solaire et éolien du Royaume est au Sud; la consommation est au Centre et au Nord. Sans lignes pour acheminer l'électricité, chaque nou- veau parc renouvelable du Sud bute sur la capacité du réseau. En introduisant le palier de l'ultra-haute tension, ce cor- ridor lève la contrainte physique qui conditionne toute montée en puissance future. C'est aussi un préalable à l'hydro- gène vert, dont les six projets se situent

À fin juillet 2026, les renouvelables représentaient 46,7% de la capacité installée, soit 5.780 MW sur 12.364 MW.

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